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Élevage

Je regarde.

Je regarde des gens dans le métro. Ils jouent avec leurs portables. Ils écoutent de la musique avec leurs écouteurs. Ils ne me regardent pas. Ils n’ont pas le temps. De me regarder, de s’ennuyer, de penser. A eux, à leur vie, à ce qu’ils pourraient changer. Ils jouent avec leurs portables et c’est bien plus facile comme ça. Alors je sors mon portable. Je joue avec mon portable. Pour remplir ce temps. Oublier. Oublier qu’ils ne me regardent pas. On ne se regarde plus. On ne se regardera plus jusqu’au moment où l’on paniquera. Pour un bruit. Ensemble. Alors on bougera. Tous dans un même élan. En se disant que ce n’est pas possible. Que meuh non, ce n’est pas possible. Mais on sera déconnecté. Mais n’y aura plus de batteries. Et la porte de métal se refermera derrière nous.

On aura été des hommes.

Publié dans Poèmes

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