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Journal

Mercredi 6 Janvier 2010 …………………………………………………………………………………………………

Alix Cléo Roubaud. Journal (1979-1983). Du mal à lire ce livre. Pas le jour. Un jour de rêve défunt. Un jour qui se termine. J’ai pasenvie/absolument besoin d’écrire. Je dois rendre. Me rendre. Sortir les mots autour, de ce deuil, de cette maladie. De cette femme partie à 31 ans, au même âge que Sarah. Photographe, aussi. Avec ce même noir, cette même profondeur. J’avais peur/envie d’entrer plus profond dans ce livre. Il faut que ça arrive aujourd’hui, acculé. Brouillon. J’écris qu’elle est morte d’un cancer. Elle n’est pas morte d’un cancer, mais d’une autre maladie. Ça me terrifie. Il faut que j’arrête/il faut que je continue/il faut que j’arrête de me sentir si proche. De ses débuts de larmes, à lui, l’autre jour. Je vais y passer la nuit. Peu importe. Le noir nous va si bien. Elle est pourtant si loin. Cette mort. Tenue à distance. Envie/fatigué/envie de sourire dans la fuite utile de mes jours. De beaux mots, titre d’un autre journal, cité dans le journal, abîme mis. Il y a/n’y a pas de signes. Je déteste l’expression « on tourne la page ».

On tourne la page en 9 + 365 + 365 + 365 + 6 jours. 1110 jours // Article 1110 du Code Civil, promulgué le 17 février 1804 : L’erreur n’est une cause de nullité de la convention que lorsqu’elle tombe sur la substance même de la chose qui en est l’objet. Elle n’est point une cause de nullité lorsqu’elle ne tombe que sur la personne avec laquelle on a intention de contracter, à moins que la considération de cette personne ne soit la cause principale de la convention. Quelque chose beau, là aussi. Sans objet. Elle écrit « Les seules vraies photographies sont des photographies d’enfance » Heureuses, très. Mais trop contemplées > Voilées. Epuisées. Peut-être à transmettre, un jour. Prochain. Pour mettre un terme à l’âme d’enfant, cette impasse du temps qui nous dévaste, de l’intérieur, pour ne pas affronter le/notre/le monde. On se coletine. La friction des frontières. Mais l’étincelle, oui, elle compte. Change, tient, résiste. Elle n’est pas innocente. On est pas innocents.

Ex 3, 13-14 : «  Moïse dit à Dieu : Supposons que j’aille vers les Israélites et que je leur dise : « Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous. » S’ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ? Dieu dit à Moïse : Je serai qui je serai. »

P.S : By the way, penser à arrêter de dire « c’est intéressant », « c’est génial » et « c’est compliqué ».

Publié dans Remarques

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