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L’invention du poème (11) : du désert

À quoi bon la poésie ? La poésie ne change pas le monde. Pas de révolution. Pas de faille révélée qui laisserait surgir la lave annonciatrice d’une transformation. La même monotonie, les mêmes joies, les mêmes compromissions. Ce qu’elle modifie, c’est la formulation de notre existence, par la précipitation de mots que nous n’aurions pas pensé à mettre ensemble sans l’espace-éprouvette du poème. Ce précipité est l’invention poétique, portant parole renouvellée. Le caillou reste le caillou, mais réenchanté.

Le rêve du désert n’est pas le désert. Mais pour peu que l’on s’attarde sur sa formulation, pour préciser le toucher du sable, l’odeur des mousses, la forme de ses bêtes improbables, ce rêve devient valable. Expérience sensible fixée par le poème. À transmettre et, si le lecteur amorce, à partager.

 

Publié dans Remarques

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