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Stéphane Bataillon Articles

Le glaneur

Rayon poésie. Un homme commence à me parler. C’est bien, Nimrod ? Il vient d’où, d’Afrique ? Il est Américain ? Il est vivant ? Oui, très, je… Il n’écoute pas ma réponse, embraye, commence à me parler de sa lecture d’aout 1991, de castors apprivoisés et de souris -il a des souris, chez lui- d’un homme qui vient de lui donner 1 euro pour acheter un livre de García Márquez parce que sa carte bleue est bloquée et qu’heureusement que son banquier lui a fait ouvrir un PER en 1994. Il a les ongles très sales, l’œil pétillant, me parle d’un livre de Pasolini attaqué par les souris. Un livre Gallimard, tranche bouffée, pâte à papier. Je vais, je veux partir. On m’attend. Il embraye avec ses fenêtres qu’il doit refaire. Ça coûte cher, une fenêtre, très. Il les veut en bois, pas en PVC parce que je veux vraiment partir et alors il commence son histoire. Sa vraie histoire de l’autre jour. Pas de 91 ou de 94, son histoire d’escargot. D’un qu’il a trouvé sur le rebord d’une fenêtre. En bois. La fenêtre de la femme chez qui il avait toqué, trois coups, pour demander des sacs poubelles, parce qu’il avait oublié la remorque. Il a pris l’escargot et l’a mis dans le portefeuille en cuir qu’on venait de lui offrir / qu’il venait de trouver. Pour le déposer au jardin. Qu’il soit bien. Et puis oublie. Rentre chez lui et retrouve l’escargot. Dans le portefeuille. Oh ! Il le sort, le pose sur la bibliothèque, celle avec le livre de Pasolini. Et puis, pouf ! L’escargot disparait. Il le cherche. Il était monté tout en haut de la bibliothèque. Sur une caisse en bois. Il aimait lire quoi, cet escargot ? Ça change des rats de bibliothèques. Alors il ressort, le dépose enfin, au jardin. Je lui dis que ça c’est une super histoire. Je n’ose lui dire que je vais en faire un texte de peur de relancer la conversation mais… il a compris. Bonne chance pour les fenêtres et bonne lecture. J’ai glané un ami. Ou deux.

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Un dernier Gustave pour la route

Toutes les bonnes choses ont une fin. Gustave suspend sa parution avec ce n°62. Un numéro encore plus personnel que d’habitude. Un numéro qui remercie et qui clôt un beau cycle. Une pause nécessaire pour inventer demain, pour créer d’autres formes.Tout est expliqué dans ce numéro qui, pour la première (et la dernière) fois, est en téléchargement libre. Un grand merci à vous d’avoir été ses lecteurs fidèles et rendez-vous tout au long de l’année ici même pour partager d’autres poèmes et d’autres expériences. L’aventure continue. Dès le mois prochain, rendez-vous avec L’invincible.

Téléchargez Gustave n°62 – Mars 2017

« J’ai créé L’Autre Journal en décembre 1984. Je l’ai inventé. Je n’ai pas « lancé un journal », je l’ai inventé. J’ai imaginé son titre. J’ai imaginé son format, ses rubriques. Son équipe. Ses rédacteurs qui n’étaient pas tous journalistes. Son sommaire. La couverture de son premier numéro (un tigre surgi d’un rêve, sans légende). L’époque était triste, moins qu’aujourd’hui. Le monde était féroce, moins qu’aujourd’hui. L’argent était cruel, moins qu’aujourd’hui. La gauche était de droite, moins qu’aujourd’hui. Les États-Unis inspiraient crainte et répulsion, moins qu’aujourd’hui. Les islamistes semaient la terreur, moins qu’aujourd’hui. Le sida assassinait, moins qu’aujourd’hui (…) Autour de moi, auprès de moi, en ce temps-là, le génie de l’amitié, de la confiance, de la droiture, de la pensée discordante, avait rassemblé les uns et les autres. Nous fêtions les anniversaires, les bouclages, les épreuves traversées, les dures interruptions. La vie universelle de chacun, la vie intime du monde circulait dans nos pages. »

Michel Butel
Fondateur de l’Autre Journal, de l’Impossible, et de tant d’autres.

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Programme de mars

Ça y est, le Printemps des poètes commence. Du 4 au 19 mars, une foule d’évènements, de rencontres, de performances poétiques auront lieu dans toute la France, avec cette année une très belle thématique : Afrique(s). J’aurai pour ma part plaisir à vous retrouver à de multiples occasions durant tout ce mois festif. Au programme : rencontres, débat, projections et bien sûr dédicaces. Au plaisir de vous croiser.

LE PROGRAMME :

SAMEDI 11 MARS 2017 de 16h à 18h : La MéMo – Médiathèque municipale d’Osny (95)
« 120 nuances de poètes » Rencontre, lectures et dédicaces, en compagnie de Bruno Doucey. Plus d’informations :  http://osny.fr/memo-mediatheque-municipale-dosny/

SAMEDI 18 MARS 2017 à 13H – Cinéma Saint-André des Arts – Paris
Projection du film documentaire « Les poètes sont encore vivants » suivi d’une rencontre avec le réalisateur Xavier Gayan et Stéphane Bataillon. Plus d’infos : Saint André des Arts

SAMEDI 25 MARS 2017 à 15h30 – Médiathèque Louis Aragon de Fontenay-sous-Bois
Projection-débat, lectures et dédicaces autour du film de Xavier Gayan « Les poètes sont encore vivants » en compagnie de Charles Pennequin. Médiathèque Louis Aragon, 2 avenue Rabelais, 94120 – Fontenay-sous-Bois. Plus d’informations :  http://www.mediatheque.fontenay-sous-bois.fr/

DIMANCHE 26 MARS 2017 de 14h30 à 15h30 : Dédicace au Salon de Livre de Paris sur le stand 1D-20 des éditions Bruno Doucey. www.livreparis.com

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Les bryophytes

Pour Gérard,

Fixer l’humidité sur les sporanges des bryophytes. Oublier que la pierre qu’ils ont pris pour demeure sert à couvrir les morts. Le soleil se rappelle au son d’applaudissements qui brisent le silence. Ils tournent un film à une division de là. Le film d’un enterrement qui finirait joyeux. Nous ne sommes pas jaloux. Car son sourire inonde. Le sporange, la pierre, le soleil, notre nostalgie tenace d’une enfance qui réchauffe. Nous sommes ensemble.

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« Regarde, je suis un pingouin ! » ma première histoire pour enfants dans Tralalire de mars

J’ai l’immense plaisir de vous annoncer la parution de ma toute première histoire pour enfants « Regarde, je suis un pingouin ! » dans le n°196 du mensuel Tralalire de mars. Une grande histoire pour les 2-5 ans sur les joies de la transformation et les grands petits bonheurs d’une relation père-fils. Merci à Claudia Bielinsky d’avoir tendrement illustré ce texte (je ne peux que vous conseiller d’aller découvrir sur son site son merveilleux travail d’illustratrice, j’espère que vous tomberez comme moi sous le charme).

« Je suis un pingouin » Texte : Stéphane Bataillon, Illustrations : Claudia Bielinsky. Tralalire n°196 – Mars 2017 – 5,95 euros. Bayard Presse. En kiosques.

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L’effondrement #15

Reuben Nsemoh, un américain de 16 ans, s’est réveillé après trois jours de coma en parlant espagnol, langue dont il ignorait tout. Cela s’appelle le « syndrome de l’accent étranger ». Depuis 1941, plus de 55 cas de ce type ont été recensé. J’ai mal à la tête. Ça tambourine comme la révolte qui gronde. Ça s’éloigne. Les généraux gagnent. La vérité est ailleurs. Ne conjecturons pas au hasard pour expliquer les plus grandes énigmes. Nous sommes d’une histoire impossible à conter. Hasta la vista, bébé. J’ai froid. Si froid.

L’effondrement. Un feuilleton conçu à partir des Fragments d’Héraclite. Dessin :Saint Oma. Texte : Stéphane Bataillon.

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Projections et rencontres autour du film « Les poètes sont encore vivants »

Le film documentaire Les poètes sont encore vivants (où j’ai l’honneur d’apparaître, revendiquant un peu de cette vivacité) sort au cinéma parisien Saint André des Arts à partir du 8 mars 2017, les 2 premières semaines il passe à 13 heures tous les jours sauf les mardis en présence du réalisateur Xavier Gayan. Puis il y aura 2 projections supplémentaires le mardi 28 mars et le mardi 4 avril.

Le 25 mars, Projection-débat, lectures et dédicaces autour du film en présence du réalisateur, de votre serviteur et de Charles Pennequin. Médiathèque Louis Aragon, 2 avenue Rabelais, 94120 – Fontenay-sous-Bois, à 15 h
Enfin, la semaine du 29 mars, 3 séances au cinéma de L’Espace Marcel Pagnol de Châteauneuf les Martigues.
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