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Stéphane Bataillon Articles

Αποκάλυψις

« Cette nuit, j’ai fait un rêve, dit le petit garçon. J’ai rêvé d’un cerceau qui redevenait ligne. Je me suis retourné à son extrémité pour trouver l’équilibre. Alors, je me suis mis à marcher sur les mains. Les panneaux indicateurs se sont mis à danser. Les mots prenaient plaisir à m’indiquer la route. J’ai refait le chemin, dans la même direction. Mon cœur s’est mis à battre pour me laisser entrer. »

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Raconter

« Du temps où les bêtes parlaient… » « Il y a de cela cent mille ans ou plus… ». Le conte nous transporte dans un monde d’avant le monde. Un monde d’anciens symboles et d’archétypes polis, lentement apprivoisés pour amorcer le temps de nos prochains désirs. Le conte parle d’un monde de l’éternel instant, chargé d’une énergie qui déborde la geste et brouille l’aventure afin qu’elle nous submerge et que nous la domptions. Dès la première ligne, dès le premier mot, il nous transporte à notre cœur.

Portant l’étrange haillon d’une forme trop populaire, le conte nous rend libre. Libre d’être pleinement nous-même. Il nous laisse seul. Rassuré. Capable sans autre effort, et sans retour de grâce, de rejoindre notre rêve.

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Un poème dans le magazine Soixante-Quinze

Ce mois-ci, le magazine Soixante-Quinze, le mensuel des curieux de Paris, publie un de mes poèmes inédits, « Au parc Montsouris » dans sa page « Respiration poétique » proposé en collaboration avec le Printemps des Poètes. À part ça, plein d’articles, de reportages et de portraits passionnants sur ceux qui animent la capitale et ses environs.

Soixante-Quinze, n°9, janvier 2017, 4,90€. En kiosques.

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Gustave n°61 est paru

Le numéro 61 de Gustave, le journal qui prend son temps, vient de paraître. Il est même un peu en avance. Ce mois-ci, un numéro sorcier, histoire de bien commencer l’année en remettant la parole poétique au cœur de Gustave. Des textes, des dessins, des photos, pour partir à la rencontre de ce qui nous maintient vivant. Une autre forme de résistance face au repli. Très bonne lecture et bonnes résolutions (ça ne coûte rien, et ça fait du bien).

Abonnez-vous gratuitement à Gustave, le mensuel numérique d’action poétique :
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Richesse

Ce matin, un flocon
s’apprêtait à tomber

Mais j’avais
oublié mon bonnet.

Pétrole – Trinidad (West Indies) – 2004 – Photo : Sarah Bataillon.

Pas un jour depuis 3 650 jours où je ne me demande comment tu aurais réagi face au monde qui est là. Face aux peurs, aux replis et à nos égoïsmes. Avec ton optimisme sans faille et cette forme de lâcher prise qui te caractérisait. Pas un jour depuis 3 650 jours où ta chaleur ne m’accompagne et me rassure.

Aujourd’hui, je n’ai pas envie de commémorer ta disparition. Pas envie d’un moment triste. Pas envie que quoi que ce soit d’autre que ton énergie joyeuse accompagne nos vies. Alors continuer. Les poèmes, les projets, les rencontres. Ne pas cesser ni d’aimer ni de rire et se dire que oui, nous sommes fondamentalement libres de choisir entre le bien et le mal durant le laps de temps qui nous est imparti. Que ce n’est pas si simple. Jamais si évident. Que l’on tente toujours, un peu à tâtons. Mais qu’entre ombre et lumière, ton étincelle qui nous guide est la plus précieuse richesse.

 

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Ten years after

15-22/12. Laisser passer une dernière fois le temps. La cassette audio revient à la mode. Huit jours en Fast Rewind. Un murmure à l’oreille dans la chambre d’hôpital. « Pour mon anniversaire, je voudrais juste que tu… ». La bande vibre. Turbulences. Et puis se souvenir enfin des belles choses.

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Totem

Parfois, dans les librairies, on tombe. Sur un livre, sur une phrase d’un livre sur laquelle on ne pensait pas tomber. Sur une phrase d’un livre qui pourrait s’appeler Révélez votre potentiel magique. Une phrase à oublier tout de suite. Une phrase du genre « Chien, animal totem, vous demande de cesser d’avoir peur et de vous attaquer maintenant à ce qui mine votre confiance. » Une phrase à la con. Mais non. Parfois, dans les librairies, on tombe. Mais pas sur des chiens. C’est interdit, les chiens, dans les librairies.

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Elles #38 : Hélène

Je me suis couchée. Fait le vide. Fait le noir. Il parait que souvent, on ne dort pas bien à cause d’une lumière qui persiste dans la pièce. Plus de lumière. Je prends enfin le temps d’accorder à mon corps le repos qu’il mérite. Les muscles se détendent. Les pensées se déposent pour alléger son poids. Je t’attends. Peut-être.

 

Dessin : Robin. Retrouvez les épisodes précédents de la série Elles.

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L’exercice

Malgré tout ce qui change, malgré les apparences d’un monde de fées perdu, ce qui importe à vivre, à résonner, à réfléchir, reste étonnamment stable. La crainte d’exister. Pour les autres. Pour soi. La peur et le courage d’enfin se faire confiance. L’homme qui fait le mal malgré nos précautions. Celui qui fait le bien. Les deux qui ne font qu’un. Les naissances et les fins, avec entre les deux, ce que l’on peut d’amour. Réussir l’exercice, dans le temps imparti.

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