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Catégorie : Poèmes

Avec conservateurs

E200 Face E201 au E202 technocapitalisme E203 qui E210 nous E211 impose E212 son E213 modèle, E214E215 en E218 fait E219 de E220 libertés E221 sans E222 limites, E223 la E224 fin E225 du E226 collectif E227 libre E228 nous E234 laissera E235 seuls E236 ensembles, E237E238 il E239 faut E240 réagir. E241 Donner E243 Relier E249 Déconnecter. E250 Pour E251 un E252 présent E260 immédiatement E261 possible. E261 (i-ii) Hum, E262 (i-ii)E263 je E264 crois E270 bien E280 que E281 je E282 deviens E283 de E284 plus E285 en E290 plus E296 conservateur E297.

(Listes des conservateurs utilisés comme additifs alimentaires. Cliquez sur les liens pour en savoir plus. À lire, « La silicolonisation du monde d’Eric Sadin aux formidables éditions L’échappée)

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Dimanche sain

Hop Hop Hop ! Aujourd’hui, c’est dimanche, et je pète la forme. Je vais MARCHER 30 MINUTES PAR JOUR C’EST FACILE, faire un peu de NATATION, C’EST LE SPORT SANTÉ, ÉVITER DE MANGER TROP GRAS, TROP SALÉ, TROP SUCRÉ et MANGER 5 FRUITS ET LÉGUMES PAR JOUR, ne boire qu’UN VERRE ÇA VA TROIS VERRE BONJOUR LES DÉGÂTS, sans rien prendre car LA DROGUE C’EST DE LA MERDE et que SANS TABAC, PRENONS LA VIE À PLEIN POUMONS, surtout si l’on sait se BROSSER LES DENTS TROIS FOIS PAR JOUR. Et puis je me coucherai après un bon lavage de nez, parce que LES ANTIBIOTIQUES, C’EST PAS AUTOMATIQUE. Et… Oh et puis non, je reste couché. LE SOMMEIL C’EST LA SANTÉ.

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Les alliances (3/3)

*
Thé doré de l’oiseau
qui nous laisse deviner
quel nom pourrait convaincre

Feuilles décomposées
à l’état initial
d’un cycle sans arrêt

Mycélium. Brume épaisse
un chant parvient de loin
d’une autre vibration

Je ne sais pas encore
si je dois avoir peur

Le parfum se transforme
en celui d’une femme
dont je serai l’époux
quand je serai enfant

La feuille se déploie
comme une robe paravent
pour mieux masquer aux autres
l’union qui se prépare.

Je goûte de tout mon corps
en conscience de l’instant

Un grain d’éternité
que d’autres appellent bonheur

Tu es à moi
et je veux être

Nous allons boire ensemble
ce sera une fête
et ils s’amuseront tous
à toucher l’horizon

Et puis, et puis…

Amertume dans la tasse
la répudiation, déjà ?

Déjà, mon amour ?

Mais qu’ai je fait,
mais qu’ai-je donc dit
de trop ?

Dernière gorgée.

*
Trop de passions
la tête me tourne

Déjà trois heures
que nous buvons

Autre temps
temps d’ailleurs

Je ne sais plus

M’écroule
heureux
et rassuré

Abaisserez-vous la garde
pour accepter le thé ?
____

Les alliances. Poèmes autour du thé chinois. Calligraphie réalisée en direct le mardi 16 mai 2017 par Zhifang Tang lors d’une lecture-performance au Théâtre de La Jonquière à Paris.

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Les alliances (2/3)


Animal au repos

On caresse les poils
de cette feuille de thé blanc

À peine ébouillanté,
une forte odeur de terre

Nous sommes à hauteur

Aligné.

*
Première gorgée
douce et sucrée
sur le bout de la langue
pour mieux pouvoir entrer

Seconde avec les joues
qui pique et qui attaque
tambourine le palais

Troisième avec la gorge
submerge, fait vaciller

À la fin de la coupe,
qui aura remporté ?
*
Thé rouge couleur de Chine
Thé rouge couleur de sang
qui teinte la terre cuite
pour se donner courage

Feuilles tordues
plus grandes que les autres
on se met à frémir
à l’odeur fumée

Goût âpre
Parfum de chocolat
on estime les risques

Légère mousse
on laisse faire mouvement
on admirerait presque

Mouvement brusque.
Souvenir / flash
Écuries / vacances d’équitation
Galop / Chute
Mordre la poussière

Ne jamais
sous-estimer l’ennemi.

*

Feuille compressées
comme le poing Shaolin
dont le pouce est rentré
pour marquer le secret

Seule l’aiguille de métal
peut libérer le thé
d’un geste
de couturier

*

Étoffe de champignons.
sous les pas des marcheurs

Chemin ensoleillé
d’un sous-bois qui réchauffe

Ne manque que le chêne
où mon grand-père demeure.

________

Les alliances. Poèmes autour du thé chinois. Calligraphie réalisée en direct le mardi 16 mai 2017 par Zhifang Tang lors d’une lecture-performance au Théâtre de La Jonquière à Paris.

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Les alliances (1/3)

S’installer dans un geste
pour rester en mouvement

Plonger dans le courant
pour ne plus résister

Fatigué de la nuit
se dévêtir du bleu

S’asseoir

Juste s’asseoir

Juste.

*
Que les effluves du monde
ne nous agressent plus

Que l’amer se transforme
en volutes de rêves
désirants être rêvés.

*
Aucune crainte à avoir.

Il nous suffit de suivre
les différentes étapes

L’eau vient à peine d’atteindre
la bonne température.

*

Douche brûlante
au réveil de la feuille

Soixante degrés Celsius

Un tintement de cloche
arrive du fond des plaines.

*
Équilibrer les choses
dans le verre de justice

Mélanger l’infusion
pour que personne ne puisse
se ressentir lésé.

*
Une seule feuille
dix mille parfums

Mais pas sans la goutte d’eau
ni la chaleur du vent

D’un lâcher prise.

_______

Les alliances. Poèmes autour du thé chinois. Calligraphie réalisée en direct le mardi 16 mai 2017 par Zhifang Tang lors d’une lecture-performance au Théatre de La Jonquière à Paris.

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À portée

On nous agite. On nous fait déborder. On s’occupe de bouillir et de s’ébouillanter. Pendant ce temps, on ne pense pas aux choses qui peuvent changer notre vie. L’heure n’est-elle pas venue de renoncer aux révolutions « et en même temps » au soulagement providentiel, pour se mettre à reprendre prise ? À approfondir sans accélérer le mouvement de sa liberté responsable, conscient de nos contraintes et de l’environnement. D’une simplicité sophistiquée, d’une austérité belle.

La question de la vie que nous voudrions mener revient exactement à poser celle de la manière dont nous voulons passer notre temps.
Harmut Rosa, Accélération, La Découverte (2013).

 

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Ambition

JE VEUX LE POUVOIR
JE VEUX LE POUVOIR grandir mon enfant
JE VEUX LE POUVOIR m’asseoir en silence
JE VEUX LE POUVOIR s’épanouir le camélia
JE VEUX LE POUVOIR l’escargot faire l’acrobate
JE VEUX LE POUVOIR ne rien faire
JE VEUX LE POUVOIR méditer
JE VEUX LE POUVOIR profiter d’être avec toi
JE VEUX LE POUVOIR d’autres horizons
JE VEUX LE POUVOIR écouter les autres
JE VEUX LE POUVOIR prendre le temps de répondre
JE VEUX LE POUVOIR ton sourire
JE VEUX LE POUVOIR refuser.

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Le réveil

D’un sourire
faire mouvement

C’est l’été
pour nous tous.

b.o.p (bande originale du poème) : Concerto pour piano N°2 en do mineur de Rachmaninov.

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Politique du rêve

Cette nuit, j’ai rêvé que je parlais à Benoît Hamon, que je le remerciais pour cette campagne digne et courageuse. Que nous étions beaucoup, finalement, à s’être décidé pour lui. Pour sa vision d’une société plus juste, plus calme, plus inventive. Contre tous les vents furieux, au rythme de la terre. J’étais content et nous avons été boire une bière ensemble, en souriant. C’est bizarre, les rêves. (P.S : cette anecdote est authentique.)

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Les gardiens (propos de campagne)

Quelque chose arrive, se brise. Est déjà là. Cela n’a rien à voir avec les résultats des élections de dimanche. Dimanche prochain. Dimanche dans deux semaines. Cela n’a rien à voir avec qui sera vainqueur.

Peut-être n’avons nous pas assez pris le temps de nous écouter. D’écouter nos colères, nos désirs, nos chagrins, nos espoirs et nos cris. Ceux de chacun, ceux de chacun de nous, de nos milliers « d’amis ». De nous demander ensemble pourquoi ces mots réapparaissaient. Pas pris le temps de mesurer les failles. D’estimer, lors d’une grande assemblée de copropriétaires, les travaux à effectuer d’urgence avant qu’elles atteignent ce qui nous fonde et nous atteint : notre identité, plus difficile à réparer.

Mais il y avait trop. Trop de notifications. Alors, nous nous sommes mis à classer, à se classer. Bien étiquetés. Au moins ça allait vite, ça clarifiait. Ça apportait de la cohérence. De la raison. Bien gardée.

Nous avons banni le calme, le silence, le repos, pour rester en tension. Avec toi, contre toi, sans plus savoir trop pourquoi mais… Tenir. Mâchoires serrées. Et le printemps à presque eu honte de s’immiscer. Nous sommes tous devenus l’irresponsable du voisin.

Je voudrais parier qu’ensemble, nous ferons mentir les pronostics. Ceux du bruit et de la fureur que d’aucuns espèrent, dans tous les camps. Que nous saurons nous rappeler que nous vivons dans l’un des plus beaux pays du monde. Que nous sommes un peuple qui a su conquérir sa liberté, son égalité, sa fraternité. Son école gratuite, son système de santé à nul autre pareil, sa beauté. Qu’il a fallu beaucoup de larmes et de souffrances pour cela. Qu’il ne faudrait pas oublier.

Je voudrais parier que nous avons encore la force de nous organiser. De prendre sur nous pour régler les problèmes et les disputes de notre communauté modelée par tous les vents de l’Europe et du monde. Pour notre bien. Sachant que cela nous demandera d’incroyables efforts : ceux d’une reconstruction qui n’aurait pas eu sa guerre.

Il est tard. Trop tard. Deuxième nuit sans sommeil. Je médite sur ce proverbe Navajo : Choisis bien tes mots, car ce sont eux qui créent le monde qui t’entoure.

Nous ne sommes peut-être d’accord sur rien. Mais nous avons encore la chance de pouvoir le dire. C’est notre bien commun. Ce bien est notre précieux. Nous en sommes, tous, les gardiens.

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