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Catégorie : Poèmes

Rapaces

L’ombre et la proie. Mots volés au hasard. Pas d’engrenages. Pas de mécanique. Regarder le ciel en silence. Sans chercher la maîtrise et sans dicter ses lois. Ce n’est pas notre combat. On l’a cru. On a voulu nous le faire croire. Mais non. Pas à nous. C’est à eux. C’est minuscule. Translation de deux points sur le flanc de la montagne. Presque fondus. Comme le sera le corps une fois dévoré. Digéré. Par les enzymes. C’est la vie. Ça nous concerne. Ou pas. On a le droit de ne pas se sentir concerné. De s’échapper. Se libérer. Du combat. De ne même plus, plus même regarder. En silence. Ombre. Les yeux fermés.

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Sortie de Gustave N°66

Après un été bien mérité, notre journal d’action poétique reprend la route en retrouvant, après trois belles livraisons de L’Invincible, son nom et sa numérotation originale.

Un numéro 66 de Gustave entre deux soleils. Quatre pages avec des balades en montagne, des œuvres projetées et de l’énergie pour repartir du bon pied. Au grand air de la poésie.

C’est toujours numérique, léger, gratuit, et disponible (pendant un mois seulement) en s’abonnant par ici : www.stephanebataillon.com/gustave.

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Formula 1

J’ai appelé Vince tout à l’heure. Parce que les inrocks sortent une nouvelle formule et que c’est important. Même si cela fait des années qu’on ne le lit plus régulièrement, les inrockuptibles, c’est NOTRE journal. Celui qui Placebo, celui qui Portishead, celui qui Franck Black et qui The Smiths. Celui dont on rêvait d’être dedans pour y écrire et y chanter. Nous avions même fondé un groupe pour ça, les The Jonathan Livingstones. Les inrocks, c’est le journal qui a achevé de nous convaincre tous les deux de devenir journalistes. Pour de bon. Pour le son. We will rock you et on va aller y voir. Si ça bouge, encore. Here comes your man.

(M.a.j – 9h) : Cette nouvelle formule est sublime. Élégante, légère, lisible. L’âge a du bon.

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Différentiel

Il reste à admettre l’essentiel. Cette part invisible du monde. Cette joie électrique qui nous anime et nous rassemble. Qui me fait penser à toi. Verser cette larme. Écouter cette chanson. Et t’écrire cette lettre pour déchirer le ciel.

Corde sensible. La poésie demeure.

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Round

Manteau de froid
d’une pleine nuit
de pleine lune

Dans la simple espérance
que nous nous enlacerons

Encore.

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Rentrée

Un éclat d’aventure
pour amorcer le jour

Gorgée de café.

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Insomnie

Je n’arrive pas à m’endormir. Rien à faire, j’ai beau faire le vide, respirer par le ventre, penser à des choses agréables, me projeter dans une situation improbable qui pourrait initier un rêve, je n’arrive pas. J’ai beau prendre un livre, une bd, ma tablette, j’ai beau commençer à écrire ce texte, je n’arrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrg’,.

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La promotion

C’est long une vie. on nous dit qu’il faut réussir vite. mais ça passe vite, le moment. de la réussite. qui nous excite. avant. après. la vie, c’est long. dans un bureau de plus en plus / de moins en moins /grand / haut /ouvert. on échange, on s’échange. nos rires / nos plats / nos rendez-vous / nos points de désaccords / nos points non-négociables pour que l’accord / nos cercles / nos jetons / de présence / d’une absence / cette prétention. à être ensemble / venus les honorer de notre présence / seul. Mais on a fait. houlà comme on a fait ! on a agi. dans /notre / intérêt / du groupe / du collectif / de l’actionnaire / de la cause. toujours. corporate. toujours. alerte. bad buzz. ça sent le chaud. là. il faut débarquer / du monde. te débarquer. et oui, tu comprends, désolé. c’est déjà pas donné. une si belle aventure. à conquérir le monde. faire sa part / sa petite part / de marché. allez, allez quoi, tope-là. topé. pas besoin de signer. tu l’as. ta promotion. Tu l’as bien méritée.

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Pschittt (first blood)

Notifications. Attention, sans arrêt. Des mille malheurs d’un monde. Bien obligé. D’être concerné. Au premier chef, près de la capsule. On nous agite. Dans tous les sens. Surtout ne plus pouvoir choisir le mouvement du désir. La pulpe, dans la bouteille d’Orangina, ne rêve que d’endocarpe. Résister. Annuler toutes notifications. Retrouver la fréquence. Et se mettre à danser.

B.o.p (Bande originale du poème) : Kavinsky – First Blood

 

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