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Catégorie : Remarques

L’invention du poème #34

Avoir confiance en soi ? Avoir confiance suffit. Ou alors, un « en soi » pour désigner le lieu. Cette confiance qui permet le lâcher du poème et rend possible, par le dénuement qu’elle engendre, de ne plus considérer que deux choses : le mouvement et l’échange qu’il réalise. Comme le secret murmuré à l’enfant que nous étions : « tu vois, je me suis bien occupé des escargots ».

 

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L’invention du poème #33

Parfois, le poème résonne. Il nous met en mouvement lorsqu’il arrive à créer cette relation avec nous, durant son écriture, sa lecture ou son écoute. Il crée la dynamique qui est, qui fait la vie. Espace et temps précipité dans l’expérience sensible d’une parole hors d’usage.

Poésie, seule transcendance, non violente, non criminelle.
Jacques Roubaud, Poétique Remarques. Ed. du Seuil, 2016

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L’invention du poème #32

 

Choisis bien tes mots, car ce sont eux qui créent le monde qui t’entoure.
Proverbe Navajo

La poésie est exercice de notre puissance. De son usage, de ses limites, de sa maîtrise. Elle nous estime au plus juste. Nous accompagne, par la parole, afin de discerner quand engranger, retenir ou dépenser notre énergie. Qu’elle ne se disperse pas, ou le moins possible.

La poésie n’est pas accès à un « au-delà », mais bien à un « en-dedans », cette partie intime endormie par le flot des paroles. Elle témoigne des interactions faibles du monde : la contemplation d’un visage, la saveur d’un silence qui s’invite entre nous,  la tulipe qui s’ouvre chaque matin un peu plus par la force irrésistible du réel.

Chaque poème est cette étincelle qui allume ce que nous avions cru perdu. Tous nos poèmes ensembles, ceux écrits, ceux lus, provoquent un crépitement qui annonce l’embrassement. Un état d’urgence.

 

 

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L’invention du poème #31

Quoi de plus précieux que cette joie intime, que personne d’autre que soi ne peut ni proposer, ni définir ? Cette alchimie de souvenirs, d’émotions et de rêves qui, de nuits mêlées aux jours, nous met en mouvement. Dynamique souterraine qui charrie le limon gardant la surface calme. L’insurrection des ondes.

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L’invention du poème (30) : bien commun

« Réfléchir, penser, c’est déjà désobéir »

Un « faux » militaire, Garde à vous, jeu de téléréalité d’M6, 2016.

 
Ce matin, lisant en parallèle Vers la sobriété heureuse de Pierre Rabhi (dont je m’étonne de la qualité d’écriture), et Résistance ! le nouvel essai vivifiant de mon ami Antoine Peillon, je pense à la magie des paroles qui, mises dans un certain ordre, changent notre perception du monde et ravivent l’énergie. Relance le désir. Désir de création et de liberté trop souvent assommé par la déferlante continuelle d’autres signes, d’autres images, d’autres paroles.
Cette vague nous submerge et nous noie. Consciemment ou non, son but est d’empêcher la petite étincelle, qu’elle ne puisse enflammer tout ce qui nous empêche par la transmission d’une perception de la réalité totalitaire qui ne peut nous mener qu’au désespoir.
 
Mais il ne tient qu’à nous, ici, maintenant, d’allumer cette lumière simple et gratuite de notre jour intime. C’est elle qui nous permet d’être et de se sentir être. Par la joie et l’enthousiasme qui monte quand nous faisons. Que ce soit un poème ou toute autre chose nouvelle, toute autre relation. C’est en notre pouvoir et c’est un bien commun.
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L’invention du poème (29)

Le point de ralliement de ma poésie est ici, sur internet. Avec enthousiasme et jubilation. Ni dans les recueils, ni dans les lectures et les performances, ni dans les accrochages à venir. Mais sans jamais annuler ni amoindrir l’importance de ces vecteurs, supports, moments. Ma poésie se déploie juste à partir de ce point central, de ce nœud, sans prédominance. Poésie en réseau, poésie intermedia, intermédiaire, dans cet espace qui se confond totalement désormais avec ce que l’on appelait encore il y a peu le « réel ». Et c’est peut-être cette considération là qui, pour la poésie, sa diffusion, sa réception, mais surtout son intensité, marque notre temps.

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L’invention du poème (26)

Tracer une voie. Une voie que chacun pourrait entreprendre avec ses propres moyens. Esquisse d’un chemin. Libre. Mais d’abord pour nous. Pour ce nous juste à côté de nous que l’on tend à devenir. Trop peu d’espace pour parler d’idéal. Trop d’ombres qui persistent, nécessaires, aussi. Pour cette personne presque qui fait le premier pas.

 

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L’invention du poème (25)

Que faire ? Que faire lors des désillusions ? À l’annonce des désastres, si souvent annoncés qu’ils en deviennent tangibles ? Partager au plus proche un poème de lumière. Pas forcément celui qui exalte la beauté et les passions du monde. Mais un qui nous apaise et nous redonne confiance. Qui renforce la puissance de chacun de nos gestes. De nos caresses. De nos regards. De notre compassion à l’égal des autres. Jouer l’agencement de quelques mots tout simples qui sauront succéder aux dérives de la vie. Qu’on apprendra par cœur et qu’aucun reniement ne pourra effacer. Seule résistance possible face aux périls trop grands. Seule création capable de défier leurs temps.

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