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Sous la coquille #5 : avancées lentes

Trois livres qui tombent à point nommé pour préciser l’esprit de mon troisième recueil : un art de vivre subversif et lent, possible sans sacrifice, reprenant en compte l’ancrage dans un lieu ouvert par la précision des mouvements. Une formulation de cette proposition sous une forme poétique dense et minérale : un haïku dont le traditionnel mot-saison (kigo) serait remplacé par un verbe, toujours à l’infinitif. Comme d’habitude, mais pas tout à fait. Chorégraphié comme un kata.

 

La forme traditionnelle du taijiquan de l’École Yang est une des disciplines sportives les plus difficiles, parce qu’elle suit le contraire de la célèbre devise olympique « Plus haut, plus vite, plus fort ».
« Plus bas, plus lent, plus faible», le taijiquan est un « qigong » suprême, un art martial ultime, avec un commencement, mais sans fin, et qui nous accompagne toute notre vie.

Nouvelle lecture du Taijiquan, Antoine Ly, en collaboration avec Marianne Plouvier, Ed. You Feng

Penser à l’infinitif revient à renoncer aux mots trop bavards, trop savants pour se concentrer sur l’action tout entière contenue dans le verbe sous sa forme la plus immédiate.

Philosophie infinitive, Emmanuel Fournier, Ed. de l’éclat

+ Vocabulaire de la spatialité japonaise, Dir. Philippe Bonnin, CNRS éditions.

Publié dans Sous la coquille