The McLaren Project (4) : Hell Unlimited (1936)

Discours d’ombres.
« On ne peut rien faire »
« On ne peut RIEN faire »
Et donc,
La guerre.

Résistez,
Manifestez,
Ecrivez,
Et si cela ne suffit pas…

Hell Unlimited (1936) : Film-tract politique anti-militariste et anti-fasciste.
The McLaren Project : Un poème sur chaque film réalisé par Norman McLaren, de 7 till 5 (1933) à Narcissus (1983)

The McLaren Project (3) : Polychrome Fantasy (1935)

Les couleurs du cours préparatoire
L’odeur des gommettes
Des danseuses d’il y a un siècle
Qu’on dirait sorties de Little Nemo
Pas de musique,
Juste des notes de couleurs
Sur un vitrail échappé
De sa cathédrale.

Elles lui font allégeance.


The McLaren Project : Un poème sur chaque film réalisé par Norman McLaren, de 7 till 5 (1933) à Narcissus (1983)

The McLaren Project (2) : Camera makes whoopee (1935)

On entre dans le vif
La caméra tourne
Comme une radiographie
Comme si Barry Lyndon
Jouait dans Saturday night fever

On prépare le bal
Avec des ciseaux
Avec des pinceaux
Et des mains qui marquent
le tempo

C’est précis
Comme un cours de géométrie
Ca brille
Tu l’aurais porté
A Trinidad
Reine du carnaval

Attention au seau, aux tubes, aux punaises
Toute préparation demande du temps

25 décembre.
A l’heure où le soleil épouse la nuit
Les instruments se mettent en branlent
S’impatientent.

C’est parti gentes dames,
Atchaka boom tchaka tchaka boom

Les nuages mènent le ballet
En compagnie des chaises
Tout se fige.
Quel sortilège ?
Quel maléfice les as frappés ?
La princesse hongroise entre dans la salle
Elle ne sourit pas
Danse
Danse encore
Pour rompre ou prolonger
l’enchantement.

Applaudissements
Les notes valsent
Guitare et trompette tentent de suivre

Trois têtes de chanteurs
Trois têtes de fantômes
Le bal des vampires ?
Des vis géantes à la place des colonnes
Victuailles déjà entamées
Par les gargouilles

De la crème et de la gelée
Jusqu’à la nausée
La cornemuse résonne
C’est l’heure de tomber le masque.
Plus de doutes, il faut nous enfuir.
Mais ces notes nous poursuivent
Les sunlights nous aveuglent
L’image de trois soeurs se troue et se grignote
Leurs princes dans le désert.

Un verre d’eau sur la nappe blanche
Un oasis ?
Encore un piège.
Tout se saccade
Tout se brouille

Assis au fond, un vieil enfant gonfle un ballon
Que j’imagine rouge
Arrêtez la musique !
Arrêtez la musique !
Je n’entend rien.
Plus rien
Plus
Rien.

Pop ! Pop !
Popopopopop !
Champagne !
Dans ses bulles
On voit les couples
Tourner une dernière fois.

Il s’endort
Tout le monde rentre
Même la camera se met sous la couette

C’était une soirée d’ombres.

The McLaren Project : Un poème sur chaque film réalisé par Norman McLaren, de 7 till 5 (1933) à Narcissus (1983)

The McLaren Project (1) : 7 till 5 (1933)

N’entrez pas
N’entrez pas
Nosferatu est là
Où peut-être est-ce la Bête ?

On ne sait pas
Pas assez de bruit
Mais de la matière
à triturer
Pour créer
Dans ce temps-là

Tic
Tac
Tic
Tac
Jouez jouez
Dépêchez-vous
La cloche va bientôt sonner
Les statues vont s’animer

Mangez mangez
Buvez vos paroles
Avalez vos regrets
Recrachez vos ambitions

Posez peignez plâtrez fondez
Donnez corps à vos rêves
Sculptez et désirez
N’y aura t-il pas de trêve ?
Mais si, la journée s’achève.

Nettoyez rangez cirez enroulez séchez
Cachez
Éteignez
Dévalez les escaliers
La cloche vient de sonner

Rêvez-bien
pour demain
pour tout recommencer.

7 till 5 (1933) : une journée ordinaire à l’école des beaux-arts de Glasgow.

The McLaren Project : Un poème sur chaque film réalisé par Norman McLaren, de 7 till 5 (1933) à Narcissus (1983)