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Entendre monter la sève
dans le tronc du vieux chêne.
Espérer que son cri
réveillera la forêt.

Cérémonie

Les yeux injectés de sang
puisque les larmes ne suffisent plus
à délaver le cri.

Et alors que le vent,
et alors que la pluie,
une fois dans le temple
un rayon de silence
venu tout apaiser.

Gravir

Accepter de gravir
par les versants sombres.

Chercher la prise.

Alliage

Mettre au point l’alliage
du mot et de la chose
dans la fonderie brûlante
du maréchal ferrand.

Genièvre

Du pavillon de fer
niché dans la forêt
se mettre à faire silence.

Se laisser envahir
par le chant des oiseaux
écouter le secret

Et espérer qu’un jour
On saura le reprendre.

Credo (18) : Pourquoi faire

Ecrire une poésie qui porte au plus profond.
Pour s’approcher de l’indicible avec les mots de tous les jours.
Pour continuer à avancer malgré l’approche du néant.
Une poésie de l’espérance libre, ouverte et lucide.
Une poésie de résistance contre tous les renoncements.
Pour aider à vivre au delà du désenchantement pour continuer à savourer l’instant.
Une poésie d’enfant qui console et relève, ici et maintenant.

Une mystique au cœur de l’eau.

Pari

A notre seule question
Recevoir deux réponses
Pour choisir le chemin.

Avenir

Investir le silence
du résonnement des mots
qui prolongent nos lignes.

Aller à la rencontre
Lorsque tout s’accélère.

Hypothèse

Et s’efforcer de vivre librement relié
en posant l’hypothèse que tout puisse s’arrêter.

Risquer l’humilité.

Réalités

Faudrait-il renier
tous ces mots qui nous changent
sous prétexte qu’ils se trouvent
au-delà d’un réel
qu’ils annoncent et annulent ?

Renoncer au poème ?

Genèse

Si tu pouvais choisir
quel mot écrirais-tu
pour amorcer le temps ?

Jacob

Même quand le néant rôde
quand il attend sa proie
entre absurde et mystère
je choisis l’aventure.

Le plaisir de l’instant
surgissant du brouillard
sans autre certitude
que l’échelle à gravir.

Avis

Tu nous as fait tenir
jusqu’à franchir le seuil,
boire à nos sources sombres.

Tu nous offres à présent
une lumière précédente
pour aller au delà,
en route vers notre centre.

C’est ton dernier cadeau,
ta volonté discrète
de refermer nos nuits.

Il ne manque qu’un seul mot
pour terminer la phrase
avant que le point ferme.
Envie de suspension.