Credo (40) : correspondance

Que pourrai-je te dire lorsque tu m’interrogeras sur la question d’un dieu ? Peut être partir du mot, de ces trois ou quatre signes qui résument toutes les larmes et tout le sang du monde. D’un baiser d’inquiétude, je te dirai qu’il faut, et puis qu’il ne faut pas, les conserver dans l’ordre pour comprendre des choses. Que c’est à toi, et à toi seul, de trouver dans ce legs un nouvel assemblage qui vibrera ton cœur et te confirmera.

Cet aboutissement
aussi long qu’un regard.

 

Credo (39) : Résumé

Premier Testament :

Face à chaque violence
incarne le verbe aimer

Second Testament :

Deviens
d’en toi
par les autres
relié.

B.o.p (Bande originale du poème) : Koyaanisqatsi – Philip Glass

Sur l’eau

Il y a les cris d’enfants
et les poneys qui trottent

Il y a cet étang
au cœur de la ville
qui chuchote d’attendre

Comme si c’était possible.

Dilemme du givre

Ce froid là, cette odeur là, cette note là. Ces signes annonciateurs d’un tout nouvel hiver. Son ombre familière joue déjà sous les draps avec notre sueur. Ce frisson même sans toi.

La nostalgie, c’est le bonheur d’être triste. Victor Hugo

La demande

Quelque chose de la dune

De sa chaleur gorgée
qui n’épargne personne

Sauf peut-être ces larmes
juste aux coins de tes yeux
qui ne perleront pas

Une sorte de nostalgie
par anticipation.

Signs of ECM #5

Arriver jusqu’au seuil de ces mots énoncés en quelques milliers de langues. Toujours les mêmes : le sable, la nuit, la solitude. Et quelque soit le rythme que la musique impulse à ce silence là. Ce silence, là, porté. Résistant. Seuil d’une parole lue, d’un pays parcouru, d’une vie… De ces milliers de pages qui tendent vers le même vers : « Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière ». Nous voici acculés par le désir du mot à nous déterminer au-delà des tumultes. En compromis des autres. À revenir au plus juste, au plus fragile. À sa force.

Nils Peter Molvær – Khmer – ECM Selected Signs VI, 2013.

 

 

Génériques

Retrouver la musique
des héros de l’enfance

Les gentils, les méchants
et les retrolasers

Des appels au secours
et des étoiles d’argent

Et cette nostalgie
dans laquelle se blottir

Cette intime certitude
que nous deviendrions.

Scène

T’aimes pas ?
Parce que ça sonne faux ?
Parce que j’ai pas la rage ?
Parce que j’ai pas la haine ?
Et si j’avais la rage ?
Et si j’avais la haine ?
Elle monterait ma haine
Elle monterait
Tout tout tout doucement
Elle te sauterait au cou
Elle te décharnerait
Et te déchiquetterait
Elle te dévorerait
Elle t’ex, elle t’imploserait
Peut-être qu’elle t’aimerait ma haine
Peut-être qu’elle t’aimerait
Peut-être que t’aimerais
T’aimerais ?

Signs of ECM #4

J’hésite à déranger
l’agencement du sable
de peur que le vent crie.

Arild Andersen – Patch of Light – ECM Selected Signs 1, 1997.

 

 

 

Signs of ECM #3

Le sang qui bat au rythme
de la musique lointaine

Mon cœur

Transpercé

Tu laisses perler une larme
pour qu’il cicatrise

Sans gêner ceux qui dorment
là, tout autour de nous.

Ralf Towner – Tale Of Saverio – Selected Sign I, An ECM Anthology, 1997.