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Mois : avril 2014

Venir ici #9

Impulser ou contraindre pour amener les autres au proche de son désir. Peut être juste l’envie de ne plus trop choisir. De se sentir léger. Fuir au-delà des murs, des paroles et des êtres. Gris. Comme toi. Regarder cet enfant. Se dire que quelque chose risque bien de se perdre. Quelque chose d’un regard que l’on s’était promis. Que cela, désormais, sera insupportable. Alors venir ici.

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Festival DécOUVRIR de Concèze
Festival DécOUVRIR de Concèze

Le Festival DécOUVRIR de Concèze, où j’aurai le plaisir d’intervenir cet été, lance une campagne de financement participatif sur le site Ulule pour boucler son budget. Ce festival audacieux, organisé depuis 12 ans par Matthias Vincenot, mêle poésie & chansons, faux frères ennemis de la langue française. Un moment qui nous rapproche, à soutenir, à maintenir et à rêver.

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Deux poèmes des Terres rares traduits en langue arabe

Deux poèmes du recueil « Les Terres rares » traduits en langue arabe par Dr. Rabiha AL-BAIDHAWE. En la remerciant de cette belle attention.

 

مَن بينَنا  قد انتصر ؟

 

مَن استطاعَ جًمع
الكافي من القوى الحية

 

لإحداث التغيير
ولأجلِ إبطاء الأكسدة  ؟

 

( Qui d’entre nous / a réussi ? // Qui a pu concentrer / assez de forces vives / pour se faire reconnaître ? // Pour ralentir l’oxydation ?) p.45

 

اعلم أنه مهما حَدَث
هذهِ القصائد المودَعة
تُشَكلُ رقعة من الأرض
كُتبَت لكي تحتفظَ انتَ
بشئٍ منَ الرمال

 

مما تبقى من الصخر
على الرغمِ من التآكًل

 

قد يحدث احياناً
بأن ينتصر التمرد

 

بأن تتحطم الخطوط
وتصبحُ فجأةً منزوعة الكلس

 

أرح نفسكَ عندئذٍ
لا تتوقف عن الحُب
لا تستَمع للآخرين

 

ولا تصغي لي

 

يوماً ما يعودُ الغناء
لكَ من جَديد

 

وَيصبحُ أرضاً نادرة

 

(Sache-le, quoi qu’il arrive / ces poèmes déposés / formulent un pan de terre / inscrit pour que tu gardes / quelque chose du sable // De ce qu’il a du roc / malgré l’effritement // Il arrivera peut-être / que la révolte emporte // Que les lignes se brisent / soudain décalcifiées // Alors, repose-toi / ne cesse jamais d’aimer / et n’écoute pas les autres // Et ne m’écoute pas //Un beau matin le chant / redeviendra le tien // Il sera Terre rare.) p. 93.

 

 

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Rossolis

Aujourd’hui, une composition sonore réalisée avec Julien Beau autour d’une drôle de plante carnivore. Miam.

De botanica sonorum / Rossolis

Musique et paysages sonores composés par Julien Beau
Texte et voix de Stéphane Bataillon

En référence à l’oeuvre majeure ” De natura sonorum “ du compositeur Bernard Parmegiani, ce titre évoque un souhait de rendre hommage de la manière la plus poétique qui soit à la nature et plus précisément à la botanique, science consacrée à l’étude des végétaux. En croisant le travail et les découvertes des célèbres explorateurs et chercheurs Philibert Commerson et Pierre Schaeffer, nous remarquons bien la similitude de chacun à vouloir répertorier des espèces, des familles de « matières » qu’elles soient végétales ou sonores. Il est temps aujourd’hui de renouer avec notre authentique perception du monde, les liens qui nous unissent entre notre héritage, notre évolution et notre mémoire collective. Elle a toujours inspiré les arts, la peinture et la musique. Elle s’est progressivement isolée de notre société moderne au lieu de faire corps avec cette dernière.

Décontextualiser la matière vivante est aussi la meilleure façon de la connaître, de l’étudier et de la percevoir au plus juste, au plus près, ce que n’ont cessé de faire les grands personnages de notre Histoire.

A titre expérimental, nous avons choisis une espèce carnivore et protégée trouvant refuge dans les tourbières du Limousin, la droséra ou rossolis (la rosée du soleil). Ce sont « des plantes ornementales à sphaignes rougeâtres et qui vivent dans des milieux humides, pauvres et acides. Elles sont sensibles aux excitations mécaniques et chimiques. Elles portent des poils glanduleux, parfois irritables, sécrétant des substances mucilagineuses qui attirent et engluent les insectes. Les insectes ainsi piégés peuvent ensuite être digérés par des enzymes protéolytiques ».

Phonographie d’un paysage avec ses sonorités (qui lui sont habituelles) à savoir le « silence habité » et l’ambiance d’une forêt qui dévoile sa faune et sa flore, ce portrait sonore se précise avec l’arrivée progressive de nouveaux éléments comme le gazouillement ou autres phénomènes évoquant la forte présence de l’eau, de mousses et d’insectes. Cette soudaine tension obtenue par la juxtaposition de ces figures sur fond, attire notre écoute vers une échelle plus précise, comme la lumière qui nous est indispensable pour discerner les formes. L’utilisation de sons purs comme la synthèse par modulation de fréquences, symbolise ici l’arrivée d’une luminosité accrue. Cette métaphore est censée décrire au soleil le mucilage qui permet à la feuille de briller, comme si elle était recouverte de rosée ou de nectar, et attirer ainsi, les insectes vers le piège.

theorbitradio.wordpress.com

 

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