Venir ici #10

Venir ici et se coltiner avec la chaudière, la pression, la vidange des radiateurs. Une lutte avec l’eau, l’air et le métal. Se dire qu’on ne l’a jamais fait autant, auparavant. Que l’on commence vraiment à se sentir chez soi.

 

Minimal Stadium #8 : Premier quatrain (explications)

Ceci est mon premier poème sous une forme fixe classique rimée. Le quatrain, forme de base de la poésie française, ne m’est pas familier. Dans les formes brèves, je lui préfère le haïku, quitte à la tordre un peu, à la manière de Guillevic et de ses fragments, les quanta (qui sont peut-être, à la réflexion, bien plus une réappropriation du quatrain). Ce poème est donc, littéralement, mon premier quatrain. Un quatrain contemporain, où l’on se sentirait bien.

Pour moi, il n’y a pas de poésie sans silence. La poésie, c’est la sculpture du silence. Encenser le silence, pour moi, voilà le rôle de la poésie. Guillevic.

Un espace vide ou un temps vide n’existent pas. Il y a toujours quelque chose à voir, quelque chose à entendre. En fait, on a beau essayer d’obtenir le silence, impossible d’y arriver. John Cage.

Chose intéressante, impossible, ici, dans le format du blog, de créer du « vide » sans écrire du code informatique. Traduction de ce silence proposé :
 
 
 
 

Wakame

Tu triples de volume
au contact de l’eau

Le sel qui s’y fond
explose dans mon palais

je rêve d’en partir
pour arpenter les routes
de ton pays léger.

D’entre nos bras

On se transformera
en tigres et en dragons
en terribles sorcières

On refera le monde
juste avant de leur dire
que c’était pour de faux

D’entre nos bras.

Disease

On monte vers la forêt. L’alliance du vent et des branches nous prévient. Quelque chose ne va pas. Il fait pourtant soleil. Nous faisons ce qu’il faut. Marchons à reculons pour les laisser tranquilles. Juste respecter leur choix. Dignes. Comme les chênes.

Jump

Avancer sur la route
pris par le froid d’automne

Oser, juste à ta suite
sauter sur le trottoir
et regarder le ciel

S’envoler.

Vents contraires

Ce matin, Agueil, Albe, Alizé, Ardênne, Auster, Austru, Aquilons, Badisad obistroz, Balaguère, Barber, Bise, Cers, Bora, Breva, Chammal, Chargui, Chinook, Étésien, Farou, Foehn, Galerne, Garbin, Gharbi, Grain blanc, Grande bise, Grégal, Hâle, Harmattan, Hegoa, Joran, Khamsin, Leste, Levant, Levanter, Levêche, Libeccio, Lombarde, Loo, Marin, Meltemi, Mistral, Mitgjorn, Morget, Mousson, Nordet, Noroît, Pampero, Ponant, Simoun, Sirocco, Solaire, Squamish, Suête, Suroît, Toureillo, Tramontane, Traverse, Vaudaire, Vendavel, Vent d’autan, Vent du Midi, Williwaw, Zéphir et Zonda laissent le soleil frapper ma joue.

Allocution

Alors, non
plus
ne… aucun
ne… guère
ne… jamais
ne… ni… ne
ne… ni… ni
ne… nul
ne… nulle
ne… nullement
ne… personne
ne… plus
ne… rien
de bon
soir.

Clarté de l’argumentation

Pas que des jeux de lettres, ctrnoaer euuqqel hcseo.
Sap uqe dse uejx ed lrttees, ctronaer luuqqee hcoes.
Spa equ sde xeju ed lrtseet, caronter lueqque hcose.
Sea pqu sxe deju er ldtseet, raconter quelque chose.

A mess like this

Donc, ton monde, DatA. 1 et 0 à l’infini. Algorithme parfait aussi pur qu’un Coltrane. Tu n’auras plus jamais besoin. De mots. Tu seras heureux, seul, sans livres, sans regards, sans larmes et sans rivière. Ne t’inquiètes pas. Ils interviennent en une poignée de secs. Il ne peut plus rien t’arriver.

B.o.p (Bande originale du poème) : The Dø – A mess like this

Note sur la poésie #19

Laisser ses mots en jachère. Pour qu’ils reprennent des forces et s’adaptent à la terre qui vient d’être changée. Qu’ils puissent nous étonner par une vitalité dont nous sommes incapables. D’une respiration, d’une rencontre nouvelle, reprendre le chemin de l’infime aventure qui pousse notre épopée.