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Mois : février 2015

Qi

Une décharge

Qui pulse et qui ondule
jusqu’au profond de soi

Douce comme une montagne.

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Élevage

Je regarde.

Je regarde des gens dans le métro. Ils jouent avec leurs portables. Ils écoutent de la musique avec leurs écouteurs. Ils ne me regardent pas. Ils n’ont pas le temps. De me regarder, de s’ennuyer, de penser. A eux, à leur vie, à ce qu’ils pourraient changer. Ils jouent avec leurs portables et c’est bien plus facile comme ça. Alors je sors mon portable. Je joue avec mon portable. Pour remplir ce temps. Oublier. Oublier qu’ils ne me regardent pas. On ne se regarde plus. On ne se regardera plus jusqu’au moment où l’on paniquera. Pour un bruit. Ensemble. Alors on bougera. Tous dans un même élan. En se disant que ce n’est pas possible. Que meuh non, ce n’est pas possible. Mais on sera déconnecté. Mais n’y aura plus de batteries. Et la porte de métal se refermera derrière nous.

On aura été des hommes.

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Minimal Stadium #9 : Doux

Entendre le bruit du vent
qui appelle le regard
vers cet arbre si haut
dont le soleil réchauffe
les bourgeons qui attendent

Vers ce germe deviné
enfanté de nos ombres
et de notre lumière
qui attend lui aussi

Un souffle.

B.o.p (Bande originale du poème) : Organic, Philip Glass, Koyaanisqatsi.

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Panorama

Brouillard dans la plaine

Une mer de nuages
préserve le face à face
de nos lumières.

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Du malheur

Être malheureux, c’est avoir bifurqué juste avant le chemin qui attendait nos pas. Ce point d’enfance où nous avions pleuré de joie, oublié par souci de grandir plus vite, certain que cette puissance, naturellement là, resterait présente quoi que nous fassions. Une illusion semblable aux pires malédictions de nos contes du soir.

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But

Il n’y a rien à atteindre. Juste aller en dedans. De nous, en deçà des noms, au plus proche de ce qui nous fait vibrer. Cette vibration intime que nous n’osons pas dire de peur de la perdre. Et fondre toutes choses dans un unique poème, un mot, une lettre, un silence. D’une discrète joie.

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