Cogito : entretien avec Edgar Morin

Edgar Morin : « Vouloir un monde meilleur » from COGITO on Vimeo.

Je vous propose aujourd’hui de découvrir un projet auquel j’ai participé en compagnie d’Antoine Peillon et François Ernenwein : COGITO. Une série d’entretiens vidéos avec les grands penseurs d’aujourd’hui pour « penser et réparer le monde » ensemble. Pour ce premier épisode, Cinquante-deux minutes en compagnie d’Edgar Morin, né en juillet 1921, sociologue et philosophe de renommée internationale, auteur d’une œuvre publiée dans quarante-deux pays, comprenant près de quatre-vingts livres et une dizaine de films. Il offre, dans cet entretien, sa vision ultime sur l’état du monde, la résistance, la poésie de la vie, la raison, le mystère…, mais aussi sur la nécessité vitale de s’opposer à toutes les barbaries. Résistant de 1942 jusqu’à la Libération, il n’a jamais cessé, en effet, d’intervenir dans la vie publique, afin de défendre une « politique de civilisation » universelle.

Entretien : Antoine Peillon, avec Stéphane Bataillon et François Ernenwein
Réalisation : Olivier Pere

« Enfin, nous savons que l’approfondissement des crises ou l’approche bien visible des catastrophes peuvent susciter prises de conscience et prises de décisions salvatrices. De Tchernobyl à la vache folle, nous ne sommes qu’au début des catastrophes dont tôt ou tard on découvrira les causes et origines civilisationnelles. La politique de civilisation deviendra alors – clairement – la seule issue. »
Edgar Morin, « Pour une politique de civilisation », Arléa, 1997

L’invention du poème (24)

À quoi bon le poème en temps de crise ? À souligner la permanence. Du chant de l’oiseau, du vent dans les arbres, de nos corps enlacés qui vibrent malgré la peur. De la vie, encore. Sans peur du ridicule, sans peur d’être balayé par le fracas des armes, des mots criés trop forts et des humiliations. Une parole à l’os. Tranchant toutes les chairs. Contre les beaux discours.
Pourquoi le poème ? Parce qu’il est la seule forme, fondamentale et brute, suffisamment solide pour ne pas être réduite par ceux qui nous assurent qu’il n’y a pas d’autre choix. Que l’on n’a plus le temps de penser, de sentir, de s’arrêter un peu. Qu’il faut un peu grandir, et donc se résigner. Et survivre malheureux sans horizon possible.
Parce qu’il est cette arme folle, plus silencieuse qu’un drone, qui vient nous imploser. Et réveiller en nous le désir de faire, de toucher, de sourire sans en attendre plus.
Parce qu’il est en deçà des révolutions vaines. Qu’il peut nous faire. Aimer. D’un silence imprenable.
Les tyrans le savent bien. S’attaquer à ce chant qu’ils n’atteindront jamais est leur tout premier crime.

Randonnée

Une même main pour tenir
le parfum des sous-bois
le cours du ruisseau
l’empreinte de cet oiseau que tu as remarqué

D’un précipité calme.

Arcanes #XXI : Le monde

Épuisé mais heureux
on arrive à l’auberge
en même temps que la nuit

On nous sert le thé

Nous sommes seul
dans le calme
et nous fermons les yeux

Ce sera tout
pour ce soir.

(FIN…)

Arcanes #XX : Le jugement

Est-on à peu près sûr
de s’être extrait du sombre ?

D’endosser notre rôle
minuscule et immense ?

Et quelle image de nous
venue mourir ce soir
dans ce si reflet si clair ?

Encore juste quelques pas.