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Stéphane Bataillon Articles

Junior suite

Chaleur d’entre-saison

Sortir les disques de jazz et les chansons douces avant les premières pluies. Être en famille comme dans deux mois. Faire une sieste et lire une bd dans le coin droit du canapé, écoutant le murmure des courges en train de frire. Comme un nouveau temps récurrent de vie.

Une habitude à prendre.

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Ton royaume

Débouler du chemin
avec un casque-passoire
et une épée de bois

Le pas mal assuré
chantonne à contretemps

Mais le soleil éclaire
le royaume fondé
au coin de ton sourire.

 

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Karabine

Au milieu d’herbes hautes
où tu t’étais caché
j’imite le cri des lions
pour prévenir les foules
qu’une ombre quitte les lieux.

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Sans scrupule

S’il n’y avait pas d’orage
de bruit ou de fureur
prévu pour aujourd’hui

Et si tout allait bien

Serait-ce vraiment un crime ?

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Beau rivage

Ne pas se conformer
aux allées et venues
sur le boulevard désert

Sur le débarcadère
résister au mouvement
d’une foule d’hiver

Rester un dieu dormant.

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Désormais

Aznavour s’en est allé. J’écoute Désormais, cette chanson qui m’a fait trop de peine et qui m’a consolé. Nous ne vieillirons plus ensemble. Mais tu ne serais pas dans d’autres bras. Désormais, la vie continuerait, impensable sans toi.

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Kivu, dans l’enfer des Terres rares (critique BD)

La Croix logo Parution ce jour dans La Croix de ma chronique sur l’album BD Kivu de Jean-Van Hamme et Christophe Simon.

Un album poignant sur le conflit autour de l’extraction de coltan, au Congo, présente l’action du docteur Denis Mukwege, l’« homme qui répare les femmes ».

Détail de la couverture de Kivu de Christophe Simon et Jean Van Hamme.

Kivu, de Jean Van Hamme (scénario) et Christophe Simon (dessins), Le Lombard, 72 p., 14,99 €

Ce sera l’un de ses derniers albums. Scénariste star du 9e art, Jean Van Hamme, 79 ans, a décidé de quitter ce monde des bulles qu’il peuple depuis un demi-siècle avec ses héros Thorgal, XIII ou Largo Winch.

En guise de dernier voyage, il plonge dans le conflit meurtrier autour de l’extraction du coltan au Congo. Ce minerai, dont regorge le sol de la province du Sud-Kivu, est un composant essentiel de nos téléphones mobiles. Pour les exploiter au meilleur prix, une internationale du crime s’est mise en place depuis plus de 20 ans. Elle implique milices, États de la région et multinationales, dont beaucoup sont européennes.

Ici, François Daan, un jeune cadre brillant mais naïf d’une société belge, est envoyé sur place pour recruter un nouveau « directeur de production ». En réalité, un colonel sanguinaire, chef d’une milice rwandaise effectuant ses basses besognes au Congo. Accueilli par Peter de Bruyne, un mercenaire rompu à toutes les tractations locales, il découvre vite la violence crue d’un pays où tout le monde a intérêt à faire affaire, au mépris de toute morale. Un univers de cruauté difficilement soutenable, même avec la ligne délicate du dessinateur Christophe Simon, ayant œuvré sur la série Alix. Dans cet enfer, seuls quelques-uns résistent, et tentent de réparer.

C’est le cas du docteur Denis Mukwege, figure bien réelle et centrale de l’album. Lauréat du prix Nobel de la Paix, ce vendredi 5 octobre, il soigne avec son équipe les femmes victimes de mutilations et d’abus sexuels dans sa clinique de Panzi. Il recueille aussi les « enfants-serpents » nés de ces crimes qui deviendront souvent des enfants-soldats, cycle infernal. Livre refermé, impossible de ne pas se sentir secoué par ce conflit dont le produit se loge dans nos poches.

À l’exception du docteur Mukwege et de son équipe, tous les personnages sont inventés et le récit reste de facture très classique : Héros archétypaux et scènes d’action à foison, marque du scénariste. On pourrait regretter un happy end assez improbable (sans trop en dire, le jeune ingénieur belge, blanc et incorruptible garde le beau rôle). À moins que cet album ne soit aussi un peu autre chose.

Un clin d’œil complice de Van Hamme à son lecteur, pas complètement dupe sur les bons sentiments de ce Tintin réaliste retournant au Congo. Un regard amoureux sur son art, convoquant Blake et Mortimer, Alix, Corentin… les héros de sa jeunesse qui ne comptaient que sur leur courage pour mettre à bas tous les tyrans, transformant l’enfant qu’il fût en formidable inventeur d’histoires.

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Les choses comme c’est

Quelque chose de sourd
quelque chose de rien -imperceptible presque
quelque chose de sève

Monte

Vers le creux de tes épaules
ce frémissement sur ta lèvre
tes yeux ne cillant pas

Quelque chose d’entre deux.

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Ça bastonne. C’est coincé entre nuit adolescente et rêve à coproduire, Walkman sur les oreilles en marchant sur la ville dans un blouson de cuir beaucoup trop court pour nous. Spoken words. Imprenable dans cette mélodie. Quelque chose de “pas totalement convaincant” qui remporte la palme. Fauve.

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Note zen #1

Méditer sans but c’est, d’abord, sans vouloir atteindre. Sans vouloir supporter l’urgence de la course. De la compétition intime qui nous obsède et qui remugle. C’est arrêter le bruit de ce marteau-piqueur d’angoisse qui mine nos existences. C’est se laisser expirer. Pour contempler une lueur de liberté.

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Gustave n°78 : Numéro noir

Ce mois-ci, un numéro noir, alternant ombres et lumières. Comme un avertissement, quelque chose qui frémit là-bas dans le buisson. Que l’on remarque à peine. Il ne tiendrait qu’à nous que ce soit une lumière…
Couverture de Saint-Oma.

Gustave, c’est un mensuel de poésie, numérique et gratuit. Une œuvre-journal à durée limitée, disponible uniquement durant son mois de parution.

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Signal

La guerre n’a pas lieu tant qu’elle est impensable. Le problème, c’est qu’à force de dire, à force de penser, par petites touches, chaque matin, tous, qu’un climat de guerre monte (Trump, l’Europe, le repli, la folie), la guerre finira par arriver.
Les loups n’attendent que ça, que les gens pensent à la guerre. Que leur peur soit décuplée. Qu’ils passent en mode survie. La crise ne suffit plus, il faut augmenter la dose. Ça les arrange, les loups, la guerre. Ils chassent en meute. Une meute internationale. Pas bête, les loups.

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Algorithme

Ça veut
empêcher nos erreurs
répondre aux injonctions
réguler nos désirs

Ça veut
savoir bien avant nous
ce que l’on aimera

Ce qui sera utile
pour nous rendre inutile

Jusqu’à prendre langue
jusqu’à prendre corps
jusqu’à prendre

la douleur de tes cris
le sel de ta révolte
ta propre mélodie.

Exactement

ce que nous ne voulons pas.

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