Rétrospective 2013 #11 : décembre

À l’ami, là-bas

Pas de fête aujourd’hui
pas la joie de l’échange
qui emplissait nos rires

Juste t’offrir le silence
de l’énergie du monde

Que cela te maintienne

Que d’une force.

J’ai l’idée d’un poème
qui changerait l’abord
du jour qui commence

Qui te ferait sentir
le rayon de lumière
frappant la feuille tombée

Qui te rappellerait
d’un silence cerné
la beauté qui se cache

Dans ce tumulte-là.

 

Il y a tes sourires
débordant de tristesse
et le jour qui se lève

Il y a tous les cris
dans un de tes regards
à peine retenus

Il y a des lumières
qu’on ose à peine entendre

Et l’écorce des chênes
qui murmure quelque chose

Et puis la certitude

Et la fausse modestie.

Rétrospective 2013 #10 : novembre

Final chapter

Nous avons conservé
juste assez de vitesse
de rage et de violence
pour passer le témoin

Avec la nostalgie
de ton manteau de neige.

B.o.p (Bande originale du poème) : Eminem – The Marshall Matters LP2 –  Bad guy (2013)

Ce que nous devons

Ce que nous devons aux arbres
serait quelque chose
.                                  quelque chose

que rien ne pourrait remplacer
que rien ne pourrait atteindre
que rien ne pourrait éteindre
que rien ne peut

Ce que nous devons aux arbres

.                                  rien

tu ne dois rien
ils      te donnent tout
ils ne te donnent rien
ils ne te demandent rien
ils te demandent mais
tu n’entends rien

Alors qu’il faudrait
.                                 tout
leur livrer.

Tir

Pour Armand Gatti

Il m’a dit
– Porte-toi bien

Puis il s’est envolé
avec mon message

J’ai balayé
jusqu’à la nuit.

Rétrospective 2013 #9 : octobre

Se taire un peu
et prendre exemple
du temps qui vient

Se préparer à perdre
et partager encore

D´un désir revenu.

T’aimes pas ?
Parce que ça sonne faux ?
Parce que j’ai pas la rage ?
Parce que j’ai pas la haine ?
Et si j’avais la rage ?
Et si j’avais la haine ?
Elle monterait ma haine
Elle monterait
Tout tout tout doucement
Elle te sauterait au cou
Elle te décharnerait
Et te déchiquetterait
Elle te dévorerait
Elle t’ex, elle t’imploserait
Peut-être qu’elle t’aimerait ma haine
Peut-être qu’elle t’aimerait
Peut-être que t’aimerais
T’aimerais ?

Premier Testament :

Face à chaque violence
incarne le verbe aimer

Second Testament :

Deviens
d’en toi
par les autres
relié.

B.o.p (Bande originale du poème) : Koyaanisqatsi – Philip Glass

Que pourrai-je te dire lorsque tu m’interrogeras sur la question d’un dieu ? Peut être partir du mot, de ces trois ou quatre signes qui résument toutes les larmes et tout le sang du monde. D’un baiser d’inquiétude, je te dirai qu’il faut, et puis qu’il ne faut pas, les conserver dans l’ordre pour comprendre des choses. Que c’est à toi, et à toi seul, de trouver dans ce legs un nouvel assemblage qui vibrera ton cœur et te confirmera.

Cet aboutissement
aussi long qu’un regard.

 

Arriver jusqu’au seuil de ces mots énoncés en quelques milliers de langues. Toujours les mêmes : le sable, la nuit, la solitude. Et quelque soit le rythme que la musique impulse à ce silence là. Ce silence, là, porté. Résistant. Seuil d’une parole lue, d’un pays parcouru, d’une vie… De ces milliers de pages qui tendent vers le même vers : “Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière”. Nous voici acculés par le désir du mot à nous déterminer au-delà des tumultes. En compromis des autres. À revenir au plus juste, au plus fragile. À sa force.

Nils Peter Molvær – Khmer – ECM Selected Signs VI, 2013.

Rétrospective 2013 #8 : septembre

Les vagues

Peut-être sommes-nous contraints, pour bien vivre dans ce monde, d’opérer des reflux. Des retraits temporaires face à l’agitation. S´écarter de ce mouvement sans fin que la technique marque, trace et formalise, forçant l’identité. S’absenter quelques temps pour sentir d’autres choses. Pour prendre la mesure et se trouver un lieu.

Instapoem 2 #04

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On se retourne
pour prendre des nouvelles
à l’amplitude des pluies

Des voix persistent.

 

Instapoem 2 #12

I2012

Derrière vos tumultes
d’un mot
j’écouterai.

 B.o.i (bande originale de l’instapoème) : Begin the end – Placebo – 2013

Instapoems : Des photopoèmes avec les photographies de MrFreakz (aka Damien Giard) réalisées avec Instagram.

Rétrospective 2013 #7 : juillet-août

Elles #23 : Maëlys

23Maelys

Tes mots se sont dissous
à mon premier regard
et tu es presque mort

Tu n’aurais jamais dû
parier avec moi.

Dessin : Robin

 

La rancœur du sable

En être réduit à ça.

Qui a subtilisé
l’héritage des gabians ?

 

Mariage

Pour Danièle & Bernard

Ce matin

Une goutte a rafraichi
sans la trace du sel

Une brise a entrainé
les mousses sur le rebord

Un rayon s’est posé
sur la cachette des pierres

Et vos sourires ensemble
ont commencé le monde

Ce matin
là.

Rétrospective 2013 #6 : Juin

Credo (38) : Identification

C’est au chant du brin d’herbe
lorsque passe le vent

Et cela me suffit.

En partage

Ce matin,
te lisant un poème
je sens cette importance
qu’il y a de reprendre langue.

Sans toi je n’irais plus, je crois,
Sans frayeur dans les bois

Peuplés de tant de choses
Et surtout de silence,

Un silence royal
Qui parfois vous exclut.

Guillevic, Lyriques.

Longueur d’ondes

Entre nous deux
la virtuosité

D’une note.

Rétrospective 2013 #5 : Mai

Elles #16 : Arale

Arale

La sève ne monte plus
jusqu’aux rêves d’envol

Et même le printemps.

 

Illustration : Robin

 

Elles #17 : France

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Un jour, cette image
te rendra sa chaleur

Et
seule
tu t’y souviendra.

Illustration : Robin

Emergence

Pas trop de choses à dire

Étaler l’aventure
pour aimer te surprendre.

 

 

Rétrospective 2013 #4 : Avril

Étreinte

Tu mets ta tête
sur elle
tout doucement

Tu la prends
dans tes bras
tout doucement

Peut-être as-tu la chance
d’entendre le chant des pierres.

 

Credo (35) : L’indice d’espérance

Tu regardes le ciel

Tu ne sais pas encore
qu’il y a d’autres ciels
et d’autres ciels encore

Leurs noms adviendront-ils ?

Nous saurons patienter
d’un regard entre nous.

 

Hanafubuki*

Le pétale
ne se résigne pas

Retarde l’échéance
avec l’aide du vent
en signe de résistance

J’accompagne cette fin
qu’il voulait différente

Et je repense à toi.

* la chute de pétale de cerisier en japonais

 

Poème bonus : After eggs

À S & T.

Ta lumière
qui me dit

D’arrêter de courir
vers ce point dépassé

De trahir une enfance
pour cesser d’avoir peur

Et d’entrer en partage
d’une nouvelle saison

Ta lumière
qui me dit

Que nous sommes
heureux

Que la vie
commence juste.

B.o.p (Bande Originale du poème) : Jacques Higelin – Beau repaire

Rétrospective 2013 #3 : Mars

Geste

Tu disposes les vêtements
dans le panier à linge

Régissant cet espace
comme le meilleur des rois

Te sont-ils redevables ?

 

Engrange

Recueillir les chansons

Inventer des paroles

En prévision des jours
où les pas manqueront.

 

Heure d’été

Un peu de jazz
un café chaud

On range la maison
au rythme de tes cris
qui s’émerveillent du monde

Les mots se sont dissous
dans l’heure évaporée.

Rétrospective 2013 #2 : février

L’attente
Je prépare la table
pour le geste à venir

Il s’est manifesté
par recoupement des temps.

Elles #10 : Izia
Izia

Il me quitte.

Je ne sais toujours pas

Si je suis
qui je serai.

Illustration : Robin

Credo (13) : Charisme
Alors il y a l’amour. Et aussi la prudence, le courage, la justice. Et puis la tempérance. À côté, l’espérance, la foi en quelque chose qu’il faudra reconnaître au plus juste de nous. Enfin la charité.

Ces mots inépuisables qu’il nous faut confronter à notre propre vide. Et creuser de nos mains jusqu’à l’arrachement. Rejoindre et devenir cet homme parmi les hommes. Pour une prophétie, tendue vers la joie simple que je veux te transmettre. Celle de craindre la vie.

Il n’y a pas d’autre Dieu que celui entre nous.

Rétrospective 2013 #1 : janvier

Comme chaque année depuis 4 ans, le moment est venu d’une petite rétrospective personnelle. L’idée ? Faire remonter d’un à quatre poèmes pour chaque mois de l’année écoulée sur les dix prochains jours. Des textes qui subsistent au fil d’un temps qui rêve. De très belles fêtes à vous et à l’année prochaine ( où je fêterai dignement la première décennie de ce site) pour de nouveaux partages.

 

Attente
Besoin d’un autre mot
que tu pourrais m’offrir

Comme cette île aperçue
à la grâce du vent.

Du meilleur
Il faudrait
raconter une histoire

Ensuite la dépouiller

Pour ne garder

Que toi.

Conjoncture
Créer de l’espace vide

Que la neige recouvre
tout doucement le monde

Que tu entendes autour
comme les bruits ont changé

Que tu puisses estimer
la force des flocons
une fois réconciliés.