“Ça rime à quoi” – France Culture (19/02/2011)

Samedi 19 février 2011, sur France Culture, j’étais l’invité de Sophie Nauleau dans le cadre de son émission « Ça rime à quoi » pour un entretien chaleureux autour de mon recueil «Où nos ombres s’épousent ». Écoutez l’émission :

Le site de “Ça rime à quoi”.

“Où nos ombres s’épousent” sur France Info

Où nos ombres s’épousent de Stéphane Bataillon, (…) Une poésie remarquable et légère.” Les éditions Bruno Doucey, l’anthologie Terre de Femmes et notre recueil ont fait l’objet du “coup de cœur” de Pierre Vavasseur, écrivain et Grand Reporter au Parisien, dans la chronique culturelle animée par Olivier de Lagarde vendredi 7 janvier à 19h55 sur France Info.

Écoutez l’extrait de l’émission :

Où nos ombres s’épousent dans La Croix

Le quotidien “La Croix” consacre une belle critique au recueil “Où nos ombres s’épousent” dans son cahier Livres & Idées du jeudi 4 novembre 2010 :

Le « lyrisme des sources » de Stéphane Bataillon

Stéphane Bataillon publie un recueil magnifique et ambitieux où le
deuil et l’amour cheminent au milieu des mots

Où nos ombres s’épousent de Stéphane Bataillon
Éditions Bruno Doucey, 94 p., 10 €

S’il ne fallait lire qu’un recueil de poésie cet automne, ce pourrait bien être celui-ci… Certes, son auteur n’est ni un slameur branché, ni une grande figure de la poésie contemporaine, ni même un nouveau génie des mots. D’ailleurs, rien, chez Stéphane Bataillon, ne correspond à l’idée fantasque et un brin égocentrique qu’on peut se faire – parfois à juste titre – des poètes. Loin de tout tapage, ce jeune auteur de 35 ans, rédacteur en chef du site bayardKids (groupe Bayard), et collaborateur régulier du cahier « Livres et idées » de La Croix, signe avec ce petit livre très réussi son entrée en littérature dans la plus grande discrétion. Il faudra pourtant désormais compter avec cette voix singulière et ténue, qui n’est pas sans évoquer Guillevic, ou Claude Vigée. Même si le jeu des comparaisons est toujours risqué. Surtout en poésie.

À l’origine de cette œuvre, un deuil. Stéphane a perdu un être cher, à l’âge où l’idée de la mort semble habituellement lointaine, voire hors de propos. Épreuve relatée, dès les premiers vers, avec une sobriété bouleversante, une économie de mots qui semble être la marque de fabrique de ce jeune auteur : « Je n’ai pas la douleur/Je n’ai pas le besoin/et je n’ai pas l’exil//J’ai juste perdu/celle que j’aimais. » Dès lors, l’écriture s’impose à lui comme un chemin de guérison, la seule voie possible pour conjurer l’absence. Même dans les pires moments, le poète s’accroche à cet instinct de vie qu’il pressent en lui-même, sans parvenir à l’exprimer : « Bien sûr, l’asphyxie/Bien sûr, le pourquoi/crier sans voix au fond de l’ombre//Mais quelque chose/qui nous dit d’attendre//Que nous devrons nommer/Quelque chose de simple. » La simplicité : c’est sans doute la grande force de ce recueil qui se lit d’un seul trait, comme un journal intime, et qui fait mouche par l’universalité de son propos, son authenticité et sa modestie. Jamais le poète ne prend la pause, ne cherche à extorquer une larme facile.

En explorant ses profondeurs, attentif à la lumière qui, tôt ou tard, doit rejaillir, Stéphane Bataillon livre un témoignage exemplaire de combativité et d’optimisme : « Refuser en silence/tous ceux de votre camp/qui ne pensent qu’à venger// Raviver face à vous/les forges de l’enfance// Cette ancienne certitude/qu’il faut se relever. »

Au fil des pages, par la seule force de la poésie, la vie reprend peu à peu ses droits. On sent bientôt se dessiner « un jardin/où chaque pierre/aurait sa place// où le chaos/saurait se tenir », comme il le dit dans un stupéfiant raccourci.

Impeccablement servi par l’éditeur Bruno Doucey, naguère aux commandes des prestigieuses Éditions Seghers, le poète anime aussi un blog (1), sur lequel il vient de publier un manifeste pour un « lyrisme des sources », un lyrisme qui, dit-il, « ne refuserait aucune des expériences ni aucune des routes, sensibles ou spirituelles, mais qui privilégierait une certaine clarté. Pour former doucement une image nouvelle, lisible. Celle d’un monde qui se dirait tout bas, avec ces mots de tous les jours. »

L’intention résume assez bien la démarche de Stéphane Bataillon, qui n’a pas son pareil pour exprimer les joies simples et vraies de celui qui a su traverser son propre désert : « La plus belle conquête/est histoire d’instants// Un flagrant délit d’être. »

FRANÇOIS-XAVIER MAIGRE

(1) https://www.stephanebataillon.com

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“Le Monde des Livres” chronique Où nos ombres s’épousent

Monique Petillon a consacré une chronique au recueil Où nos ombres s’épousent dans l’édition du Monde des Livres datée du vendredi 15 octobre 2010 :

“ Lecteur de Guillevic, Stéphane Bataillon (né en 1975) a présenté une anthologie de Poésie de langue française, 144 poètes d’aujourd’hui autour du monde, (Seghers, 2008), avec Sylvestre Clancier et Bruno Doucey. Il inaugure aujourd’hui la collection ” Jeunes plumes” dans les éditions fondées récemment par ce dernier, avec son premier recueil, Où nos ombres s’épousent. Des poèmes lumineux, comme si un deuil, évoqué avec discrétion, rendait plus vif le “flagrant délit d’être”, l’attention aux vivants et aux paysages. “Mon grand père m’a transmis/un calme malicieux/celui de ce pays/qui fait partie de moi/sans autre prétention/celui que le vent mène/bien au-delà du temps/de l’exil et de l’ombre/Celui que me rappelle/ce frisson dans tes yeux/Comme si d’ordinaire”. Monique Petillon

Critique de l’anthologie Poésies de langue française sur Poezibao

Poezibao, le quotidien de la poésie, propose une critique de “Poésies de langue française 144 poètes d’aujourd’hui autour du monde” par Jacques Fournier.

“Il y avait quelques années (2002) qu’une anthologie ne s’était inscrite dans le large spectre de la poésie d’expression française[1]. Celle-ci, initiée par l’éditeur avec la collaboration de l’association La Nouvelle Pléiade[2] et le soutien de l’Organisation internationale pour la Francophonie (OIF) se place d’emblée comme un hommage à la célèbre et historique Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française de Senghor, sortie 60 ans plus tôt. Manière de filiation naturelle comme le rappelle Jean-René Bourrel (OIF) dans sa postface.
Mais cette anthologie n’est pas une anthologie de plus.
Certes, elle présente les 144 poètes retenus (d’aucuns diront qu’il en manque autant sinon plus, et que certain(e)s n’y ont pas leur place, mais quelle anthologie n’est pas incomplète et insatisfaisante ?) par ordre de naissance, de Henry Bauchau (1913) à Linda Maria Baros (1981), les classant en trois générations (les aînés, les libres fougères et l’avenir) placées sous l’égide d’une citation de Césaire, décédé alors que le projet prenait corps.
Certes, elle donne à lire de chaque poète, de quelque des quatre bras du fleuve francophone qu’il soit (la préface de Bruno Doucey est, sur ce sujet ô combien épineux, un bonheur d’intelligence), un texte, le plus souvent inédit, souvent court (la palme de la concision revient à la luxembourgeoise Anelise Koltz avec un texte de cinq courtes lignes : La caravane de mes mots / traverse la page / désert blanc / sans repères / sans points d’eau), permettant (mais n’est-ce pas le but premier de toute anthologie ?) au lecteur de se faire une idée au plus près de la réalité de la diversité de la création poétique contemporaine, et donc de se créer sa propre anthologie à partir de ce matériau premier.
Certes elle propose quelques pages de notices biobibliographiques toujours trop courtes, toujours trop incomplètes, mais nécessaires à la découverte de tel ou tel poète dont le nom nous était inconnu.
Mais cette anthologie va plus loin et c’est ce qui la rend remarquable parmi tant d’autres : chaque poète est surtout présent et sa présence est justifiée dans cette anthologie par le court texte en prose qu’il lui a été demandé pour exposer, dire, raconter, expliquer, son rapport à la langue française et/ou à la poésie. Et c’est bien dans ces 144 textes didactiques, lyriques, maladroits, drôles – trop rarement -, sympathiques, universitaires, poignants, anecdotiques, mais toujours généreux et sincères, que se trouve la grande originalité de cette entreprise (parce que toute anthologie est toujours une entreprise) qu’il faut soutenir sans plus attendre.”

Jacques Fournier

Poésies de langue française 144 poètes d’aujourd’hui autour du monde. Une anthologie présentée par Stéphane Bataillon, Sylvestre Clancier et Bruno Doucey, éd. Seghers, 2008, 480 p., 21 €, en librairie.
[1] (Re)voir et (re)lire les trois anthologies parues alors sous l’impulsion du Centre national de Documentation pédagogique chez trois éditeurs différents : Poèmes à dire, par Zéno Bianu, Gallimard ; Un certain Accent, par Bernard Noël, L’Atelier des Brisants, et Poèmes à dire la francophonie, par Nicole Bossard, Le Castor astral.
[2] Par ailleurs, organisatrice des Grands Prix de la Poésie Léopold Sedar Senghor, sylvtre@club-internet.fr.