Twittérature : Les lauréats 2011 du premier concours international de Twittérature #Citwi


N° 5 > L’HEBDOMADAIRE DE LA TWITTÉRATURE < 4/08/2011

NuMéRo SPéCiaL RéSuLTaTs Du #CiTWi 2011

Avec un léger retard, inférieur à 140 jours, nous avons l’honneur d’annoncer les résultats définitif du #Citwi, le premier Concours International de Twittérature, tenu du 1er au 28 février 2011 sur Twitter, et organisé sous l’égide de l’Institut de Twittérature Comparée. Trois Grands Prix, 2 Prix spécial du Jury et 30 catégories individuelles pour imposer la Twittérature à la face du monde, qui n’en peut mais. Merci à tous pour vos nombreuses participations et à l’année prochaine pour l’édition 2012 du Citwi, et de nouvelles surprises !

Pour l’Institut de Twittérature comparée : @pierrepaulpleau, @Centquarante et @sbataillon.

 

Gazouillis d’or 2011 décerné à @Moijeu
« Écrire des mots d’oiseau juste à la lisière du lendemain. En un flash de caractères elle s’espérait héroïne, hélas sans en être fixée. »

Gazouillis d’argent 20011 décerné à @Knight_Mer – Philament
« Il se savait suivi par la police, et s’en délectait : c’était une police de caractère. Et du caractère, il en avait à revendre : 140. »

Gazouillis de bronze 2011 décerné à @JodieFausTaire
« J’entends l’éclair sucré de ton regard et j’entrevois la gourmandise cachée dans la chaleur de tes mains. »

Prix spécial du Jury ex aequo
@Atramenta pour sa suite narrative interactive.
@Grainesdetoast pour l’émotion et la détresse des 28 jours de février.

Catégories individuelles :

Catégorie « Meilleur plagiat de Mallarmé ».
Lauréat : @D0lores
Le net est triste hélas ! Et j’ai lu tous les tweets.

Catégorie « Tweet s’étant illustré pour son humour déprimé. »
Lauréat : @msieuryann
Twitter : collection d’instants tanés.

Catégorie « Vision sans compromis de l’univers geek. »
Lauréate : @nathcouz
Dans nos réels d’existence numérique, nos mots en 140 caractères, nos corps fichés en .jpg et nos voix podcastées.

Catégorie « Pari désespéré de l’étreinte pure. »
Lauréate : @souffledame
De toi à moi c’est le pari Obstinément sublime Qui ne cesse d’étreindre.

Catégorie « Ouverture sur la mendicité numérique en musique. »
Lauréate :@neigeatokyo
C’était une mauvaise journée même le cramé n’avait pas fait 100 balles en plus de la musique les gens donnaient car ils avaient pitié.

Catégorie « Neige et perception des mystères. »
Lauréate :@Ceinwynn
Une épaisse ouate blanche recouvre tout. Les chimères de mon existence deviennent les spectres fantomatiques de celle des autres.

Catégorie « Hommage subliminal au tournis de la Valse à mille temps de Jacques Brel. »
Lauréat : @Knight_Mer
Plus rien n’était comme avant. Il faut dire qu’avant, plus rien ne fut comme après. Entre les deux, l’éternité. Une valse à un temps.

Catégorie « Métaphore cosmique et éloge de la relativité restreinte des étreintes. »
Lauréat :@Scriberi
La lumière et l’horizon sont en moi, je suis à la croisée de tous mes chemins. Le fil est ma ligne, la voie dans laquelle je suis.

Catégorie « Palimpseste numérique et mémoire des substrats (Grand prix spécial du Jury). »
Lauréat : @Atramenta
Noir sur gris. Par endroit, le vélin devenait illisible tant l’encre s’était imprégnée. Volonté dans l’écriture, corrosion du temps ?

Catégorie « Hommage à Becherelle, Borges et Blanche Neige confondus. »
Lauréat : @Elninodelacapea
Aux puces, un étrange miroir qui permet de voyager dans le temps quand on s’y regarde. Je l’ai acheté, je l’achèterai, je l’achète.

Catégorie « Techniques d’humour mixtes et tropes de l’impertinence. »
Lauréat : @HugoLemay
Bien qu’obèse et pas très rapide, il excellait. Bref, c’était un gros tas lent.

Catégorie « Grand nonchaloir des voluptés obliques et des assauts répétés contre l’irrémédiable. »
Lauréate : @CelluleT
Vos cheveux sont argiles | J’y ferais bien la sieste | Petite volupté | Rire immobile | Je défie la mort.

Catégorie « Faire corps avec son sujet et vice versa : faire du corps son sujet. »
Lauréat : @AntoineMaine
Pour faire court, il éjacula précocement.

Catégorie : « Médecines naturelles et/ou parodies homéopathiques. »
Lauréat : @machinaecrire
À petite dose, la twittérature rend intelligent.

Catégorie: « Thème de l’enfance inversée : le passé ne compte pas plus que l’avenir, bien au contraire. »
Lauréat : @maximlon
Hier j’ai vu des enfants dont le regard m’a fait basculer dans l’avenir.

Catégorie « Catégorie pastiche de la campagne écologiste : «  Sauvez votre béluga ». »
Lauréat : @nanopoesie
Sauvez des pixels: choisissez la twittérature !

Catégorie « Intime compréhension de la mécanique twittérienne s’arrimant aux thématiques de la littérature du XIXe. »
Lauréat : @robeno59
J’ai pour tweets quelques mots, pour retweets ceux des autres et pour abonnés des amis de l’âme.

Catégorie « Gag existentiel et évidence inéluctable. »
Lauréate : @salopette_14
Je Vis Ma Vie A Fond Car Un Jour Ce Ne Sera Plus PossiBle ;-)

Catégorie « Hommage à le Nez qui voque de Réjean Ducharme. »
Lauréat : @straberi
À force de se faire manger l’haleine sur le dos, on finit par empester le champ d’ail.

Catégorie « Les mots, les chiffres et le calendrier : au centre de Twitter, la circularité du chant. »
Lauréate : @Grainesdetoast
28 moins 14, 14. On y revient toujours : la fin nous ramène au centre des choses. Pas que les chiffres parlent, mais ils fixent tout.

Catégorie « Ponctuation acérée. »
Lauréate : @e_CLO
Aux deux points Avant la virgule Prête-moi ta plume

Catégorie « Premières poésies du premier amour. »
Lauréat : @3wjuan Lucky
Je la connaissais si peu sûre d’elle. Ses gestes étaient fragiles, hésitants. À chacune de ses poses je voyais la beauté, un fragment.

Catégorie « Homonymie et hommage à la musique électronique. »
Lauréat : @PsyckoBaton
La trance est une sorte de danse. Sans méfiance, je m’élance, vers ton corps si dense, et à tes caresses je pense. Je suis en transe.

Catégorie « Butons le clavier « qwerty ». »
Lauréate : @JodieFausTaire
Si j’ai du tempérament, je n’oublie pas que mon clavier a beaucoup de caractères => une femme azerty en vaut deux !

Catégorie « Premières poésies du premier amour. »
Lauréat : @Mimiryudo
Ace avait démasqué le corbeau en analysant les empreintes de l’enveloppe. Bien qu’il nia, le facteur fut arrêté.

Catégorie « Soubresauts d’enfance congelée. »
Lauréat : @Multimot
« Enfant, j’aimais m’allonger dans les forts de neige pour m’engourdir de silence. »

Catégorie « Matrice générative de l’amante et phonétique en expansion. »
Lauréate : @LaurenceFritsch
Menthe/Nymphe figée gelée/Menthe/Amante véhémente/Mante abandonnée/Des dieux/Tu te lamentes…

Catégorie « Pastiche formel du type « Léon a rasé César à Noël », mais raté ou hommage au verlan. »
Lauréat : @MicStD
dranoéL ed icniV écrivait à l’envers.

Catégorie « Potentiel d’évocation du futur et hommage à Nostradamus. »
Lauréat : @LirinaBloom
Nos fictions sont-elles dévorées par les évènements du siècle? Je vous entraîne dans un jeu et il nous mène au coeur des révolutions.

Catégorie « Respirations, chuchotement et murmures. »
Lauréat : @ericdubois
Hier déjà Un mot Un autre Chut! Nous passons La vie tout près Ce sera là-bas Un mot Un autre Qui rempliront l’espace

 

#NeXT

Twittology N°6 paraîtra en septembre 2011 dans une nouvelle formule

(et reprendra un rythme de publication à peu près régulier ;-)
Signalez-nous vos meilleurs tweets @sbataillon sur Twitter

Twittology. L’hebdomadaire de la twittérature. #5 – 4/08/2011
Éditeur : Stéphane Bataillon www.stephanebataillon.com, @sbataillon
Organe de presse indépendant, membre de l’Institut de Twittérature comparée (Bordeaux – Québec)

 

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Résultats du premier concours international de Twittérature (#Citwi)

Bonjour à tous,

Voici enfin les résultats du premier concours international de Twittérature, le #Citwi, qui a eu lieu durant tout le mois de février 2011 sur Twitter. Des centaines de Twittextes nous sont parvenus. En voici une large sélection de 194 (et non de 200, personne n’est parfait et c’est très bien ainsi). Dès la semaine prochaine, les membres éminents du jury, issus de l’ITC (Institut de Twittérature Comparée) @pierrepaulpleau , @sbataillon et @Centquarante éliront les trois lauréats de cette première édition 2011. Merci à tous pour vos participations qui font rayonner la Twittérature au-delà des limites des 140 signes et à l’année prochaine pour remettre ça !

Les 200 twittextes sélectionnés :

@souffledame
– Devant le rideau, long rideau pourpre aux drapés récités, le voyage se pliera.
– Le nectar de la phrase est l’acteur primordial pour flotter avec le récit.
– Clandestine et subtile Ne se réserve-elle pas A la vertu pure C’est la penser Toute visible. – OMBRE-
– De toi à moi c’est le pari Obstinément sublime Qui ne cesse d’étreindre.

@Moijeu
– Écrire des mots d’oiseau juste à la lisière du lendemain. En un flash de caractère elle s’espérait héroïne, hélas sans en être fixée

@msieuryann
– Twitter : collection d’instants tanés.

@Knight_Mer
– La parole n’est qu’un silence qui oublie de respirer entre chaque virgule.
– Les buissons ardents le disent : « Ceci n’est pas une guerre. Non, ceci est une paix intérieure. Faut pas s’y fier » Alors, pacifions.
– Une eau rencontra un feu, qui lui dit : « On ne naît pas flamme, on le devient ».Puis il lui déclara sa flamme, et l’eau brûla de désir
– Plus rien n’était comme avant. Il faut dire qu’avant, plus rien ne fut comme après. Entre les deux, l’éternité. Une valse à un temps.
– J’incite et j’invite les ombres à venir se perdre sur ta lumière; j’encourage les mots à suivre ta plume. Ou le contraire, à nuancer.
– Si je dois suivre une piste parmi les étoiles d’un ciel sans avenir, ce sera celle de ton sourire, si dense sur la piste aux étoiles
– Il se savait suivi par la police, et s’en délectait : c’était une police de caractère. Et du caractère, il en avait à revendre : 140.
– L’anarchitectonique est la non-science qui dérègle la dérive des incontinents. A ne pas confondre avec l’anarchitexture de l’univers
– Le lascar de la meilleure révolution est attribué à la planète, pour son éternelle propension à tourner en rond.
– Si Twitter s’agite à chaque révolution, c’est que la liberté naîtra sous le signe du Sagitwitter.

@nathcouz
– Dans nos réels d’existence numérique, nos mots en 140 caractères, nos corps fichés en .jpg et nos voix podcastées.

@neigeatokyo
– C’était une mauvaise journée même le cramé n’avait pas fait 100 balles en plus de la musique les gens donnaient car ils avaient pitié.

@Ceinwynn
– Une épaisse ouate blanche recouvre tout. Les chimères de mon existence deviennent les spectres fantomatiques de celle des autres.

@Scriberi
– Je tremble et mon cœur s’affole au-dedans. Je suis faible et fragile, et n’ai jamais été aussi en vie pourtant, autant.
– La lumière et l’horizon sont en moi, je suis à la croisée de tous mes chemins. Le fil est ma ligne, la voie en laquelle je suis.
– Je veux revenir à l’enfant, maintenant que j’ai quitté l’école.
– Je veux sentir chacune des lettres se faire sous ma main, une écriture régulière.
– L’éternité n’existe pas, je veux y revenir.

@Atramenta
– Noir sur gris. Par endroit, le vélin devenait illisible tant l’encre s’était imprégnée. Volonté dans l’écriture, corrosion du temps ?
– Ses doigts allaient si vite, qu’elle en perdait des lettres. Cette histoire de tweet la prenait de court… Il fallait arriver à 140 !
-Mais pourquoi cette limite ? Se demanda-t-elle dans la demi-obscurité de son écran. Haussant les épaules elle poursuivit un brin. Arf.
– « Mets le S de ce premier essai à fasse et tu auras 140 » dit le troll d’une voix sépulcrale, la hache levée mortellement sur elle.
– Il sabra dans le vif en tranchant une espace, lui claqua deux tirets sur le coin du clavier et frappa sur Entrée dans un dernier élan
– Honteuse et confuse de ce S oublié, elle se retira de la course. Ce n’était que pour reprendre de l’élan et revenir en pleine forme !
– « C’est pas un peu fini ? » tança un vieux sorcier en déboulant dans ce couloir encombré. »Peut-on twitter un brin sans être dérangé ? »
– « Atramenta ! » rugit le vieux cerbère tout en levant sa main : « vous entrez en zone littéraire, veuillez lisser plumes et encriers. »
– D’un revers de main, elle chassa les ombres et entra dans le livre qui fermait le corridor. Au cœur, elle récupéra la précieuse encre.
– Elle sema sur ses pas des gouttes colorées, puis saisit une plume qui ornait ses cheveux : le livre commençait une nouvelle histoire.

@Elninodelacapea
– Sur une pancarte anarchiste, dans le fatras d’une brocante : « Salvador Puig Antich innocent ! »
Trente-sept ans qu’il a péri garrotté.
– Au marché, sur un t-shirt, imprimé : « Allah, Dieu ou Yahvé, s’il existait, faudrait s’en débarrasser. » Le commerçant, lapidé.
– Aux puces, un portable qui ne diffuse que des parasites. Pour éliminer ces derniers, remplacez les premières.
– Au marché aux puces, une tête réduite façon Jivaros. Un ami qui, depuis six mois, ne répondait plus à mes textos.
– Au marché aux puces, un album de Serge Gainsbourg à 2.500 €. « Antiquité humaine », me dit le marchand, du bout de son tentacule.
– Aux puces, un étrange miroir qui permet de voyager dans le temps quand on s’y regarde. Je l’ai acheté, je l’achèterai, je l’achète.
– Aux puces, un exemplaire unique d’un cigare entamé par Churchill à Yalta. Goût affreux, surtout vers la fin.
– Aux puces, une caisse de vieilles poupées. Des bras, des jambes, des têtes. Un enfant les veut ; l’institut médico-légal les prend.

@HugoLemay
– Twittérature: un autre syndrome du déficit d’intention.
– Bien qu’obèse et pas très rapide, il excellait. Bref, c’était un gros tas lent.
– Son frère jumeau avait été propulsé avant lui dans l’existence. Le nourrisson ne savait pas à quel sein se vouer.
– Twittérature: romans-rus en mots troubles.
– Elle exécrait les mots complexes et superfétatoires. Surtout ceux tombés en obsolescence.
– « ▒▒▒▒▒▒▒▒▒▒▒▒ », zozota-t-elle à mots couverts tandis qu’il s’épilait les ongles.
– Mes sentiments sont profonds Mais tu es incertaine Opaque Je ne sais que penser Source d’interrogations Doute.

@CelluleT
– Vos joues sont rouges comme des pamplemousses | Une syllabe embrase mille réverbères.
– Vos cheveux sont argiles | J’y ferais bien la sieste | Petite volupté | Rire immobile | Je défie la mort.
– Quand le soleil se dépose à vos joues, c’est tout un hémisphère à cueillir entre mes mains.
– Quand je pense à toi je rêve grand je me perds et je me crée.
– Mes nuits sont courtes sur le divan carrelé de l’intempérance.
– L’absolu est une gouttelette d’eau à mi-chemin de sa course.
– Pardonne-moi mes parenthèses, le temps est grave dans mon duvet qui fume.
– Je crois qu’il faut construire nos têtes avec beaucoup de fleurs et quelques chiffres. »

@AntoineMaine
– Aujourd’hui est un temps de souvenir. Ses cheveux en longues mèches brunes qui caressaient mon torse quand elle était mon ciel.
– Dans ce délit d’amour où les corps ne se perdent plus Il faudra cette nuit dénouer les liens Et se couvrir de froid et puis de sombre.
– Soudain la paix se saisit de nous, là où tout était tourment ne reste plus que le vent qui disperse les mots que nous ne dirons plus.
– Aujourd’hui est un temps de souvenir. Ses cheveux en longues mèches brunes qui caressaient mon torse quand elle était mon ciel.
– Comme le sable et les galets emportés par les eaux quand la mer au loin se retire Ainsi va notre amour Balayé par les flots Érodé.
– Le ciel se voile de nuit. Sur le mur, arrogant, le merle bien avant moi sait déjà que la roue a tourné et aux nues siffle sa ronde.
– Pour faire court, il éjacula précocement.

@machinaecrire
– Ne jetez pas vos restes! Publiez-les dans Twitter !
– Combattez l’obésité textuelle: Lisez petit !
– Hum. Bof. Ah? Oh! Ha! Ha! Ho! Ho! Hi! Hi! Hi! Ouf !
– La Twittérature est comme la pêche à la ligne, on ne sait jamais ce qui peut apparaître au bout du fil.
– Sus au gaspillage de mots: Écrivez court !
– Inutile de couper le fil, y en aura pour tout le monde !
– Twittérature – La littérature des paresseux qui s’assument.
– Vous souffrez de déficit d’attention? La twittérature est pour vous !
– La télé grossit? La twittérature amincit !
– Vous êtes homme de peu de mots? Devenez twittérateur !

@maximlon
– La routine est le rituel des abrutis.
– « Quand on est mort, est-ce que c’est pour toute la vie ? » (LFA, 4 ans et 3/4).
– Quiconque reprend conscience Pose le pied dans ses rêves.
– Un soupir concret. Dédié aux mots du monde.
– Ni le gazouillis, ni le jaspinage, ni même le pépiement ne tuent la twittérature. Mais bien plutôt le silence de ceux qui se taisent.
– Je t’avais juste demandé de me prêter ton chewing-gum. Alors pourquoi ce sacrifice suprême?
Pourquoi t’es-tu décrochée la langue?
– On cherche quoi là? Un repère pour nos gueules? Un abri pour nos ragots? Une planque pour nos langues ?
– Le poète qui se prend pour le Prince des nuées ne publie pas ici (#citwi) en temps réel, mais ailleurs dans 5 ans.
– Un parasol sous le parapluie d’un parachutiste, c’est presqu’aussi beau qu’une machine à coudre sur une table de dissection.
– Hier j’ai vu des enfants dont le regard m’a fait basculer dans l’avenir.

@nanopoesie
– Sauvez des pixels: choisissez la twittérature!
– Tendance mode: En février, la poésie se porte courte.
– Écrire dans l’urgence à 140 caractères à l’heure.
– Twittérature – Simplicité volontaire.
– Twittérature – Littérature impatiente pour gens pressés.
– Suivez nos fils électriques!
– Miniatures, texticules, clips, bribes, fragments, aphorismes, nanopoèmes: protéiforme twittérature.
– Faites prendre l’air à vos vers solitaires!
– Twittérature – Littérature de caractère. De peu de caractères.
– Twittérature – La littérature portative qui fait voyager.

@robeno59
– Ma peau avait besoin de ces doigts-là,mon esprit de toi. Ma peau est réchauffée. Un jour, je te trouverai et nous nous sublimerons.
– Recherche bergerie sans moutons ni dindes pour mes autres animaux et moi afin de changer mon regard sur le monde. Solitude sérieuse.
– Je suis trouble, le tueur à gage de mes propres émotions. J’extirpe les vôtres aussi et les donne en lecture sans aucune pudeur.
– Un soulagement dans le corps, le mental supporte mieux la solitude. Mais ce bonheur éphémère n’est qu’une lettre sans destinataire.
– J’ai touché son corps, nos langues se sont mêlées. Nous n’avons pas échangé nos prénoms dans la pénombre. Dimanche fut sexuel.
– Il me faut reconnaître l’autorité du silence se nourrissant de vos paroles pour accéder à la paix intérieure. Solitude méditée.
– Avec qui conjuguer ma solitude aujourd’hui? Devrais-je la mendier ou aller la chercher au plus profond de vous ?
– Comment deviner la détresse de chacun, ses ressources et ses faiblesses? Comment se faire présence et se tenir à l’écoute ?
– Se taire comporte des risques: le silence, la solitude…. Écrivez au #citwi (écrit non surtaxé).
– J’ai pour tweets quelques mots, pour retweets ceux des autres et pour abonnés des amis de l’âme.

@salopette_14
– Je Vis Ma Vie A Fond Car Un Jour Ce Ne Sera Plus PossiBle ;-).

@straberi
– À force de se faire manger l’haleine sur le dos, on finit par empester le champ d’ail.
– Je fornique frénétiquement avec le français. Fou de fabriquer fables et fourberies, je m’enferme et fuis pour fantasmer… J’écris.
– Un auteur sait ponctuer quand, dans son discours, même les faux amis sonnent vrais.

@Grainesdetoast
– Mon amour, ça fait 140 fois que je te le répète. Dommage que tu n’aies pas saisi. J’ai épuisé tous mes caractères, tous mes espaces.
– Comment te l’écrire autrement, quand tous les espaces sont compris ? Il n’y a pas 140 manières de dire je t’aime. On se rend au bout.
– Après 140 gentillesses, tu en as eu assez. Après 140 méchancetés, je devrais en avoir eu assez, mais 140, c’est bien peu de choses.
– C’est grand, l’amour. Tu pensais me perdre parmi tes brumes. Or, je suis une enfant qui n’a pas peur de la mort. Je ne te crois plus.
– C’est simple, l’amour. Tous les oiseaux savent le faire. Se croiser s’il fait bleu. Danser loin du sol. Fondre dans une goutte d’eau.
– Quelques chinoiseries. Un miroir magique, des feuilles de thé. Je ne m’attends ni à un luxe de jade, ni au juste retour des choses…
– Tu es là depuis une heure. Enlève ton manteau. Le hockey marque un but sur moi. À la fin du match, tu repars aussitôt. Dans la neige.
– Petit monstre de prières, écoute chanter ce credo que l’amour nous confie. Tes bras me sont presque doux. Toi, fou. Misère, je t’aime.
– Si tous les mois pouvaient ne compter que 28 jours, on souffrirait moins… Qui aura suffisamment de caractère pour changer tout ça ?
– La fin du mois le plus court a-t-elle une incidence sur l’amour ? Bien sûr que oui ! Elle nous ramène au cœur de nos petits espoirs.

@e_CLO
– Alunissage Alussinage Sillage Halluciné.
– Conteurs conteuses diseurs et raconteuses Le renouveau des troubadours Et des voyages au fil des mots.
– Aux deux points Avant la virgule Prête-moi ta plume.
– Les pieds joints Vers le point virgule À la pleine lune.
– Sur le point Après la virgule Au clair de lune.
– Au rond point Près de la virgule En demie lune.
– Petit a petit tas petit b béat ba.
– Conteurs conteuses diseurs et raconteuses Le renouveau des troubadours Et des voyages au fil des mots.

@3wjuan
– C’que je vous écris c’est à crédit. 140 signes qu’ils m’ont donnés. Ce n’est pas assez! Assez? Mais ils sont sans intérêts!
– À elle les silences, les pauses L’absence en toute chose Les regrets jetés au vent Les jours heureux À elle la grâce et l’instant.
– Je la connaissais si peu sûre d’elle. Ses gestes étaient fragiles, hésitants. À chacune de ses poses je voyais la beauté, un fragment.

@PsyckoBaton
– Je discute avec quelqu’un et j’apprends. À mon insu deux synapses qui ne se connaissaient pas se relient et échangent.
– J’ai épuisé mon été. L’hiver, froid comme la mort, persiste. Redouble d’ardeur. Le vent glacial m’étouffe. Quel bonheur, cette saison.
– Je donnerais ma vie pour que tu m’aimes une petite minute. Une minute me suffirait à condition que tu me laisses goûter tes lèvres.
– Nos corps et daigner se regarder dans les yeux. Nos mots et feindre un entretien. Faire volte-face, pour aller au bout de la chair.
– Chantent et dansent les couleurs en remontant ma gorge. Je veux être belle. Comme les mannequins de ces revues fragiles et déchirées.
– D’apparence précieuse et d’une valeur inestimable, la vie joue un jeu très sournois. La vie. La plus habile et avare des meurtrières.
– La trance est une sorte de danse. Sans méfiance, je m’élance, vers ton corps si dense, et à tes caresses je pense. Je suis en transe.

@JodieFausTaire
– Si j’ai du tempérament, je n’oublie pas que mon clavier a beaucoup de caractères => une femme azerty en vaut deux !
– Lorsque tu pars Si loin… Je caresse tes mots Déposés par hasard Même si le papier N’a pas le même grain…
-Les mésanges et les pinsons twittent à la fenêtre : je leur ouvre un compte.
– À picorer des gazouillis, nos yeux sont floutés d’encre rémanente. On pianote à tout va : clavier frappé, tweet aux abois…
– Philosopher à la folie, faire sécher les mots sur un fil, s’offrir un pot, filer au lit et phosphorer sur son profil.
– Le temps se fout de tout. La preuve : il ne fait que passer.
– À titre indicatif, le présent n’est jamais qu’un futur qui a bien voulu passer.
– De ces mots sous le vent, chuchotés peu à peu, il me reste un peu d’ombre et l’éclat scintillant d’un vol de libellule…
– Qui soulève des mots vire et vole avec eux et soupire à l’oreille de celui qui lira…
– Un tweet à l’endroit, un tweet à l’envers, Un fil en avant, un fil en arrière, La toile danse et je m’y perds…

@Mimiryudo
– 2 jours après les avoir mit sur la piste de « l’homme aux lunettes noires », le FBI ferma pour « meurtre collectif ».
– Il était sûr d’avoir oublié quelque chose chez lui. Il s’en souvint en n’arrivant pas au boulot : c’était lui-même.
– Suite aux révoltes voisines, il visait un reclassement. Las, il n’avait créé aucune passerelle dictateur―commerçant.
– L’ex a main mise sur le cap gris-nez où les BTS examinent le brevet de construction tandis que le con court.
– Ace avait démasqué le corbeau en analysant les empreintes de l’enveloppe. Bien qu’il nia, le facteur fut arrêté.

@Multimot
– On aura beau ricaner, il faudra toujours croquer dans les détritus acidulés de notre arbre généalogique.
– Ravalez vos intempéries mélancoliques. Je ne culbuterai pas sur le trépas du double o des iglous qui s’en sont dégreyés subtilement.
– Je me sauve-qui-peut des éraflures qui empourprent l’aplomb de la sédentarité.
– Ne me poussez pas dans les ecchymoses; j’ai mal au zeste de l’éponge !
– Le rhume se tortille lascivement sous le chapiteau de mes tempes.
– L’acouphène babille dans l’ourlet de l’oreille décousu avec les ciseaux de l’obsolescence.
– Enfant, j’aimais m’allonger dans les forts de neige pour m’engourdir de silence.
– La torpeur du verglas et la naïveté du sol s’abandonnent dans les fibres râpées des gants morts dans les sentiers boueux.
– Génies en herbe, veuillez répondre à cette question: combien de cheveux blancs vous faut-il épargner chaque mois pour la retraite?
– Je mendiais sous la houppe du sommeil des écheveaux de lassitude collés à l’imaginaire.Un gémissement mourut éparpillé dans le fracas.

@LaurenceFritsch
– Menthe > Nymphe figée gelée/Menthe/Amante véhémente/Mante abandonnée/Des dieux/Tu te lamentes…
– Malachite > Visage incarnat/Regard malachite/Larme purpura/Homme te quitte/Gravit l’Anapurna/Gît stalagmite.

@MicStD
– La main givrée de l’hiver rédige sur la fenêtre son message secret.
– La twittérature, c’est la brièveté jetée à l’éphémère.
– Sculpter l’éphémère, faire éclore les mondes enfouis dans les blocs d’hiver.
– Cas de dopage dans le monde du Scrabble. Avant les compétitions, certains joueurs s’empiffreraient illégalement d’Alpha-Bits.
– Regarder par la fenêtre. N’y voir que son fantôme.
– Toi, ma mie, tu fais toujours les choses à moitié.
– Pourquoi le hasard me pousse-t-il dans des coins si denses ?
– Conseil du soir : Dormir en cuillère peut éviter de se réveiller à couteaux tirés.
dranoéL ed icniV écrivait à l’envers.

@LirinaBloom
– En vérité, je vous le dis, je rêve du livre et non pas de ces lettres de lumières qui s’évanouiront à la première coupure de courant.
– Crime parfait. Tu anesthésies au chloroforme. Tu prends la plume, tu piques au coeur. C’est propre et net, sans bavure. Aucune trace.
– Nos fictions sont-elles dévorées par les évènements du siècle? Je vous entraîne dans un jeu et il nous mène au coeur des révolutions.

@ericdubois
– L’horizon découpé par le tronçon d’autoroute Le regard est fatigué d’espérer Attendre On passe sa vie à rester.
– Dans le trop Le sel des mots Lapsus Il y a ce vide Le complot du temps Et quelques heures sèches De nos erreurs.
– Hier déjà Un mot Un autre Chut! Nous passons La vie tout près Ce sera là-bas Un mot Un autre Qui rempliront l’espace.
– Nous sommes du souffle Perdus dans la nuit Entre les battements d’un cœur incertain Dans la profondeur du temps.

@D0lores
– Le net est triste hélas ! Et j’ai lu tous les tweets.
– Hector mit un premier réveil à 11h55, un deuxième à 11h58, pour rien au monde il ne voulait manquer d’être l’ultime #citwi.

Twittology #4 : Numéro spécial « Mois de la Twittérature »

Téléchargez et lire le numéro en PDF


N° 4 > L’HEBDOMADAIRE DE LA TWITTÉRATURE < 7/02/2011

#L’éDiTo

Le petit monde de la twittérature est en ébullition ! En témoigne ce riche numéro à l’occasion du mois de la Twittérature, initié par l’Institut de Twittérature comparée : Hommage sarcastique au réseau, lancement du premier concours international du Twittexte, focus sur un twittérateur émérite et un petit détour dans les allées du Twitterart. Un menu #alléchant (pas moins de 17 twittérateurs présents), dans une maquette toujours volontairement dépouillée, afin que vous puissiez lire ce quatrième numéro de Twittology discrètement au bureau. À bas le productivisme ! Suivez le compte @moisdutxittexte pour être tenu au courant de tous les évènements de ce mois décisif pour la Twittérature. Bonne lecture !

Stéphane Bataillon (@sbataillon)

#La SéLeCTioN HeBDoMaDaiRe

@machinaecrire> Tout n’est qu’une question d’échelle: Pour les microbes, cette phrase est un roman-fleuve.

@szabadnap > Au moment où je quittais la banque avec mon butin, je sus que l’argent n’avait plus de valeur. Je pris une passante et nous nous mariâmes.

> Je vous préviens, je ferme mon ordinateur. Vous allez tous disparaitre. Maintenant.

@francis_frog > le train bleu où tout le monde préférait les oranges.

@Jazzlam > cherche femme de ménage pour jeter des mots usés

@AuDiableVauvert > Je viens de passer à deux doigts de déclencher une guerre personnelle contre la Chine (que j’aurais certainement perdue)

@fanfiole >(Alice, dubitative) Le rêve a embué les deux côtés du miroir, qui suis-je ?

@hugolemay Bien qu’obèse et pas très rapide, il excellait. Bref, c’était un gros tas lent.

@Centquarante > Un jour, alors qu’il se promenait dans la ville, il trouva l’amour. En homme prudent, il attendit un an et un jour avant de se l’approprier.

# SPéCiaL MoiS De La TWiTTéRaTuRe

@grainesdetoast >T’inquiète ! Je ne t’aimerai pas moins parce que février fait quatorze plus quatorze seulement. Mon amour a plus de caractère que ça.

@LANDEYves: On devrait faire de la poésie sur Twitter/ Afin que l’oiseau se nourrisse ainsi de vers.

@nanopoesie > Têtes réduites? Textes réduits!

> Oui, la nanopoésie est lisible à l’œil nu!

@machinaecrire > C’est la crise? Pas de panique! L’économie de mots se porte bien!

>Explorez l’espace infini, 140 caractères à la fois!

@Inzecity > Donc Alors P’tain ! C’est chaud compliqué de faire un brouillon sur Twiteur Twitter !

@sbataillon > Manuel intégral de Twittérature (2ème édition augmentée) : Écrire bref

#FoCuS SuR Le TWiTTeRaRT

Petit détour au fil des Tweet vers le Twitterart. Une utilisation plastique du réseau de micro-blogging. Ainsi, tout comme la poésure et la peintrie, la twittératrie et l’Arture forment les deux branches indissociables d’une nouvelle esthétique 2.0. Mais regardons plutôt…

@terminalose

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@EYE_DREAM

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@Om_Sun

下 广卞廿十\/卉与本二上旦上二本与卉\/十廿卞广下广卞廿十\/卉与本二上旦上二本与卉\/十廿卞广下广卞廿十\/卉与本二上旦上二本与卉\/十廿卞广下下广卞廿十\/卉与本二上旦上二本与卉\/十廿卞广下广卞廿十\/卉与本二上旦上二本与卉\/十廿

@McRasclart

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#FoLLow eVeRYDaY

Cette semaine, focus sur les tweets très inventifs de @LANDEyves , jouant entre poésie lettriste et débrouille typographique. Allez également lui rendre visite sur son blog : http://anguille.over-blog.com/

> ͟͞ ͟͞ ͟͞ ͟͟͞ ͞ ͟͞ ͟͞ ͟͞ ͟͞ ͟͟͞ ͞ ͟͞ ͟͞ ͟͞ ͟͞ ͟͟͞ ͞ ͟͞ ͟͞ ͟͞ ͟͞ ͟͟͞ ͞ ͟͞ ͟͞ ͟͞ ͟͞ ͟͟͞ ͞ ͟͞ ͟͞ ͟͞ ͟͞ (à vous de lire entre les lignes…)

> Bravo à @ et @ qui viennent de rejoindre ce jour les Alcooliques Anonymes.

> Pour lire ce tweet, grattez ici : ▒▒▒▒▒▒▒▒▒▒▒▒▒▒▒▒

> Je suis résolument pour que Twitter instaure le report des caractères non consommés.

>      Désolé         de        prendre        mes         aises        mais        je         suis

un         peu        claustro.

#PReMieR CoNCouRS iNTeRNaTioNaL Du TwiTTeXTe

Dans sa légitime toute puissance restreinte à 140 caractères, l’ITC, l’Institut de Twittérature comparée ( BordeauxQuébec ) a, par la voix de ses deux Présidents @centquarante et @pierrepaulpleau, officiellement décrété le mois de février « Mois de la Twittérature ». Le plus petit mois fête l’énergie de la nanolittérature : 28 jrs÷2=14X10=140. Avec de nombreuses manifestations prévues, à suivre @moisdutwittexte.

À cette occasion, et en collaboration avec Twittology, l’organe quasi-officiel de la Twittérature francophone, nous vous annonçons le lancement du premier concours international de twittextes !

Comment participer ?

C’est tout simple.

1/ À partir de votre compte Twitter, publiez votre (ou vos) meilleurs twittextes en ajoutant le hashtag #Citwi (pour Concours International de Twittextes) et, s’il vous reste de la place, en mentionnant @moisdutwittexte.

2/ Vous avez du 2 au 28 février 2011, à minuit pile, pour participer.

3/ Surtout, soyez sélectif et n’envoyez que vos meilleurs gazouillis !

Résultat du concours :

Un jury, composé de membres émérites de la sphère Twittéraire internationale, se réunira pour sélectionner les 140 meilleurs twittextes publiés durant le mois. Les Twittextes sélectionnés seront publiés sur les sites de l’Institut de Twittérature comparée ( BordeauxQuébec ) et dans un numéro exceptionnel de Twittology, disponible pour l’occasion, et pour la première fois, sous forme d’e-book, avec de nombreuses surprises. Une récompense symbolique, qui a surtout pour but de créer des liens et de faire émerger une scène Twittéraire de qualité pour que les gazouillis soient entendus.

N.B 1 : Tous les genres littéraires sont acceptés : aphorismes, haïkus, poèmes, micronouvelles et autres formes nanofictionnaires. Seule contrainte : écrire des twittextes autonomes de 140 caractères maximum.

N.B 2 : Tout envoi de Twittexte dans le cadre du concours inclus l’autorisation implicite de publication dans le numéro spécial de Twitology qui propulsera ses participants au panthéon Twittéraire pour des siècles glorieux.

Écrivez, participez, faites participez vos amis… Le premier concours international de Twittextes marquera de ces 140 caractères en pierre blanche l’Histoire de la Twittérature !

@sbataillon, @pierrepaulpleau, @centquarante.

#NeXT

Twittology N°5 paraîtra le 14 février 2011
Signalez-nous vos meilleurs tweets
@sbataillon sur Twitter

Twittology. L’hebdomadaire de la twittérature. #4 – 7/02/2011
Éditeur : Stéphane Bataillon www.stephanebataillon.com, @sbataillon
Organe de presse indépendant, membre de l’Institut de Twittérature comparée (Bordeaux – Québec)

Mois de la Twittérature : lancement du premier concours international de Twittextes

Amis Twittérateurs, bonjour !

Dans sa légitime toute puissance restreinte à 140 caractères, l’ITC, l’Institut de Twittérature comparée ( Bordeaux – Québec ) a, par la voix de ses deux Présidents @centquarante et @pierrepaulpleau, officiellement décrété le mois de février « Mois de la Twittérature ». Le plus petit mois fête l’énergie de la nanolittérature : 28 jrs÷2=14X10=140. Avec de nombreuses manifestations prévues, à suivre @moisdutwittexte.

À cette occasion, et en collaboration avec Twittology, l’organe quasi-officiel de la Twittérature francophone, nous vous annonçons le lancement du premier concours international de twittextes !

Comment participer ?

C’est tout simple.

1/ À partir de votre compte Twitter, publiez votre (ou vos) meilleurs twittextes en ajoutant le hashtag #Citwi (pour Concours International de Twittextes) et, s’il vous reste de la place, en mentionnant @moisdutwittexte.

2/ Vous avez du 2 au 28 février 2011, à minuit pile, pour participer.

3/ Surtout, soyez sélectif et n’envoyez que vos meilleurs gazouillis !

Résultat du concours :

Un jury, composé de membres émérites de la sphère Twittéraire internationale, se réunira pour sélectionner les 140 meilleurs twittextes publiés durant le mois. Les Twittextes sélectionnés seront publiés sur les sites de l’Institut de Twittérature comparée ( Bordeaux – Québec ) et dans un numéro exceptionnel de Twittology, disponible pour l’occasion, et pour la première fois, sous forme d’e-book, avec de nombreuses surprises. Une récompense symbolique, qui a surtout pour but de créer des liens et de faire émerger une scène Twittéraire de qualité pour que les gazouillis soient entendus.

N.B 1 : Tous les genres littéraires sont acceptés : aphorismes, haïkus, poèmes, micronouvelles et autres formes nanofictionnaires. Seule contrainte : écrire des twittextes autonomes de 140 caractères maximum.

N.B 2 : Tout envoi de Twittexte dans le cadre du concours inclus l’autorisation implicite de publication dans le numéro spécial de Twitology qui propulsera ses participants au panthéon Twittéraire pour des siècles glorieux.

Écrivez, participez, faites participez vos amis… Le premier concours international de Twittextes marquera de ces 140 caractères en pierre blanche l’Histoire de la Twittérature !

@sbataillon, @pierrepaulpleau, @centquarante.

> Le compte Twitter officiel du mois de la Twittérature : @moisdutwittexte
> Les sites de l’Institut de Twittérature comparée : Bordeaux – Québec
> Et pour tous ceux qui ne connaissent pas (encore) la Twittérature, une petite introduction : Twittérature, un état des lieux (également publié sur Owni.fr)

Twittology #3 : les 10 tweets de twittérature de la semaine postés sur Twitter (31-01-2007)

L’édito en 140 car : Bienvenue. Des habitués et plein de nouveaux dans cette 3e sélection de 10 tweets de twittérature : Enjoy ! @sbataillon

@machinaecrire > On servit l’entrée. Deux raviolis perdus dans une grande assiette. Ils se regardèrent. Quelle terrifiante métaphore de leur vie de couple !

@jeandeserh > La somme de toutes les prières est un poème considérable.

@szabadnap > En dehors des Nous, il y a vous. Et cela me tue.

@pierrepaulpleau > Les vitres vinrent à manquer. Alors tu eus cette idée folle de les remplacer par de la gélatine décolorée. Ainsi tu nourrissais les regards.

@FibreTigre > Je suis la somme de toutes les femmes que j’ai connues.

@Centquarante > C’est un chasseur sachant chasser sans son chien. Il ne s’en vante guère, sachant qu’en plus de son défaut d’élocution, il n’a pas de chien.

@LANDEyves > Je lance une pétition pour qu’enfin Twitter ne se limite plus à des messages de 140 caractères. Si vous souhaitez en être, je vous invite à

@fanfiole > Aspirer l’R du mot révolution, passer du cercle à la spirale, respirer et se laisser glisser aux deux pentes du circonflexe.

@Midnighttwister > Je me souviens qu’à partir d’un certain âge il faudrait peut-être noter toutes les dernières fois que l’on a fait quelque chose.

@idiot_duvillage >Twitter c’est plein de révolutionnaires qui procrastinent, me dit l’Ambassadeur à la machine à café.

+ Over the world

@veryshortstory > The Sun feels warms on my face viewing from the observation deck. I foresee no problems – last log from Solaris, 1st expedition to the Sun.

@nanoed > Nothing like a full weekend off to give you the time you need to continue not writing.

>> Twittology #4 paraîtra le 7 février 2011
>> Les anciens numéros, c’est par ici
>> Et toujours l’état des lieux de la Twittérature
>> Signalez-nous vos meilleurs tweets @sbataillon sur Twitter

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Twittology #2 (25/01/2011) : l’anthologie de Twittérature

L’ÉDITO // Après une première tentative, seconde livraison de notre anthologie des petites perles littéraires glanées sur Twitter. Une sélection placée sous le signe de l’humour de rire, toujours en 140 caractères maximum. Pour tous ceux qui découvrent la Twittérature et qui voudraient en savoir plus, nous vous proposons de relire notre article  Twittérature, la littérature sur Twitter : un état des lieux publié sur le site et sur Owni. À la semaine prochaine* !   @sbataillon

@LANDEYves > Je suis comme tout le monde, je ne ramène pas ma fraise quand je vais chez le dentiste.

@Centquarante > Il mesurait tout « à l’aune de ». Elle lui dit que l’aune équivalait aux deux tiers d’une toise, soit quatre pieds. Il en perdit toute mesure.

@DocteurDuchmoll > Les jolies femmes qui n’aiment pas leur corps peuvent me le confier en leur absence.

@fanfiole > Quelque chose a troublé le bruissement du silence.

@voilavoila > Au loin la nuit, qui doucement s’est immolée.

@machinaecrire > Le bureaucrate écrivait à sa fiancée des billets doux en 2 copies. Il précisait: « Conservez la copie jaune pour vos dossiers ».

@Saint_GlinGlin >Épigramme – Pour y répondre pourrir et pondre.

Avis aux Twittérateurs…
Vous écrivez de la Twittérature ? Envoyez nous votre meilleur tweet littéraire (un « littweet » ?) en mention ou en DM sur Twitter, en commentaire de cet article ou encore par mail (en mentionnant bien votre nom d’utilisateur Twitter) afin d’être -peut-être- sélectionné dans la prochaine Twittology.

* Nous adoptons finalement un rythme hebdomadaire, correspondant mieux au rythme de publication intensif des tweets… jusqu’à la prochaine fois.

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OWNI.fr publie l’état des lieux de la twittérature

Le site OWNI.fr, nous a contacté pour reproduire notre état des lieux de la twittérature. Du coup, en plus d’en être un fervent lecteur, nous devenons contributeur de cet excellent site dédié, comme son slogan l’indique, au traitement de la société, des pouvoirs et des cultures numériques. Un site passionnant, que je vous invite à parcourir très régulièrement.

L’article sur OWNI : Twittérature: court et bon à la fois

Mise à jour : l’article est cité dans la très pertinente (forcément) revue de presse de Télérama.fr : la midi-pile.

Twittology #1 (17/01/2011) : l’anthologie quinzomadaire de la twittérature

La création littéraire en moins de 140 caractères ? Oui, ça existe ! Bienvenue dans cette première Twittology, l’anthologie de la twittérature qui vous présentera, tous les quinze jours, une sélection de micro-fictions, aphorismes et nanopoésies glanées sur le réseau de microblogging Twitter.  Une initiative prise suite aux nombreuses réactions à propos de notre état des lieux de la Twittérature et à notre adhésion officielle à l’Institut de Twittérature comparée Bordeaux-Québec (ô joie). Bonne lecture. @sbataillon.

@fanfiole > Les échafaudages, c’est pour dégriser la cathédrale imbue.

@szabadnap > Mon identité a soudain disparu dans une ruelle mal fréquentée, d’un coup de voyelle éclatante. La dernière couleur, le rouge matière au sol.

@machinaecrire > Devenu accro de Twitter, il publiait presque mille messages par jour. Les derniers « followers » à l’abandonner furent son psy, puis sa femme.

@nanopoesie > Si vous n’acceptez pas les conditions d’utilisation, veuillez fermer les yeux.

@AuDiableVauvert > L’horloge biologique tourne, à mon âge il est temps de songer à tuer un sanglier à mains nues.

@pierrepaulpleau > Il arrive un moment dans l’hiver où on a la conviction qu’on va s’en sortir. Et cela coïncide avec le jour où reviennent les rêves de pluie.

@centquarante > Hermesa était opposée à toute cette agitation mercantile. Aussi, deux fois par an, en janvier et juillet, elle prenait un congé sans soldes.

@_nils_ > Conspirer, c’est respirer ensemble.

À lire aussi :

– Twittérature, la littérature sur Twitter : un état des lieux

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Le site « Regards sur le numérique » relaie l’état des lieux de la Twittérature

Le site Regards sur le Numérique, dans sa rubrique « Vu sur le Web » du lundi 10 janvier 2010 relaie notre article sur la twittérature :

« Peut-on écrire des romans à coups de messages de 140 signes ? Stéphane Bataillon publie sur son blog un état des lieux des expériences de publication de littérature menées sur Twitter, expériences qu’il rapproche du projet de l’Oulipo — pour Ouvroir de la littérature potentielle, courant littéraire hérité de Raymond Queneau qui mettait au coeur de sa démarche l’écriture sous contraintes. « 

Twittérature, la littérature sur Twitter : un état des lieux

L’heure est grave, l’heure est belle. Depuis quelques mois, à l’ombre de la crise, se développe un mouvement littéraire nouveau : la twittérature (avec un accent dans la sphère francophone). Un courant hérité de l’Oulipo fondé par François Le Lionnais et prenant appui sur le service de microbloggin Twitter. Avec des dizaines de « twittérateurs » dans le monde francophone et la fondation d’une association visant à les réunir, l’Institut de Twittérature comparée (ITC), la twittérature pourrait bien changer la face du monde. Rien que ça. Un état des lieux s’imposait donc, histoire de ne pas passer 2011 dans l’ignorance crasse de l’évolution géopoétique de notre planète.

Au commencement il y eut un tweet

Tout commence en mars 2006 lorsque Jack Dorsey, cofondateur de Twitter, publie le premier tweet de l’histoire sur sa nouvelle application : «  just setting up my twttr ». Cinq mots qui en annoncent des milliards d’autres. Le service de microbloggin servira désormais à tout internaute désireux de partager ses informations et ses états d’âme avec ses « abonnés » (ou followers) ou d’en recevoir des personnes qu’il suit. Seule contrainte, faire tenir son message en 140 caractères maximum, espaces et liens compris.

Twittérature, une littérature minuscule

Mais que vient faire la littérature là-dedans ? Et bien elle s’immisce, elle s’infiltre et occupe l’espace, fût-il minuscule. Rapidement, certains utilisateurs commencent à transmettre sur Twitter des proverbes, des aphorismes, de courts poèmes rappelant les haïkus japonais et de minuscules histoires, les nanofictions, ou micronouvelles, s’inspirant des modèles de Félix Fénéon et de ses Nouvelles en trois lignes publiés dans le journal Le Matin au début du XXème siècle, de la « Very Short Story » attribuée à Hemingway ou du fameux « Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là. » de l’écrivain Guatémaltèque Augusto Monterroso (dont je vous recommande vivement l’œuvre, publiée en France par éditions Passage du Nord-Ouest et André Dimanche).

Ces écrivains sur Twitter, baptisés twittérateurs ou twittératrices, accompagnent ainsi le mouvement de retour actuel des formes brèves en littérature, dans le sillon d’auteurs contemporains comme Éric Chevillard et son autofictif (que l’on retrouve dans le toujours parfait mensuel Le Tigre) ou de manifestations comme le Prix Pépin qui récompense, depuis 2005, une nouvelle de science-fiction de 300 signes maximum (à peine plus de 2 tweets, donc).

Sur tous ces aspects concernant la micronouvelle et la nanolittérature, je ne peux que vous recommander la lecture du très riche premier numéro de La Revue critique de fixxion française contemporaine consacré à ce thème sous le titre Micro/ Macro (vous pouvez télécharger ce numéro en cliquant ici), ainsi que le site Micronouvelles de Vincent Bastin.

Des romans sur Tweeter ? C’est possible !

La brièveté de la forme n’empêche en rien une certaine ampleur. À coté des poèmes et des textes de fictions courtes, plusieurs twittérateurs se sont pris au jeu du roman découpé en tweets, sur le modèle des « romans par sms » qui firent fureur au Japon en 2008-2009, les keitai shosetsu. Thierry Crouzet (@crouzet – sur Twitter, le nom de l’utilisateur est précédé d’un arobase) publia ainsi un thriller, ou plutôt un twiller, Croisades, en 5 200 tweets de décembre 2008 à avril 2010. Au Canada, Mélusine (@TwittLitt) publie également les tweets de ses micro-romans, lisibles les uns à la suite des autres. Exploitant au maximum l’esprit collaboratif propre aux réseaux sociaux, LeRoy K. May (@leroykmay) et Éric Bourbonnais. (@ebourbon) ont tenté l’aventure du twiller à quatre mains : Buboneka.

De Twitter à l’édition « traditionnelle »

Certains vont même jusqu’à publier ces tweets en livres comme Matt Stewart aux États-Unis avec The French Revolution ou André Lemos (@andrelemos) au Brésil avec « @reviravolta, uma experiência em twitterature ». En France, ce fût le cas de Béatrice Rilos (@rilosb) avec 100 caractères (espaces compris) aux éditions publie.net animé par le très actif François Bon (@fbon). Précurseur, Laurent Zavack (@Laurent_ZAVACK) a pré-publié sur Twitter puis sur papier romans et nouvelles dès 2008, allant même jusqu’à créer une maison d’édition, Twitteroman, dédié à cette forme.

L’Institut de Twittérature comparée (ITC)

Pour tenter de fédérer et de mettre en avant ces nouvelles pratiques, plusieurs initiatives ont vu le jour. L’Outwipo (L’Ouvroir de Twittérature Potentielle) fût une première tentative. Elle est, apparemment, un peu en sommeil (le compte @outwipo n’étant plus mis à jour depuis août 2010) mais propose une large liste de twittérateurs. Plus récemment, un enseignant québécois, Jean-Yves Fréchette (@pierrepaulpleau) et un journaliste français, Jean-Michel Le Blanc (@Centquarante)  ont fondé en août 2010 l’Institut de Twittérature Comparée (ITC). Disposant d’une antenne à Québec, et d’une autre à Bordeaux, cette association originale et francophone se veut le lieu de rassemblement et d’animation des twittérateurs avec, en projet, un Festival de twittérature et un prix pour 2012, comme nous l’explique Jean-Yves Fréchette dans ce reportage, réalisé dans le cadre du concours organisé par TéléQuébec « Le triathlon du français » par l’équipe « Les Traits d’union » :

Voici le Manifeste de la twittérature de l’ITC, document assez exceptionnel et fondateur pour que nous reproduisions ici dans son intégralité :

Manifeste

La twittérature est à la rature, ce que le gazouillis est au chant du coq. Les uns vantent l’alexandrin, d’autres jouent du marteau-piqueur.

Twittérature n’est pas humour. Il serait absurde de se rire de tout alors que l’on peut très bien se moquer de quiconque. Et réciproquement.

La twittérature est la somme de récits, aphorismes et autres apophtegmes. Une cacophonie de gazouillis que symphonise harmonieusement l’ITC.

La twittérature n’a pas de but lucratif. Seul l’enrichissement personnel d’ordre neuronal est autorisé dans les banques de données de l’ITC.

La twittérature se pratique par tout temps. Une de ses missions est d’ailleurs de déceler les littérateurs du passé qui auraient pu tweeter.

La twittérature ne contraint pas le twittérateur, mais elle se joue de la contrainte. Une seule contrainte, être fier de ses propres tweets.

La twittérature dispose d’un organe officiel, www.twittexte.com autour duquel les twittérateurs doivent faire corps sans se prendre la tête.

La twittérature ne s’intéresse pas qu’aux tweets présents en 140 caractères. Elle s’occupe aussi des tweets imparfaits, voire conditionnels.

La twittérature vante la beauté de l’orthographe et de la rhétorique mais interdit de se moquer de la verrue qui virgule le tweet du voisin.

La twittérature n’est point à traiter par-dessus la jambe, quel que soit le nombre de pieds utilisés pour chausser cent quarante caractères.

La twittérature envisage l’avenir sereinement. Dès l’apparition des premiers signes de vie extraterrestre, son aura deviendra intersidérale.

La twittérature n’est pas affaire d’homme ou de femme, elle est ambidextre, son manichéisme asexué. Elle est aussi singulièrement plurielle.

La twittérature est à la portée de tous. Elle fait vibrer les sourds; elle illumine les aveugles; les manchots peuvent l’effleurer du doigt.

La twittérature ne manque pas d’ambition, elle génère l’ambition mais aussi la notoriété et bien d’autres valeurs littéralement littéraires.

Pour approdfondir la découverte de l’ITC, toutes les informations sur sa branche française, ses statuts en 140 caractères et les modalités d’adhésion sur son blog, animé par Jean-Michel Le Blanc : http://twitter.blogs.sudouest.fr/.

Le livre « Twittérature » : un malentendu

Mais un petit malentendu subsiste à propos de la Twittérature. En cause, le succès médiatique d’un livre paru en 2009 aux États-Unis chez Penguin et en 2010 en France aux éditions Saint-Simon : La twittérature , les chefs-d’œuvre de la littérature revus par la Génération Twitter écrits par deux jeunes journalistes américains, Alexander Aciman et Emmett Rensin, cet ouvrage résumait, non sans humour, 75 best-sellers et chefs-d’œuvres de la littérature mondiale en 140 signes. Un énorme Buzz suivit la parution de l’ouvrage. Résultat : les recherches sur la twittérature sur le Net renvoient encore majoritairement sur des articles traitant de ce livre. Problème : ces tweets n’en sont pas. Car à part la contrainte des 140 caractères, ces résumés n’ont jamais été postés sur Twitter. Et donc partagés par les utilisateurs. Or, cette notion de partage instantanée de l’œuvre (et, dans une moindre mesure, sa création dans un temps restreint) est une des caractéristique de la twittérature. D’autre part, dans une interview à BFM (L’Atelier numérique du 16/10/2010), Alexander Aciman montre son peu d’intérêt pour twitter et avoue ne pas l’utiliser. C’est son droit le plus strict, cela n’enlève rien à l’originalité et à la réussite de leur entreprise, mais cette tentative brouille les pistes et rend la découvertes des « vrais » twittérateurs un peu moins facile.

Écoutez l’Atelier Numérique de BFM consacré à la Twittérature (16/10/2010) avec Alexander Aciman, co-auteur de « Twitterature », et Jean-Michel Le Blanc, Président de l’Institut de Twittérature Comparée Bordeaux-Québec (Durée 11’26) :

[audio:http://www.stephanebataillon.com/wp-content/uploads/2011/01/2010.mp3|titles=InterviewBFM]

Les conditions de diffusion des tweets : une chance pour l’écriture ?

L’intérêt de la twittérature ne se limite pas à la contrainte formelle, ni même à l’usage de l’application Twitter. Son originalité et sa force réside aussi dans son mode de diffusion instantanée. Dans la conscience de l’auteur de savoir son tweet lu dans le temps bref suivant sa publication et de voir sa propagation en temps réel grâce aux retweets (rediffusion d’un tweet par un autre utilisateur, marqué RT). Comme la pratique de l’oralité en poésie, cette condition influe considérablement sur l’écriture du tweet littéraire et permet d’investir au même moment cet espace formé par l’auteur, son œuvre et le lecteur. Cette dynamique propre aux réseaux explique tout l’intérêt d’intégrer complètement cette technique à la création, non pour en être prisonnier mais pour la mettre à profit dans l’émergence de lieux nouveaux. Aussi, si certains craignent une baisse de la qualité du français dû à Twitter et aux SMS, ( lire cet article consacré à la twittérature publié dans le journal québécois La Pige (PDF)) nous sommes certains que le détournement de cet outil à des fins de création littéraire peut fournir un formidable terrain de jeu et de manipulation de la langue. 

Mais où lire de la twittérature ? Ici & là-bas
Bon, assez d’explications, car le temps presse et l’émotion monte. Il est désormais temps, avant de clore ce premier article consacré aux formes brèves (d’autres viendront) de découvrir quelques twittérateurs et de se plonger dans leurs œuvres. Pour cela, un seul lieu: Twitter. Grâce notamment à cette liste de twittérateurs, rassemblant quelques uns des écrivains les plus présents sur le réseau. Pour ceux qui n’ont pas de compte twitter, quelques exemples de tweets récents. Bonnes lectures !

@AuDiableVauvert > Oui je suis tout le temps en retard. Non c’est pas un manque de respect. C’est qu’on est plusieurs dans ma tête et on est rarement d’accord.

@Centquarante > Elle était tatillonne. Elle exigea qu’il lui fournisse une copie des règles officielles avant d’accepter de jouer, avec lui, à pile ou face.

@poussinbarbu > Vous êtes un idéaliste, me dit il. Il me toisait par delà son bureau, comme une bête curieuse. Je pris mon envol par la fenêtre entrouverte.

@nanopoesie > Ici. Là. Lieux communs.

@marysehache > Tous mes perdus me font farandole au gré de petits riens qui les invitent; heureuse qu’ils fassent visite, et dans les rêves aussi

@FibreTigre > Je viens de m’apercevoir que les amis imaginaires que j’avais étant enfant ont grandi avec moi. Ils ont mieux réussi dans leur vie, aussi.

@sbataillon (parce que y’a pas de raison de ne pas travailler un peu aussi) > On aperçoit des mots/ descendre par la plage//Nous n’avons plus besoin/ des carapaces gravées//Et les tortues sourient.

Stéphane Bataillon (@sbataillon)

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