UPPLR #42 : Épreuve d’artiste, par Henri Droguet

Le vent dans l’ouest dépave s’engouffre
dans la beauté brève parfaite et dense
d’un cumulo-nimbus pantouflard
et ça pleut mornement
sur de la terre des arpents
de feutre et les soldanelles
les panicauts et les cynorrhodons
où s’en va tout seul un escargot
qui n’a pas froid aux yeux
et ne connaît ni l’impatience ni
l’amour l’amour qui est
l’autre nom du vertige

Henri Droguet

Grandeur nature, ed. rehauts, 84 p, 16 €.

Écoutez ce poème (lecture Stéphane Bataillon) :


Il y a peu d’humains, quelques animaux, mais surtout l’océan, le vent furieux, les falaises abruptes et des cumulo-nimbus qui se démènent dans le nouveau recueil d’Henri Droguet. Ce Grandeur nature déploie les paysages vivants d’une terre où l’homme se bornerait à contempler ce concerto élémentaire. Et ce regard voudrait tout embrasser, multipliant les images, croisant les espèces du minéral et du végétal pour donner naissance à des poèmes hybrides, entre surréalisme brut et pastorale réinventée. L’auteur, habitant Saint Malo, mer de face, a daté ces poèmes, comme pour rappeler d’un signe notre présence commune à ce tourbillon de vie.

Stéphane Bataillon

Retrouvez ce poème dans La Croix L’Hebdo du 2 août 2020.

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