UPPLR #48 : Couvrir le corps d’épopées, par Francis Coffinet

Couvrir le corps d’épopées

laisser s’agiter la langue des oiseaux
dans la bouche des hommes.

En prononçant ton nom
je fais imploser des pans entiers de vide.

L’histoire de la terre avance en nous,

prend peu à peu toute la place.

Les grands lacs sont maintenant
à portée de nos vies.

Francis Coffinet

Je suis de la maison du songe, Unicité, collection Le Vrai Lieu, 230 p. 16 €.

Écoutez ce poème (lecture Stéphane Bataillon) :

 

C’est une poésie qui anime le monde. L’herbe, le fleuve, la rosée prennent vie, à peu de mots, avec tout le blanc nécessaire comme marque du silence. Un espace pour que l’émotion surgisse, si proche de nous et de nos vies (l’amour, la naissance, la fatigue ou la désillusion) que l’on ne sait plus trop qui, de l’homme ou de ces éléments, tente d’imiter l’autre. Également plasticien et acteur, ayant tourné avec Claude Zidi, Jean-Pierre Mocky ou Krzysztof Kieślowski, Francis Coffinet nous livre une poésie épique, dans une veine touchant au fantastique, presque à la fantasy, mais avec le retrait et le dépouillement d’un méditant intranquille.

Stéphane Bataillon (@sbataillon)

Retrouvez cette chronique dans La Croix L’hebdo du 18 septembre 2020

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