UPPLR #54 : Les feuilles quittent l’arbre, par Gérard Bocholier

Les feuilles quittent l’arbre
Peut-être pour mieux vivre
Pour sentir d’autres souffles
Tenter d’autres lumières

Retrouver leur demeure
De terre et de mémoire
Sans rien perdre du ciel

J’écrivais des poèmes
Serait-ce un peu pareil ?

Gérard Bocholier

J’appelle depuis l’enfance, La Coopérative, 144 p., 16 €.

Écoutez ce poème (lecture Stéphane Bataillon) :

 

À l’heure de l’automne, lorsque les souvenirs et les promesses d’enfants se confrontent au chemin parcouru, lorsque, enfin, une vie d’écriture mène à l’épure de la rosée, d’un rayon de soleil, d’un psaume en témoignage, alors, le poète peut, calmement, faire face. « Non, la mort n’est pas absence / L’absence n’est pas la nuit / Hors du temps bruit le silence / Je bois ton aube infinie », écrit Gérard Bocholier dans son nouveau livre. Une poésie profonde, cristallisée au fil de près de 40 recueils, d’essais, et d’une grande revue de poésie, Arpa, qu’il dirige depuis trente ans. Il dit ici l’intime, les lieux et les doutes d’une vie, en usant d’une qualité devenue rare : la discrétion. Peut-être le privilège d’une foi libre, qui laisse se rafraîchir à de nouvelles sources les mots et les images que certains abandonnent.

Stéphane Bataillon

(Chronique parue dans La Croix L’Hebdo du 30 octobre 2020)

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