De la miséricorde

Je ne sais plus
de quelle couleur est ma peau
quelle est ma langue ni mon pays
si je suis un homme ou une femme
un enfant ou un vieillard
si je suis petit ou grand
fort ou chétif
aveugle ou voyant

le fracas des bombes
et les torrents de larmes
m’ont fait tout oublier
par la peur de te perdre

toi mon enfant
mon parent
mon aimé

toi mon ami
posté en face
par la peur de perdre

plus rien qu’une parole
la seule qui puisse nommer
sur cette unique terre

je veux juste revoir
les oiseaux s’envoler.