Planète bleue

(Pour T.)

Regarde la multitude
qui grouille autour de nous

Préserve de toutes tes forces
la possibilité
que le rayon d’été
l’atteigne et la réchauffe

Vis l’émerveillement
de cette intelligence.

Fatigue

Les fourmis sont revenues
Les papillons sont revenus
Les tulipes sont revenues
Le merle est revenu

La sève tarde un peu.

Ornement

Entourer tendrement
les plaies de la blessure

Tourner la poudre d’or

Qu’une fois cicatrisée
on conserve sa trace

Qu’elle puisse avoir le droit
de s’ajouter au monde.

Pas l’urgence

Il y a un temps
pour tout

Pour se retirer
pour prendre ses distances
pour se reposer
hors

Il y a un espace
pour tout

Pour ne plus réagir
pour rester en silence
pour se délocaliser
hors

Pour se situer
dedans.

Capitaine

Il se passe des choses
mais on reste en surface

De peur de ces choses
de peur de plonger
pour remonter les peurs

Pour avoir une chance
de désensevelir
l’emplacement de la carte

Il se passe des choses
mais il manque du courage.

Inscrire

Tu racontes des histoires
mais il y a trop d’histoires
il y a trop de poèmes
et il y a trop de mots

Il faudrait pouvoir
marquer le silence

Qu’il soit toujours
jamais
pareil.

Au désert

Certaines nuits
tout semble éteint
tout semble vide
tout semble vain

Ce n’est pas grave

Il faut attendre

Un jour,
le vent revient

Au désert de soi.

L’intense

Peu importe le nombre
de notes sur la portée

Un seul accord de Bach
fait surgir la prairie
et ces rires d’enfants

Encoche la mémoire
au seuil des partitions.