Principe Captif #3 : Scroll infini

Flot d’un désir
sans fin

Mais où
est mon désir ?

 

Scroll infini : Technique de conception Web empêchant la barre de défilement du navigateur de défiler jusqu’au bas de la page, et proposant progressivement l’affichage complet d’un flux, entraînant la croissance de la page avec du contenu supplémentaire et, pour l’utilisateur, une action continue de défilement augmentant sa rétention sur le service.

 

> Principe captif se propose de présenter en poésie les termes définissant les règles permettant de capter notre attention, utilisées par les acteurs du numérique . Elle est publiée à la suite de la série Principes du design qui explorait les règles classiques du design objet et de l’innovation.

Principe captif #2 : Nudge

D’après lui, c’est mieux ici
Eux ont essayé comme ça
Une petite avance si c’est là

Mais sens-toi libre
de poser ton pas.

Nudge : La théorie du nudge (“coup de pouce” ou “coup de coude”), a été développée par le prix Nobel d’économie 2017 Richard Thaler. Cette technique issue de l’économie comportementale se propose d’influencer nos comportements dans notre propre intérêt. Ex : Une promotion limitée à un nombre X de produits par personnes (ex 1 Euro la boite de sardines – promotion limitée à 10 boites par personne) aura deux fois plus de succès que la même promotion sans limitation du nombre de produits. En numérique, et notamment concernant l’internet des objets, les applications du nudge seront massives (ex : l’iBag développé par une société de crédit australienne, un sac à main qui se ferme quand vous êtes à proximité de vos magasins préférés et que votre compte bancaire est à découvert.)

> Voir l’article d’Hubert Guillaud Internet Actu : Le nudge est-il l’avenir des objets connecté ? (09/2018)

 

Principe captif se propose de présenter en poésie les termes définissant les règles permettant de capter notre attention, utilisées par les acteurs du numérique . Elle est publiée à la suite de la série Principes du design qui explorait les règles classiques du design objet et de l’innovation.

Principe captif #1 : Captologie

Te retenir
juste une seconde de plus
parce que tu comprends,

je ne sais pas
je ne sais pas comment
pas comment te dire
que…

 

Captologie (ou « persuasive technologies »). Discipline scientifique nouvelle qui étudie les dispositifs numériques mis en œuvre pour nous influencer à partir des 150 biais cognitifs identifiés par la psychologie cognitive. Le terme est créé en 1996 par le chercheur B.J. Fogg de l’université de Stanford. Celui-ci a publié en 2003 Persuasive Technology: Using Computers to Change What We Think and Do.

Principe captif se propose de présenter en poésie les règles permettant de capter notre attention, utilisées par les acteurs du numérique . Elle est publiée à la suite de la série Principes du design qui explorait les règles classiques du design objet et de l’innovation.

Hier, au crépuscule

Hier, au crépuscule, à l’heure où se noyait la ville,
Je suis revenu. Je sais, tu ne m’attendais plus.
Je suis revenu par la route, je suis revenu par le graben.
Je pourrai continuer près de toi très longtemps.

Je suis demeuré, les oreilles vagabondes sur leurs paroles,
Voyant tout au-dedans d’eux, entendant tous leurs mots,
Multiples, intimes, la tête haute, les bras ouverts,
Heureux, et leur nuit pour moi fût comme le jour.

Je n’ai contemplé ni la rosée,
Ni les feuilles mortes autour, s’envolant vers Dortmund

Quand je repartirai, j’ôterai de ta bouche
Une tige de fer blanc et de plastique brulé.

 

#Uncreative writing – // Négatif du poème Demain dès l’aube de Victor Hugo.

Humanités numériques : une bibliographie

Petite bibliographie sélective en français pour introduire le domaine des Humanités numériques.

Livres

  • Pierre Mounier, Les humanités numériques, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Paris, 2018. 180 p. https://books.openedition.org/editionsmsh/12006
  • Gilles Rouffineau, Éditions off-line, Projet critique de publications numériques 1989-2001, Éditions B42, Paris, 2018. 204 p.
  • Kenneth Goldsmith, L’écriture sans écriture, du langage à l’âge numérique. Trad. François Bon, Jean Boîte Éditions, Paris, 2018. 248 p.
  • Anthony Masure, Design et humanités numériques, Éditions B42, Paris, 2017. 146 p.
  • Marta Severo & Séverine Cachat, Le patrimoine culturel immatériel et numérique, Éditions L’Harmattan, 2017. 210 p.

Revues

  • Alexandre Geffen (dir)  Des Chiffres et des Lettres : les Humanités Numériques, Revue Critique N°819-820,Paris, Septembre 2015.
  • Humanités Numériques, revue publiée par Humanistica

Articles

  • Berra Aurélien, « Faire des humanités numériques », in Pierre Mounier (éd.), Read/Write Book 2 : Une introduction aux humanités numériques, Marseille, OpenEdition Press, coll.« Read/Write Book », 2012, p. 25‑43
  • Fabien Granjon et Christophe Magis (dir.), Critique des humanités numériques, Variations, n° 19, 2016. En ligne : http://variations.revues.org.

 

Algorithme

Ça veut
empêcher nos erreurs
répondre aux injonctions
réguler nos désirs

Ça veut
savoir bien avant nous
ce que l’on aimera

Ce qui sera utile
pour nous rendre inutile

Jusqu’à prendre langue
jusqu’à prendre corps
jusqu’à prendre

la douleur de tes cris
le sel de ta révolte
ta propre mélodie.

Exactement

ce que nous ne voulons pas.

Hacking

Tenir bon. Parce qu’un jour quelque chose nous piratera. Par force brute. Ça aura fait le tour. Compilé toutes les datas, relevé toutes nos relations, bloqué tous nos accès. Ça aura intégré des intrus dans nos listes de recommandation sur lesquels on ne pourra s’empêcher de cliquer. Et alors… comme un frisson. Comme celui qui annonce que l’on attrape froid. Celui dont on se dit “ah, là, c’est là que j’ai attrapé froid.” Puis, ce sera la prise de contrôle à distance. Hébété par la lumière bleue, on se conformera tranquillement. On coupera le VPN, on mettra le profil en accès public. On se laissera faire. On se laissera conduire. On ne regardera plus. On ne se regardera plus. Rien d’autre.

Le film DÉMOCRATIE(S) de #Datagueule

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir un très bon film réalisé par les équipes de #Datagueule, en licence libre, qui interroge sur la notion de démocratie et les initiatives en cours pour améliorer notre vie en commun. Une œuvre passionnante et salutaire.

DÉMOCRATIE(S)

Vous avez dit démocratie ?

Il y a un an, grâce au précieux soutien de 7819 personnes, nous avons démarré un voyage en démocratie(s). Au fil des semaines puis des mois, au gré des rencontres, des échanges et des lectures, nous avons questionné ce mot étrange : la démocratie.

En France mais aussi en Grèce, en Islande, en Belgique ou encore en Espagne, nous avons rencontré des citoyen·ne·s qui travaillent à insérer plus de démocratie dans leur quotidien. Voici en 90 minutes le résultat de cette aventure pour essayer de saisir ce que renferme ce mot.

Un film de Henri Poulain, Julien Goetz et Sylvain Lapoix
Réalisé par Henri Poulain

Notes sur la poésie #52

C’est dur. Dur de sortir du style, de laisser les mots dériver, sans trop virer de bord. Sans manœuvrer brut. Parce qu’on le sait bien, qu’il faut jouer, sur l’émotion. Sur les larmes. De tristesse. De joie. Faire les montagnes russes avec. Comme dans un bon scénario. Que ça s’apprend, désormais, la poésie. Que ça s’appelle le creative writing. Que Kenneth Goldsmith, lui, préfère le terme et la pratique d’Uncreative writing. Que c’est très intéressant, de faire avec ce qui existe déjà. Le fabuleux livre théorique de ce nouveau segment d’études littéraires vient d’ailleurs de paraitre chez Jean Boite, traduit par François Bon sous le titre L’écriture sans écriture. Alors, oui, c’est dur, l’écriture. Dur de fabriquer de la poésie. Parce qu’il y a des impondérables. Non contrôlables. Des mots qui coulent. Qui débordent. Qui prennent le pas. Des défauts qui rendent beau, qui sentent bon. Qu’il faut pétrir. Comme une pâte à pain. Dur. Et en même temps très fragile, tout ça. Ce ça qui fait du poème une matière vivante. Un levain.

Émission “La suite dans les idées” avec Kenneth Goldsmith – France Culture – 02/06/2018

La poésie à l’heure du net en débat le 16 janvier

Rencontre-débat préparée et animée par Julie Biet à la Mairie du Ve, Salle Pierrotet – 21 place du Panthéon – 75005 Paris

En partenariat avec Poésie et Chanson Sorbonne, la rencontre/débat préparée et animée par Julie Biet réunira divers acteurs du monde de la poésie d’aujourd’hui pour discuter de l’utilisation comme de l’influence d’internet sur l’écriture et la diffusion de la poésie. Poètes et diffuseurs croiseront leurs expériences sur le sujet.

Avec :

  • Stéphane Bataillon. Poète, écrivain et journaliste, créateur de Gustave, journal d’action poétique numérique.
  • Aurélien Clause. Créateur et animateur de la chaine YouTube L’Arche, dédiée à la poésie.
  • Jean-Luc Despax. Poète, écrivain.
  • Bruno Doucey. Poète éditeur de poètes aux Editions Bruno Doucey.
  • Eric Dubois. Poète, écrivain, blogueur, chroniqueur et co-animateur à Fréquence Paris Plurielle, président de l’association Le Capital des mots.
  • Mélodie Quercron. Poète

Inscription gratuite mais obligatoire :
https://www.poesie-en-liberte.fr/rencontre-debat-16-janvier-2018-a-19h30-paris/

Avec Sophie

Dimanche 5 novembre 2017. Je décide d’écrire quelque chose, sous forme de série, autour de cette rencontre totalement fortuite : “Avec Sophie”. Quelque chose de cette rencontre qui “est arrivée”. Tout le travail de Sophie Calle partant de ça. Des choses qui, au-delà de la notion de vérité, de message, de signification, d’intention même, sont arrivées. Je m’inscris à la prochaine séance, qui aura lieue le 15 novembre. Sur mon formulaire d’inscription, j’ai barré mon idée d’œuvre initiale. Je l’ai remplacé par : “NO PROFILE, autour des personnes qui n’ont ou ne veulent pas être sur les réseaux sociaux.” Dans le mail d’inscription, je développe :

Mon idée d’œuvre :
Un travail sur l’absence, volontaire ou non, de la vie sociale numérique. A un moment où cette absence devient suspecte, hors-norme. Où il y a une injonction sociale à y être, sauf à se marginaliser. Où cette absence peut aussi être une manière de se singulariser en négatif de l’hyperprésence des images de soi sur les réseaux.
Titre : NO PROFILE (ou “Complétez votre profil”)
Trouver puis poser aux personnes participantes cette question et cette proposition photographique :
Question : 2 Milliards d’êtres humains sont sur Facebook (ou les réseaux sociaux). Pas vous. Pourquoi ?
Proposition photographique : La photo de profil est encore un espace libre (les vrais noms et prénoms sont exigés sur Facebook, l’identification par empreintes digitales ou par l’empreinte rétinienne se généralise sur les smartphones) Si vous aviez une photo de profil ce serait quoi ? (si c’est vous, laissez-vous vous photographier, si c’est un objet qui vous entoure, placez-le devant votre visage, si c’est une photo déjà existante également)