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Stéphane Bataillon / Posts

L’invention du poème #41 : Que peut la poésie ?

Que peut la poésie pour ce monde ? Pour nous ? Que peut cet acte de création, d’agencement de la parole, pour nous aider à vivre ? C’est à dire nous accompagner, en résonance, dans la reconnaissance des infimes variations de nos réalités. Une brise de vent, l’oscillation d’une fleur, une araignée qui court, à la première vibration de nos pas, se cacher entre la plinthe et le parquet. Des papillons envahissant les placards mais s’immobilisant dès que l’on ouvre la porte. Un regard étranger qui nous interpelle. L’irruption du bizarre et de l’incongru. Une phrase que l’on retient. Un désir qui surgit. Un « ah, il fait comme ça, lui ? »

Quelle résistance permet la poésie ? Avant l’engagement qui prendra la place de l’autre. Réduira l’autre moitié des arguments. Avant l’utilisation de la langue pour convaincre.

Quelle résistance ? C’est à dire quelle liberté de ne pas plonger tout de suite ? D’observer, de prendre son temps face au monde. De confirmer, à son rythme profond, ce désir de vie simple, sans trop de ce pouvoir saturé de paroles blêmes. Sans d’attrait pour des richesses dont la contrepartie est toujours vol du temps. Effraction dont le constat se fait trop tard, lorsque le corps, l’esprit, cèdent.

Que peut la poésie pour nous aider à suivre cette intuition qui ne cesse de se creuser, au contact des mots d’Albert Schweitzer : « Le bien, c’est de maintenir et de favoriser la vie ; le mal, c’est de détruire la vie et de l’entraver. » ? Des mots sans saveur apparente, mais qui, au contact du réel, formulent au plus juste une éthique tenable. Une éthique sans éclats, laissant libre les ombres, les failles et les pulsions s’accommoder ensembles à l’intérieur de nous. Une qui ne nous empêche pas de tuer l’araignée, d’écraser les papillons, ou de ne pas répondre au regard de cet autre. Mais en ayant conscience.

C’est à cela que la poésie peut aider. À remédier à notre inconscience.

À dynamiser notre humanité.

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Rapaces

L’ombre et la proie. Mots volés au hasard. Pas d’engrenages. Pas de mécanique. Regarder le ciel en silence. Sans chercher la maîtrise et sans dicter ses lois. Ce n’est pas notre combat. On l’a cru. On a voulu nous le faire croire. Mais non. Pas à nous. C’est à eux. C’est minuscule. Translation de deux points sur le flanc de la montagne. Presque fondus. Comme le sera le corps une fois dévoré. Digéré. Par les enzymes. C’est la vie. Ça nous concerne. Ou pas. On a le droit de ne pas se sentir concerné. De s’échapper. Se libérer. Du combat. De ne même plus, plus même regarder. En silence. Ombre. Les yeux fermés.

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L’invention du poème #40 : Relire Tarkos

Se dire que la poésie se dit. Qu’elle vit aussi bien. Qu’un poème est avant tout une pâte de mots, patmot. Des mots qui se malaxent dans le cerveau, qui se disent, qui s’agencent, qui se combinent avant tout là-haut. Dans la tête. Avant de sortir. Du chaud, pour être déposés, travaillés, formulés avec juste la quantité d’encre ou de pixel nécessaire. Ratures. Premier jet, c’est pas grave, je l’ai.

Ce matin, avec T. on a écrit toute une chanson, la chanson du caméléon. Nous ne nous sommes pas dit « on va écrire une chanson ». On a commencé à chanter, chanter, danser, s’amuser. Et puis il a trouvé une rime. Un choc de mots. Une inattendue. Alors j’ai couru. Prendre une feuille. De papier. Pour la noter, avant l’échappée. Et puis c’est parti. Comme, comme si. On ne s’est plus arrêté jusqu’à l’heure du départ. Deux pages grattées, deux pages d’idées, à retravailler. Ce soir, dans un grand cahier.

Relire Christophe Tarkos. Presque plus pour ce qu’il y a autour. Pour cette soucieuse liberté d’utiliser la langue sans l’instrumentaliser. Relire ses amis. Dans CCP, dans L’enregistré. Mettre le DVD dans le lecteur. Écouter. Regarder. Retrouver le désir du poème. Comprendre de nouveau pourquoi cela persiste d’entre nos activités. Se dire qu’on a envie de s’amuser avec. Qu’il n’y a rien de plus à attendre et que, déjà, la prétention est immense de se mettre à tracer. Un mot. Trouvé ensemble.

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Écoutez « Où nos ombres s’épousent »

Voici un enregistrement audio (5’12) des textes de mon premier recueil, Où nos ombres s’épousent, paru aux éditions Bruno Doucey dans sa nouvelle édition de 2016. Je mets ma voix sur ces mots, posée à l’occasion du Salon au Jardin des auteurs de Montreuil, en juin dernier. Ces textes étaient écoutables au casque, confortablement installé dans d’amples hamacs. Un beau souvenir.

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Sortie de Gustave N°66

Après un été bien mérité, notre journal d’action poétique reprend la route en retrouvant, après trois belles livraisons de L’Invincible, son nom et sa numérotation originale.

Un numéro 66 de Gustave entre deux soleils. Quatre pages avec des balades en montagne, des œuvres projetées et de l’énergie pour repartir du bon pied. Au grand air de la poésie.

C’est toujours numérique, léger, gratuit, et disponible (pendant un mois seulement) en s’abonnant par ici : www.stephanebataillon.com/gustave.

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La revue DONC reçoit le coup de cœur de l’Académie Charles Cros

Dimanche 10 septembre 2017, la revue de poésie sonore DONC, que j’anime en compagnie d’Emmanuelle Leroyer, de Mâya Heusse de Quentin Pourchot et d’Adeline Defay aux éditions Thélème a reçu le coup de cœur de l’Académie Charles Cros dans la catégorie « poésie lue ou chantée ». Un prix qui nous enchante et nous motive à continuer cette belle aventure d’amitié et de littérature, avec prochainement un deuxième numéro.

Vous pouvez découvrir le premier numéro de DONC sur le site des éditions Thélème en CD mp3 ou en téléchargement.

 

 

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