Rencontre Casa de la poésie El Cactus du 20/09/2021 en vidéo

La Casa de la poésie El Cactus, basée en Italie à Ostunie, a proposé le 20 septembre 2021 un riche échange autour de la poésie en langue française autour de Viviane Ciampi et Norah Zapata-Prill à l’occasion du “4e Festival internazional di Poesia”. Avec : Stéphane Bataillon (France), Eric Brogniet (Belgique), Julie Delaloye (Suisse), Hélène Dorion (Canada), Enza Palamara (France). Une très belle soirée transalpine à revoir ici et à partager.

 

Gustave n°116 est paru

Le numéro de rentrée de Gustave, mensuel gratuit de poésie, est (enfin) paru. Avec, dans ce numéro, le lancement des “10 droits universels à la poésie” : À l’occasion de la déclaration universelle des droits à la #poésie, plusieurs acteurs de l’#éducation, de l’édition et de la culture se mobilisent autour de #BernardFriot, auteur majeur de littérature jeunesse, pour faire entrer la poésie à l’école et dans les familles.
Pendant une année, chaque mois, ce collectif proposera différentes actions en direction de tous les publics, en commençant par les plus jeunes :
🔸 Une déclaration des 10 droits universels à la poésie
🔸 Une série de 10 événements en direct avec des classes, un pour chaque droit énoncé, 10 approches différentes avec, pour chacun, un auteur et/ou un expert
🔸 Un kit pédagogique et des webinaires pour accompagner les enseignants
🔸 Un podcast qui sera diffusé le 10 novembre
Retrouvez les ressources et le dispositif dès le 18 septembre sur le site dédié, www.droitsalapoesie.fr
Avec Réseau Canopé, BayaM, Bayard Jeunesse, Ageem, Editions Milan, Gustave Magazine, ATD Quart Monde France et le Ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports

Pour s’abonner à Gustave, rendez-vous sur le nouveau site : www.gustavemagazine.com

Demande

Demande au soleil
de réchauffer ton corps

En échange
permets le passage.

Laissez-passer

Il ne s’agit jamais de ne rien faire. Mais d’apprendre à laisser faire. Non pour juste laisser filer nos angoisses, nos pensées obsédantes, nos stress post-traumatiques. Mais pour laisser passer ce qu’il y a derrière. Cette lumière derrière nos noirs. Cette lumière qui s’en sert par contraste, pour ne pas stagner et s’éteindre. Noirs consumés pour la laisser agir. Ne pas intervenir au risque de l’étouffer.
Qui sommes-nous, dans cette économie du feu ? Peut-être juste le souffle, peut-être l’âtre, peut-être le bois. Les savants savent ça.
Nous contenter de laisser. Passer. Ni gardiens, ni voleurs. Ni responsables ni irresponsables. Entre les possessions. Par la parole du poème entretenue. Ce n’est plus alors le soin de nous, mais la participation au monde qui se jouerait. Dans cette inaction, dans ce presque rien si difficile. Dans cet état d’être qui devrait nous suffire.

Hospitalité

Demeurer grâce aux mots
dans un lieu que les autres
aimeront demain rejoindre

Leur préparer la place.

Suffisant

“Je suis celui qui suis”. Exode 3:14.

Peut-être la plus belle phrase, peut-être la plus simple, la seule définition, la seule suffisante pour nous donner un sens, pour nous donner un nom et calmer la souffrance de ne pas se trouver. Évitant l’amalgame, les confusions terribles et les mauvaises estimes, elle nous singularise au sein de l’absolu. Elle est la clé qui, d’une seule parole, peut ouvrir la serrure vers notre liberté.

Tu me l’avais dit, l’autre jour, beaucoup plus simplement. Quand je cherchais encore une image différente, une autre définition, un tout nouveau projet. Quand tu m’as dit : “Mais tu es. Et ça suffit. Et ça me suffit.”
Ça m’avait fait, ça me fait, et ça me fera du bien. Cet amour là. Contre l’exode de soi.

Éthique du tonnerre

Faire ce que l’on a à faire
et renoncer aux fruits
de tout ce qu’on a fait
dit la Bhagavad-Gita

Alors je tente
chaque matin
mon poème

sans savoir

où il ira.

Métaphysique minute

S’interroger
sur la croissance si rapide du tournesol
Sur le si peu de terre disponible
Sur le ton de ta voix qui s’affirme chaque jour

Sur les nuages noircis
tout proches d’engloutir
ce rayon de soleil

S’étonner

Et puis laisser passer
comme si tout cela
allait de soi.

Larme

Je me souviens
de ta dernière larme
auprès de tes parents

C’était toi
allongée
et yeux clos.

“Que nous disent les larmes de ceux qui n’arrivent pas à pleurer ? Alors que de nos jours la transparence est sans cesse revendiquée, les larmes viennent troubler le regard, mettre du flou et de la profondeur dans la surface. Faire l’éloge des larmes, c’est se laisser entraîner dans ce trouble qui dit quelque chose de l’homme, de sa fragilité et de sa grandeur.”
Anne Lécu, Cinq éloge de l’épreuve, Albin Michel, 2014.

Jardin zen

Poser ses pieds à terre
et savourer le calme
de ce jardin secret

Inspirer sous l’érable
comme une première fois

– Veux-tu manger quelque chose ?

Story

On a tous besoin d’exister
de s’inventer des liens
des lieux et des légendes
pour tromper le soleil

De dire notre récit
en un son et lumière
baigné par une musique
que tu reconnaîtras

De s’inventer un monde
peuplé de ces héros
là pour te mettre en doute
en guise de vérité.

Choisir

Nom pour les choses
Verbe pour les évènements
Pronom pour les personnes

Fragile échafaudage
pour d’une phrase faire un monde
au lieu
de ce poème.

Le langage

Supprimer le langage
ne plus former de formes

Laisser libre de signes
pensées et sentiments
au seuil de notre porte

Voir venir
dans sa nuit.

Pour faire un monde

Pour faire un monde
prenez des choses
des événements
et des personnes

Mais n’en faites pas
tout un monde

Il aura besoin de vent.

Vacuité

Rien à saisir
sauf le saisissement

À peine un tremblement
apporté au chaos

Brise dans l’univers.

 

Quelle est ta vérité ?

Pour Cécile, aujourd’hui centenaire.

Quelle est ta vérité
dans l’écoulement des sables
cadencé par tes pas ?

Quelle est ta vérité
entre toutes ces paroles
refuge des silences ?

Quelle est ta vérité
au coin de ton sourire
dans ce regard posé

Sur tous ceux qui sont là
et ceux qui ont quitté ?

Farandole d’étincelles
qui offrent ta réponse.