Dieu, une interview-express

Dieu, qui êtes-vous ? Je suis “Je suis”
Quand ? De toute éternité
Où ? Partout et dans votre cœur exactement
Comment ? Comme un feu apaisant
Pourquoi ? Pour l’amour

Merci, Dieu.

Jeux d’enfants

Embrasse-moi
mieux que ça

Mieux que ça.

Alors, tu vois, c’était pas si méchant
ça ira bien comme ça
il suffit, il faut juste
que tu n’en parles pas

l’enfant obéit

silence
de mort

Il retrouve les autres
les autres enfants
plus comme lui

chat, marelle
balle au prisonnier
sans plus savoir
où se placer

corps en déposition
corps à disposition
peut-être pour toute la vie

Mais un jour
un cri
pour ça

peu importe le jour
peu importe le cri
peu importe le ça

un jour
un cri

c’est l’enfant qui le dit
la partie
n’est pas finie.

Prière du cœur

Prends pitié
pauvre de moi
pécheur

Tu ne veux pas
prier avec ces mots

renverser
la charge de la preuve

risquer
une nouvelle fois
la mort par étouffement

Tu veux
rester en silence
d’un simple balancement

À l’écoute.

Logion 4.1

Ce matin, sur le port
il n’y a plus d’amarres

Les cordes trop usées
ont été sectionnées
par quelqu’un dans la nuit

Ne reste que le soleil
la mer et puis le vent

Reprenons tous les deux
ces paroles anciennes
qui pourront raconter
la poursuite d’un souffle.

Le choix

Le mal œuvre
salit
use
jusqu’à la corde
jusqu’à la destruction

mais

le bien œuvre
la vie œuvre
la poésie œuvre

aussi

choisir entre les deux
est ce travail d’amour
à refaire chaque nuit.

Au centre de la terre

Tu veux
gravir la montagne

D’autres, bien d’autres avant toi
ont eu le même projet
au nom d’autres montagnes

Comme eux
tu ne sais pas
que le sommet est gouffre

Qu’il te faudra descendre
au fond de ta fournaise
pour que le feu t’épargne
et réchauffe ton cœur

Comme eux
tu referas
l’identique voyage
malgré toutes les cartes
et les avertissements

Et tu laisseras faire
l’identique ascension
à tous tes descendants

Au risque des rencontres
et des éboulements

Pour qu’ils apprennent à vivre.

Devenir soi selon Goldorak

Devenir soi, c’est se remettre, durant une étincelle d’éternité, dans le mouvement de notre joie. Dans cet état de calme étincelant que nous avons connu, à tous les âges de la vie, lorsqu’un rayon de soleil arrivait sur notre joue, lorsqu’un escargot faisait la course en tête, lorsque nous restions tous deux à regarder la mer.

Devenir soi, c’est ressentir l’estime de faire partie du monde, juste en le contemplant.

Devenir soi, c’est le prince Actarus, qui annonce le transfert dans le grand Goldorak, qui traverse ses entrailles pour mieux se libérer. Pour défendre sans fin les battements de son cœur. Nostalgie agissante de son Euphor rêvée.

Rendez-vous au Trocadéro avec ATD Quart Monde et BayaM pour un atelier d’écriture Haïku

Dimanche 17 octobre, à 14 h, sur le parvis du Trocadéro à Paris, à l’occasion de la journée pour le refus de la misère organisée par ATD Quart Monde France, venez nous retrouver, avec Bayard Jeunesse et BayaM pour un atelier d’écriture poétique réservé aux enfants à partir de 7 ans sur le thème “Je suis riche de ça”.
J’expliquerai, exemples et trucastuces à l’appui, comment écrire des haïkus, ces petits poèmes japonais de 3 vers qui nous poussent à contempler le monde autour de nous. Et à 15 h30, lecture sur scène des poèmes produits, rappel des 10 droits universels à la poésie initiés par l’ami Bernard Friot et lecture d’un texte poétique du fondateur d’ATD Joseph Wresinski.

Les épousailles

Modeler la parole

Accepter ce cadeau
bien au-delà du deuil
qui permit la rencontre

Décider d’en user
comme un potier patient

Et se laisser surprendre
par ce qui remplira.

Pêche

Se garder
de modifier son corps

Et ne pas se réduire
à l’un de ses reflets

Trouver son équation
au fil de la rivière

Jusqu’à ce blason d’or
égaré par un Roi
pour que nous le trouvions.

L’Ombre

Il n’y a pas que du noir
quand tu fermes les yeux
et que tu fais silence

Il n’y a pas que du noir
mais des paroles qui frappent
des sueurs qui reviennent
et des moments perdus

Il n’y a pas que du noir
lorsque tu implores grâce
d’atteindre ta lumière

De trouver réconfort
dans le tressaillement
que ton corps te procure

Il n’y a pas que du noir
mais ce n’est pas un rêve

Il est l’heure d’affronter
ta vie comme un héros

Et verser une larme
pour raviver ce puits.

 

Rien de trop (maxime delphique)

“Rien de trop”

L’inscription ne prend sens
qu’après la remontée

lorsque les ternes trésors
les épées oxydées
du sang de nos batailles
et les cordes coupées
se présentent à nos yeux

Alors

Vibrant d’un monde
et décidant des pertes
nous repartons sereins

Libres
pour une unique fois
d’instantaner le monde.

“Il ne s’agit pas d’atteindre la perfection, mais la totalité”
Carl Gustav Jung

Gnothi seauton

Une fois sur le parvis
du grand temple de Delphes
percevoir le soleil
et l’ombre qu’il nous crée

Accueillir dans ses mains
cette chaleur et ce froid
avant de diriger
vers la porte ses pas

Sur le seuil,
un vieil homme
attendait quelque chose.

Dies

Dimanche d’octobre

Après les jours de pluie
une lumière inonde la rue

À tel point que connaître
le sens des rayons
devient secondaire

Tous ensemble
baignés.

Dimanche matin

L’âme comme un soleil
l’esprit comme ses rayons

Une centrale de joie
irradiant nos coeurs

Pour que tu te souviennes
de ce matin ensemble.

Descente

Nager vers
les profondeurs

Sans retenir son souffle

Là où les vagues
n’affectent plus

Mais la même eau.

L’inconnu

Tellement difficile
de n’être pas responsables

D’accepter la patience
et de ne plus sourire
en quête d’approbation

Tellement difficile
d’accepter d’être libre
substituant d’autres ombres
pourvoyeuses de lumière

Tellement difficile
d’être là avec nous

De laisser traverser
l’inconnu qui s’annonce
d’une si simple joie.

Rose des sables

Rassembler
les traces éparses
les excès d’humeurs
et les effacements

Les prendre dans ses mains
les compresser ensemble
d’un évanouissement

La terre est plaine
le sable réchauffé

Pour que naisse la rose.