Algorithme

Ça veut
empêcher nos erreurs
répondre aux injonctions
réguler nos désirs

Ça veut
savoir bien avant nous
ce que l’on aimera

Ce qui sera utile
pour nous rendre inutile

Jusqu’à prendre langue
jusqu’à prendre corps
jusqu’à prendre

la douleur de tes cris
le sel de ta révolte
ta propre mélodie.

Exactement

ce que nous ne voulons pas.

Hacking

Tenir bon. Parce qu’un jour quelque chose nous piratera. Par force brute. Ça aura fait le tour. Compilé toutes les datas, relevé toutes nos relations, bloqué tous nos accès. Ça aura intégré des intrus dans nos listes de recommandation sur lesquels on ne pourra s’empêcher de cliquer. Et alors… comme un frisson. Comme celui qui annonce que l’on attrape froid. Celui dont on se dit “ah, là, c’est là que j’ai attrapé froid.” Puis, ce sera la prise de contrôle à distance. Hébété par la lumière bleue, on se conformera tranquillement. On coupera le VPN, on mettra le profil en accès public. On se laissera faire. On se laissera conduire. On ne regardera plus. On ne se regardera plus. Rien d’autre.

Le film DÉMOCRATIE(S) de #Datagueule

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir un très bon film réalisé par les équipes de #Datagueule, en licence libre, qui interroge sur la notion de démocratie et les initiatives en cours pour améliorer notre vie en commun. Une œuvre passionnante et salutaire.

DÉMOCRATIE(S)

Vous avez dit démocratie ?

Il y a un an, grâce au précieux soutien de 7819 personnes, nous avons démarré un voyage en démocratie(s). Au fil des semaines puis des mois, au gré des rencontres, des échanges et des lectures, nous avons questionné ce mot étrange : la démocratie.

En France mais aussi en Grèce, en Islande, en Belgique ou encore en Espagne, nous avons rencontré des citoyen·ne·s qui travaillent à insérer plus de démocratie dans leur quotidien. Voici en 90 minutes le résultat de cette aventure pour essayer de saisir ce que renferme ce mot.

Un film de Henri Poulain, Julien Goetz et Sylvain Lapoix
Réalisé par Henri Poulain

Notes sur la poésie #52

C’est dur. Dur de sortir du style, de laisser les mots dériver, sans trop virer de bord. Sans manœuvrer brut. Parce qu’on le sait bien, qu’il faut jouer, sur l’émotion. Sur les larmes. De tristesse. De joie. Faire les montagnes russes avec. Comme dans un bon scénario. Que ça s’apprend, désormais, la poésie. Que ça s’appelle le creative writing. Que Kenneth Goldsmith, lui, préfère le terme et la pratique d’Uncreative writing. Que c’est très intéressant, de faire avec ce qui existe déjà. Le fabuleux livre théorique de ce nouveau segment d’études littéraires vient d’ailleurs de paraitre chez Jean Boite, traduit par François Bon sous le titre L’écriture sans écriture. Alors, oui, c’est dur, l’écriture. Dur de fabriquer de la poésie. Parce qu’il y a des impondérables. Non contrôlables. Des mots qui coulent. Qui débordent. Qui prennent le pas. Des défauts qui rendent beau, qui sentent bon. Qu’il faut pétrir. Comme une pâte à pain. Dur. Et en même temps très fragile, tout ça. Ce ça qui fait du poème une matière vivante. Un levain.

Émission “La suite dans les idées” avec Kenneth Goldsmith – France Culture – 02/06/2018