La justesse du vol de la flèche vers la cible n’est que le résultat de la justesse de la position de l’archer. A l’axe vertical et transcendant de l’archer vivant, avec ses os, ses muscles, sa tension, sa respiration et son silence, répond l’axe horizontal formé entre l’arc et la cible par la flèche, leurs matières, leurs sensibilité à l’humidité, au vent, à la chaleur, leurs sons et leur puissances, intimement liées (celle de la corde, de la flèche, de la résistance de la cible).
Entre les quatre points de ses deux axes : du sommet de la tête au pieds ancrés dans le sol et de l’encoche au centre de la cible, c’est une croix parfaite, sereine, concentrée à l’extrême qui se dessine. Dans la clarté et la précision d’une posture vivante et sans autre utilité que celle de se sentir pleinement être, dans l’instant.