POUVOIR Δ : GREEN POWER

C’était entendu, le bouton vert allait régler une bonne partie des problèmes. Pragmatique, efficace, rapide et moderne, il était LA solution des intelligences convergentes. Le summum du design thinking, la quintessence d’années de planification des politiques publiques, résumées en une belle petite pierre d’émeraude, coulée dès construction dans la pièce principale de chaque maison nouvelle (on raserait le reste). Il suffisait de dire, « tu es poussière et tu retourneras à la poussière » en la touchant pour que la désintégration s’opère. Les cendres étaient, bien sûr, compostables.

Début d’artichaut

Que devient l’art, que devient la poésie, que devient le concret, quand tout se liquéfie ? Quand les relations, les valeurs, la matérialité se transforment en impulsions stockées dans des serveurs à des milliers de kilomètres de là. De là où nous parlons. Où nous tentons de produire quelque chose. De durable. De valeur. De dur. Mais non. Fluxus. Alors inventer autre chose. Une autre manière d’envisager l’original. Des œuvres reproductibles à l’infini, faites du matériel le plus commun. Non plus la toile, l’acrylique, le pastel, mais un nouveau fichier>texte et une police de caractère élégante, lisible, identifiable par tous. Pas peur. Art access, accessible : l’Helvetica Neue. Symbole de conformité, d’uniformité, assimilé avec un humour relatif par le designer Erik Spiekermann, fondateur de United Designers à Berlin, « à une armée de soldats nazis marchant en rangs serrés ». Uniformité et norme de ce monde made with GAFA, à une époque où l’intelligence artificielle et l’Internet des objets commencent à peine à poindre. Où nous aurons bientôt tous besoin d’art. D’un art reproductible, libérateur, comme un mantra. Un art si normé qu’il en sera subversif 1.0, jouera avec les codes à en faire perdre la raison à aimer:algorithme. Ce n’est que le début de l’artichaut. Dada !

Les homards

Ce qui se joue, ce qui est en train de se jouer, aurait à voir avec notre degré de liberté. Ce qui se joue, serait l’estimation de notre marge de manœuvre individuelle. Celle que la communauté à laquelle nous participons est en train de redéfinir. Les interdictions sont massives. Les permissions immenses. Plus rien ne nous est, ne nous sera imposé. À nous de choisir. Aux autres de s’adapter. Mais tout se fait lentement. à petit feu. Sauf, parfois, une détonation qui nous fait prendre conscience. On ne parle plus dans les openspace. On tapote, communique, slackons sans autre cliquetis que celui des claviers. Mais on choisit son temps. Son lieu. Son programme. Fluidité apparente, de plus en plus canalisée. Mais la température de l’eau est décidée ensemble : démocratie participative, coworking, coconstruction et communication bienveillante. Alors il ne faudrait trop rien dire. Même quand la température augmente. Si nous savons cliquer, nous trouverons très vite le code de réduction. Nous sommes les clients-rois d’un monde de libre esclavage.

Engageons-nous en littérature : le documentaire

Un très beau documentaire autour du salon du livre du pays d’Apt  sur le thème « engageons-nous en littérature » auquel j’ai eu le plaisir de participer cette année. De très beaux moments avec les enfants et les adolescents, relatés dans la nouvelle édition de mon recueil Où nos ombres s’épousent-Vivre l’absence. Merci à tous et particulièrement à Danielle Bruel de l’association Le goût de lire qui fait, avec toute sa belle équipe, un travail formidable pour sensibiliser les jeunes à la lecture et l’écriture.

Le salon du livre du pays d’Apt est une manifestation biennale organisée par l’association Le Goût de Lire. Celle-ci oeuvre depuis trente ans à la promotion du livre et de la lecture mais aussi de l’écriture à travers les ateliers qu’elle propose tout au long de l’année en partenariat avec les enseignants (écoles maternelles, primaires, collèges et lycées du territoire), les bibliothèques et médiathèques, les centres de loisirs, les associations culturelles et de nombreux partenaires.
Le salon du livre est donc la partie visible de l’iceberg qui permet notamment aux lecteurs, jeunes et adultes, de rencontrer des auteurs de renom. Pour cette cinquième édition, placée sous le signe de l’Engagement, Le goût de Lire s’est associée aux éditions Actes Sud Junior et Bruno Doucey éditeur. L’occasion pour les 28 auteurs invités de découvrir, sur le terrain, le travail de cette poignée de passionnés, entre action sociale et culturelle.
Image et réalisation Olivier Meissel © Zoom Allure Sud
Durée 52′