Sur le western

Dans le western, tout, du grincement de la porte du Saloon à l’arrêt du chant des grillons, fait symbole. Chaque phrase, chaque geste, chaque grâce signe notre humanité. Une danse des puissances où la morale n’a pas sa place. Ou le contrat social du vivre ensemble et les discours qui l’accompagnent (le bien, le mal, le camp à choisir) ne résiste jamais au premier acte. Une  école de lucidité. Une remise en cause radicale de la dualité. Retournement d’une incroyable audace : rien de moins clair, en vérité, que ce duel qui ne dissipe aucune des brumes de l’âme. Rien de plus authentique aussi. Lorsque l’homme sort de sa maison, toujours en clair-obscur, sous le soleil des autres, il est seul. Libre. Ou sur le point de perdre cette liberté. Un jeu de la vérité où les positions fluctuent au rythme du vent. Ou le libre-arbitre se confronte sans cesse à la justice des hommes. Un combat cosmique à hauteur de chacun. Une mythologie réduite à l’essentiel. Alliances et trahisons, pouvoir et corruption, amour et vengeance. Tout est là, clair, brut. La naissance, la mort, l’amour, la solitude. Mais surtout, surtout, la vibration d’intensité toujours changeante entre l’envie et le désir. Comme le secret du monde.

De loin, le western passe pour un sous-genre de l’industrie culturelle, juste bon à flatter nos pulsions les plus basses. En son cœur, le bon western est un détonateur interne. Une dose de nitroglycérine qui arrive à nous faire douter de notre propre morale. C’est qu’ici, ce qui importe n’est pas l’histoire d’hommes et de femmes interchangeables dans une Amérique mythifiée. Au fil de la pellicule, suspendu au silence, se joue la survie de ce qui nous anime.

« Il taille un morceau de bois. Et j’ai l’impression que quand il aura terminé, il se passera quelque chose. »
Il était une fois dans l’Ouest, Sergio Leone, 1968

Rendez-vous le 17 juin à la Guillotine (Montreuil)

Rendez-vous le Samedi 17 Juin 2018 de 16h-19h à LA GUILLOTINE (Montreuil) pour une Périphérie du Marché de la poésie : Carte blanche aux Éditions Bruno Doucey en présence de Stéphane Bataillon, Claude Ber, Louise Dupré, Hala Mohammad, Caroline Boidé, Aurélia Lassaque, Paul de Brancion et Bruno Doucey. Avec une performance artistique et musicale de Gilbert Conan et Christophe Rosenberg.

La Guillotine, 24 rue Robespierre, 93100 Montreuil / M° Robespierre.

Notes sur la poésie #55

Quelle visée pour le poème ? Le cœur. Non pour l’impressionner, le clouer sur place, le toucher en plein – crise cardiaque. Mais pour le laisser entrer en résonance avec l’onde portée. Sans pudeur. Avec courages. Courage du dévoilement, courage de l’abandon. Qu’en un instant, deux voix venues d’ailleurs vibrent le même espace.

Deux rendez-vous samedi 9 juin

Deux occasions de se rencontrer pour échanger et écouter des poèmes :

SAMEDI 9 JUIN 2018 de 13 à 14h, PARIS – 36e Marché de la poésie
Dédicace sur le stand 200 des éditions Bruno Doucey. Marché de la poésie : Place Saint-Sulpice, 75006 Paris. Entrée libre.

SAMEDI 9 JUIN 2018 – Centre Oecuménique et Artistique de Chartres – 20H30
Lecture-rencontre : L’œcuménisme par les poètes, en compagnie de Christophe Jubien, Marina Poydenot et François-Xavier Maigre.
13 Rue Dr Jacques de Fourmestraux – 28000 Chartres. Plus d’informations : http://bit.ly/2Csp12V

Au plaisir de vous y rencontrer !

 

Sortie de Gustave #75

Voici le nouveau numéro de Gustave, mensuel poétique instantané. En ce beau mois de juin, un numéro 75 sans orages à l’horizon, à découvrir entre les pluies. Enluminé comme de coutume par les monstres mignons de Saint Oma.

 

Gustave, c’est un mensuel poétique, numérique et gratuit. Une œuvre-journal à durée limitée, disponible uniquement durant son mois de parution.

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