UPPLR #103 : La Lette (extrait), par François Graveline

Elle vint, ardente, elle vint, douceur,
elle vint, lumière
Elle, m’inventant

Elle la poésie

Comme l’eau des fontaines,
l’être jaillit des mots

Un jour, contre le mur de la grange
elle m’embrassa
Mon premier baiser

Sa langue, je la sais toujours.

François Graveline
La Lette, L’Étoile des limites, 64 p., 8 €

Écoutez ce poème (lecture Stéphane Bataillon) :

 

Dans la très belle collection « Le lieu et la formule » des éditions L’Étoile des limites, où les poèmes d’André Velter, de Jean-Luc Steinmetz ou de Salah Stétié ont déjà été déposés, François Graveline, né en 1959, nous invite à une balade dans la lette, nom local des Landes de Gascogne. Il y sublime les éléments sur cette bande de sable « Un petit fleuve, un rivage, un ciel/comme un adieu passé ». Sa formation de géologue comme son amour de la poésie (il coanime l’intéressante revue Arpa, qui ouvre ses pages aux poésies de l’intériorité) le rend proche d’une simple pierre. Un « rien du tout » qui se transforme d’un vers « comme un point de vue sur le monde ». Un horizon sur l’ici, qui convoque les souvenirs d’enfance, les émois et les élans de l’enfance, cette « bataille du plomb et de l’argile (…) celle des cow-boys contre les Indiens, des forts contre les faibles, de la raison contre le rêve ». Alors, nous l’accompagnons au fil de ces pages confidentes. « Et la joie incendie. »

Stéphane Bataillon

(Poème à retrouver dans le numéro 103 de La Croix L’hebdo du 15 octobre 2021)