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Étiquette : invitations diaspora

Framasphere (Diaspora*), le nouveau réseau social libre

Un réseau social ouvert, sans aucune publicité, dont la règle de base serait de respecter la liberté de l’utilisateur, sans utiliser d’une manière ou d’une autre ses informations. Une utopie ? Non, Diaspora*. (MàJ août 2015)

Sous couvert de service gratuit, la marchandisation de notre vie privée par les réseaux sociaux n’est pas une fatalité. Plutôt que de se lamenter sur les pratiques des mastodontes aux tentations orweliennes, allons voir du côté des alternatives libres. Ces solutions gratuites, ouvertes et réellement au service des usagers qui, comme Linux, Firefox, WordPress ou Wikipedia, permettent de conserver au réseau sa dimension démocratique initiale.

En 2010, Max Salzberg, Dan Grippi, Raphael Sofaer et Ilya Zhitomirskiy, des étudiants de l’Université  de New-York, férus d’informatique, ont imaginé un nouveau type de réseau social : un réseau qui ne serait pas détenu par une entreprise privée mais par la communauté de ses utilisateurs et où les données publiées ne seraient plus centralisées en un lieu unique.

 

« Pods » et « aspects » : le respect de la vie privée des internautes au premier plan

Avec Diaspora*, les données (cryptées et sécurisées par défaut) sont partagées sur différents serveurs autour de la planète, baptisés « pods ». Chacun est libre d’en installer un chez lui, afin de conserver les données et photos qu’il partage uniquement sur son ordinateur. Une solution libre, sans aucune publicité, où l’on choisit facilement avec qui échanger ses infos (et avec qui ne pas le faire) grâce à des groupes de contacts très facilement modifiables, les « aspects ». Une fonctionnalité adoptée également par Google+ avec ses « cercles » et qui est en train d’être déployée sur Facebook. Une prise en compte bienvenue, impulsée par Diaspora* qui témoigne de l’influence positive du réseau libre sur ses concurrents. Une évolution constructive et collective en somme.

 

Les 12 raisons pour migrer vers Diaspora* (version originale de David McCauley en anglais)

  1. C’est un logiciel libre.
  2. Aucune publicité d’aucune sorte !
  3. Vous avez le contrôle complet de vos données privées.
  4. Pas de nymwars (suppression intempestive des comptes par le service)
  5. Pas de censure, postez ce que vous voulez
  6. Pas de Big Brother pour vous espionner
  7. Pas de limites de taille sur les posts ou les commentaires
  8. Gifs animés permis
  9. Pas de limites sur la taille ou la forme des photos
  10. #Hashtags!
  11. Interface simple et élégante
  12. Communauté conviviale et intéressante.

 

La fin de la « licence d’utilisation » des contenus : une défense concrète du droit d’auteur

En cette période de crise, où l’on a souvent juste envie d’un peu plus de temps et d’espace pour se retrouver, l’apparition de Diaspora*, au design élégant et épuré, est peut être l’une des innovations les plus prometteuses de cette rentrée : un réseau privilégiant le contenu des posts  et la convivialité plutôt que la survalorisation des egos tournant à vide. Loin d’être un réseau « de plus », Diaspora* porte clairement une dimension éthique et politique. Une solution citoyenne pour bénéficier des apports d’un réseau social sans avoir l’impression de se transformer, à chaque post, en un « profil client » de plus en plus affiné. Pour les créateurs, c’est aussi la fin de la « licence d’utilisation » des contenus, octroyée automatiquement à chaque post (et donc les œuvres, textes, images, s’y trouvant) sur les Facebook et autres Google+ : ce qui est diffusé sur le réseau n’appartient en rien au diffuseur. C’est une évolution déterminante pour tous ceux qui crée et partagent leurs créations aujourd’hui. Bien sûr, le projet, encore très jeune, n’est pour l’heure qu’en version « alpha », peu d’utilisateurs francophones sont présents et beaucoup de fonctionnalités ne sont pas encore intégrées (impossibilité de corriger un post une fois publié, de migrer son profil d’un serveur à l’autre…) . Mais, au vu des contenus présents, on se sent bien, en face d’un peuple connecté et éclairé, avec des posts et des photos très créatives et une vraie dimension militante autour de la liberté d’expression (garant espérons-le, d’une bonne tenue des échanges sur le long terme).

 

Pourquoi je migre vers Diaspora* ? 

Malgré ces incertitudes, et malgré le caractère quasiment incontournable de Facebook, j’ai décidé de transformer le site afin de soutenir et de rendre populaire cette initiative au regard de la diffusion (si modeste soit-elle) de ma poésie. Comment ne plus être écartelé entre la volonté d’offrir un bel espace de lecture sur le site et la débauche de publicité des pages Facebook, de moins en moins adapté, selon moi, à la lecture en ligne d’un texte poétique. Comment ne pas se passer de la formidable exposition et du partage qu’offre un réseau social tout en portant une vision calme et apaisée de la poésie, jusque dans son mode de diffusion ? Comment, en définitive, arriver à soumettre les technologies au lieu de la « page« , au bonheur des mots, et continuer d’insuffler ces textes où bat le cœur d’une grande partie de mes contemporains, dans le monde numérique ?

Loin d’être une posture un peu « geek » ou faussement branchée, je crois profondément que la poésie doit avoir droit de cité dans le flux numérique (d’où mes nombreuses explorations autour de l’édition et l’écriture numérique et collaborative). Et pour se faire, un simple blog ne suffit pas, il est important de rester au plus proche des mouvements du monde, et suivre, et s’adapter, pour offrir ces mots toujours au plus grand nombre. Un lyrisme des sources connecté. Et puis, derrière tout ça, une petite lassitude de tout ce temps passé à naviguer plutôt qu’à écrire. Le besoin de recentrer les choses pour puiser plus profond, sans pour autant se renfermer et perdre ces formidables occasions de rencontres et d’échanges qu’offrent le réseau.

Il ne s’agissait donc pas d’abandonner les réseaux, mais d’épurer et d’alléger mes pratiques afin de partager plus… et plus joyeusement. Sur le site, comme certains l’ont remarqué, j’ai considérablement réduit la place naguère occupé par les réseaux sociaux : plus d’encarts Facebook et Twitter, les options de partage renvoyés au-delà de la première page. Mais pour le partage sur les réseaux, je n’avais trouvé jusqu’ici aucune alternative acceptable et correspondante à cette volonté de calme et de partage plus libre. Diaspora* en est une, libre. Et je sais ce que je dois aux technologies libres. Sans elles, ce site n’aurait jamais vu le jour.

Le respect de la « vie privée » n’est pas une question pour vieux schnock et oui, nous nous mordons désormais les doigts d’avoir livré sans réfléchir nos vies intimes à des entreprises purement marchandes.

Une utopie concrète à tester

Pour vous permettre, vous aussi, de tester cette alternative, de changer les choses en prenant ses usages numériques en mains et de participer, pour ceux que ça intéresse, à cette utopie concrète voici les liens essentiels :
1 – L’article sur Diaspora* de Wikipédia (une bonne et rapide introduction)

2 – Un guide du débutant de Diaspora* en français

3 – Le lien vers Framasphere (la « version » ou « pod » française de Diaspora*) (un des nombreux serveurs – ou « Pod » disponible hébergeant la solution)

Stéphane Bataillon

Profil Diaspora* : https://framasphere.org/u/sbataillon

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