Réveil

Il nous reste trois minutes
pour penser à ces mots
d’une soirée de printemps

Pour se blottir encore
entre nos deux chaleurs
qui annoncent le jour

Savourer chaque seconde
sous la couette.

Rendez-vous à Vandoncourt

Rendez-vous ensemble demain soir pour fêter le Printemps des Poètes à Vandoncourt : le temps d’une lune, un parcours de 28 poèmes dans le village et une soirée de poésie ouverte et de lectures et de rencontres samedi 28 mars à 20 h à la Salle de la Catherinette. 25230 Vandoncourt, Doubs. Au plaisir de s’y croiser.

Lisant Tomas Tranströmer (Hommage – poème et prose de 2011)

Assis sous le soleil, sur notre banc de bois face aux dents du midi. Les enfants jouent avec toi, rient derrière la fenêtre. Les autres ? Un est monté à l’arbre pour récolter des pommes. Un fredonne, l’autre coud, et les deux autres lisent. J’arpente la poésie de Tomas Tranströmer. L’eau qui a goût de fer. Les écailles du dragon, et cet arbre qui marche pour soutirer la vie à la pluie qui s’abat. Je pense « les jours heureux ». Je pense que cet instant repousse la nostalgie. J’ai trop chaud. Je remonte un instant. Le chalet nous protège.

Seul             manque.

Comme j’aimerai qu’elle soit. Qu’elle ensoleille. Mais sans rien remonter des chemins de douleurs. Juste avec nous. Une des enfants m’appelle pour commencer un jeu. Arrêter de fixer. Reprendre le cours du temps et savourer la vie. Grâce.

Un seul livre composé
avec la patience
d’un vieux maître-laqueur

L’énergie du dragon
concentré dans l’écaille.

Pour Tomas Tranströmer (1931-2015)

Tendrement,

Nocturne en do mineur de Chopin. Se revoir écoutant sa mère le jouer. Prendre soudain conscience d’une douce chaleur. Se dire que ces notes-là seront celles du chagrin lorsqu’elle disparaîtra dans l’infini des nuits.

B.o.p (Bande originale du poème) : Eyes Shut – Nocturne in C Minor, Ólafur Arnalds & Alice Sara Ott, The Chopin Project.

Le paradisier : un Cd de « grands poètes pour petites oreilles »

Le paradisierLe premier volume du Paradisier vient de paraître en CD sur le label Arc en Ciel. De « grands poètes pour petites oreilles »: 15 poèmes d’auteurs tels que Théophile Gautier, Jacques Roubaud, Boris Vian, Paul Verlaine ou encore Maurice Carême, mis en musique par Jacques Yvart, Max Rongier, James Ollivier ou François Corbier.  Une compilation des meilleurs titre de la collection de disques dirigés dans les années 80 par Jacques Charpentreau. Entre les chansons, de petits interludes, dont un de mes poèmes, le magicien minuscule, dit par Gérard Rouzier :

Prépare-toi à la pluie

Pour Murielle, Gérard, et les âmes alentours.

Prépare-toi à la pluie
avant de recevoir
les rires et les silences
qui fondent l’amitié

Prépare-toi à la pluie
avant que l’eau frémisse
délivrant l’amertume
de la feuille de thé

Prépare-toi à la pluie
et ne tremble jamais
lorsque le bol se trouble
d’une pointe de sel

Prépare-toi à la pluie
et ne regrette pas.

 

 

Fais un délicieux bol de thé ;
dispose le charbon de bois de façon à chauffer l’eau ;
arrange les fleurs comme elles sont dans les champs ;
en été, évoque la fraîcheur, en hiver, la chaleur ;
devance en chaque chose le temps ;
prépare-toi à la pluie ;
aie pour tes invités tous les égards possibles.

Les sept règles de Rikyū de la Voie du thé (Chadō)

Conférence au Salon du livre

DIMANCHE 22 MARS – SALON DU LIVRE DE PARIS -13h30-14h30 / Square jeunesse (U26)
Conférence : Écoutez ! Les livres parlent… aux enfants.
Un livre, c’est un livre. Un CD, c’est un CD. Mais un livre-CD, ce n’est pas qu’un livre avec un CD ! C’est un tout univers, texte, image, son, musique qui s’ouvre à tous les sens de nos enfants. Qui se cache derrière ces livres-audio? Entrez en famille dans les coulisses interactives d’un livre-audio, avec des invités exceptionnels : Alice Butaud et Pef (auteurs-lecteurs), Thierry Balasse (réalisateur sonore), Hélène Kudzia (bibliothécaire) et Stéphane Bataillon de Radio Pomme d’Api, pour modérer les échanges.

Design du poème (23)

Partir, pour mon poème, d’une expérience vécue. D’une étincelle de réalité pour lui donner l’énergie et la sincérité nécessaire. Il ne l’a pas assez fait durant ces derniers mois. Cause d’une lassitude, d’une place moindre de la poésie dans mes priorités et d’une crainte. Crainte de ne plus toucher avec la seule chose que je peux écrire en ce moment : la joie à la fois immédiate et inaccessible d’un sourire. Cette simplicité belle et gratuite dont je ne cesse de lire l’exigence dans les textes sur la pensée asiatique. Celle que j’aime dans le haïku, celle qui se perd par crainte d’un manque d’éclat. Lumière contre lumière dont l’une est à polir, demandant un effort pour être discernée. Cette simplicité qui en éloigne beaucoup du haïku, parce qu’ils n’en ressentent pas le goût, parce qu’ils le trouve fade, quelconque, indigne de leur attention. Dans ce peu comme dans l’eau est contenu pourtant le seul secret du monde. Et ce secret est indicible. Et seuls les poètes usent leur parole, vainement, intensément, pour le percevoir. C’est leur unique rôle, d’hier à demain. C’est le mien, à défaut d’autre chose. Alors, simplement, reprendre. Écrire, sûr et serein, à la suite des autres : « poésie, la vie entière ».

La vie est utile

La vie est utile. Pour regarder les bourgeons s’ouvrir. Pour être ému de ces couleurs, du vert vif, du mauve, preuves d’une victoire contre la tétanie. La vie est utile pour regarder son enfant à vélo s’éloigner et prendre de la vitesse. Pour deviner son sourire. Pour entendre sa femme dire que c’est cette image là qui revenait toujours lorsqu’elle se rêvait mère. Pour écrire de la poésie. La vie est utile.

Bain

La chaleur de l’enfance
enivre mes narines

Parfum d’amande douce.

Spring

Le bourgeon a éclos
d’une branche laissée pour morte

Et le vent tourbillonne.

B.o.p (bande originale du poème) : Björk, Bachelorette.