Plein de choses. Plein de choses, de gens, d’idées, de goûts et de gestes nous rencontrent chaque jour. Pourtant, il est rare qu’on les remarquent pour les suivre, les creuser, cheminer avec elles. C’est un hasard qui se transforme, encore plus rarement, en évidence. C’est je crois, ce qui m’arrive avec le protestantisme libéral. Une option théologique ouverte, libre, très soucieuse des termes et des silences utilisés pour se rendre disponible à la relation.
La théologie protestante libérale, de Schweitzer, de Gounelle et du process, de Laurent Gagnebin, de l’école Évangile&liberté, correspond à mon goût esthétique. Il se rapproche, après quelques milliers de pages, de ce silence habité du zen. Cette liberté de ne plus rien dire pour se laisser libre, en compagnie de tous les autres, de contempler la création en train de se faire, se défaire, se recomposer sans cesse dans l’infini.
Cette théologie est un art poétique, qui renoue sans cesse le lien avec les Écritures, recharge sans cesse le potentiel électrique de ses versets, nous permet d’atteindre une efficacité chargée d’humanité. Elle est l’un des remèdes contre le renoncement.