Reprendre l’écriture. Sans but. Sauf celui de suivre le cours des choses. Des êtres et des regards croisés. Écrire pour dire à notre tête, crispée, à notre corps, tendu, qu’il y aura, quoi qu’il arrive, un refuge de parole. Repartir vers l’horizon, cette clairière où revenir faire zazen. Face au mur, au blanc, à nos ombres qui passent. Se remettre à écrire pour repartir à l’aventure. Les soirées au port, éclairées par les lampes à huile de notre taverne Stevenson, ont étés trop froides, malgré la canicule. Les idées ont trop tournées en boucle, malgré la lourdeur de l’air. Il est temps de reprendre la mer, de lever l’ancre, de quitter la rive de nos habituels ressassements. Vers des formes simples, vers le minimal, chambre et maison rangée. Vers quelque chose à dire d’immédiat, d’évident, de la magie du monde. Comme dans les poèmes du petit carnet que je t’avais offert il y a 19 ans. Écouter calmement Roland Yuno Rech parler du zen, relire quelques textes, s’assoir juste. Avec un thé brûlant à 23h28.