Note sur la poésie #85 : Processus du poème

Le poème est un principe cristallisateur, qui permet de transformer le réel perçu, le savoir arrivé au seuil de notre être, en connaissance. C’est à dire en information utile, car accueillie, permettant de vivifier notre puissance d’être.

Le processus du poème en train de s’inventer, de s’écrire, de se densifier par étapes de réduction, de nettoyage des scories, de densification, rejette, retient et assimile les éléments de ce savoir extérieur. Il les fait résonner avec nos éléments intimes déjà présents : souvenirs, bribes de paroles tournantes, énergies et émotions circulantes, afin d’obtenir un produit nouveau. Une matière nouvelle, vivante, qui procède d’une incarnation inversée prenant source dans le corps du poète, devenu passeur actif de ce réel premier.

Cette transmission, acceptée nous déleste : d’énergie, de mots, mais procure en retour de don, et par le fait même de son achèvement, un apport d’énergie nouvelle. Une dynamique qui est point d’étincelle. étincelle noire ou blanche selon ce qui en sort, rappelant le jeu des ténèbres et de la lumière et notre position qui, par cette énergie, nous fait passer de l’état de pion à celui de maître du jeu de notre humanité.

Comme le chant ou la prière, cet exercice du poème est un artisanat. Une maîtrise des lumières.

Plus que le point incandescent de la langue, le “faire poème” est l’une des réalisation de notre incandescence. Incandescence d’un feu qu’il nous faut entretenir pour qu’il tienne jusqu’à cette aube dont nous ne savons l’heure.

En fantasy

Bernard Sleigh. An Ancient Mappe of Fairyland, Newly Discovered and Set Forth. 1918

J’ai longtemps cherché une terre d’accueil. Une question entre légitimité et imposture. Une volonté enfantine, de la toute-puissance enfantine, de se sentir reconnu sans appartenir au groupe. Une tension créatrice qui m’a poussé, curieux, sur le chemin du poème. Mais pour raconter quoi ? Car il faut, même ici, une histoire. Quel exil ? Quelle perte ? Quelles interrogations ? Se mettre dans les pas des des figures précédentes, refaire les voyages, formuler les senteurs ?

À un moment, il faut accepter de plonger. Pour creuser, pour s’imprégner vraiment et pouvoir en sortir quelque chose. Une forme d’abandon lucide afin de trouver peut être quelque chose de sûr qui, dans les temps mornes, dans les heures fades, empêche la déprime. Quelque chose qui veille sur la lumière. Sur le brin d’herbe. Sur la trace d’une unique et tendre caresse à l’intérieur de nous. Pas dans la tête, sûrement dans ce cœur symbolique situé à notre centre.

Je crois qu’il faut croire

Que c’est l’une des solutions.

En quoi, en qui ? À chacun de la décider. Mais croire.

Je crois que je crois en la fantasy.

Je crois que je crois au sacré, à la simplicité, à l’imagination performative et à la liberté qui parcourt le fairyland. Tous ces contes merveilleux, ces créatures magiques, ces morceaux du miroir qui se rapportent à nous, à notre histoire, à ce que nous allons, demain, y faire, quelque soit les moyens mis à notre disposition. Quelque soit les périls, les empêchements du corps, les chagrins et les joies.

Depuis mon premier recueil, “Où nos ombres s’épousent” ce substrat de merveilleux est présent : fées, vieille auberge, alchimistes, dragons et sortilèges surgissent dans le poème, dans cette expérience reformulée de mon quotidien. Il vient combattre l’étouffement, la surveillance, sans séparation entre réel et imaginaire, sans passage dans un autre monde. Le monde du poème, à la fois enclos et ouvert aux possibles, fait office de frontière, géographique comme temporelle. Cette présence du merveilleux n’a jamais été forcée, jamais vraiment pensée non plus.

En pleine réflexion sur l’autobiographie, sur les limites à poser pour se raconter, je tente une fiction, une “épopée fantastique”, dans ce genre qui m’attire. Je me rend compte que l’histoire personnelle, même travestie, revient toquer à la porte des sorciers et des mages : la culture orientale transmise, l’exil, la perte, la fidélité à soi, à son histoire, aux autres.
La fantasy est encore, parfois, vu d’un mauvais œil, encore dénigrée par certains, surtout en littérature. À tort. À la question de savoir s’il ne risquait pas de se retrouver dans un ghetto littéraire en orientant sa production vers la fantasy, l’écrivain américain Stephen Lawhead répondait “Oh, c’est un ghetto vraiment immense. Je n’ai jamais eu l’impression d’être limité” (1).

Aujourd’hui, après de grandes œuvres comme celle de Jacques Abeille, une nouvelle fantasy à la française littéraire et exigeante, de Jean-Philippe Jaworski à Claire Duvivier, permet au genre de continuer à s’imposer durablement dans le paysage. Elle mêle l’intime et la transcendance, l’écologie et l’ouverture, la merveilleux et l’imaginaire pour un cocktail actif propre à stimuler nos vies, qui, face à la pandémie, en ont tellement besoin. Une haute littérature. Actualisation nécessaire des gestes contées par les troubadours. Qu’il faut chanter, qu’il faut porter. Qu’il faut mettre en poèmes.

Je tente cette aventure. Pour moi. Pour ceux qui suivent mon écriture. D’une grande joie.

(1) Dossier Fantasy, Yellow Submarine / Manticora , 1998.

Note sur la poésie #81 : de la confiance des pierres

Spiritualiser la matière. Entrer en amitié avec cette pierre apparemment inerte et apprendre à l’aimer. En se laissant séduire par son habitus, émerveillé par les inclusions qu’elle contient. Voir des montagnes chinoises dans cette fluorite, un cosmos en mouvement dans ce jaspe kambara, ou l’œil d’un reptile dans le vert serpentine. Être touché au cœur par ces témoins de monde vieux de millions d’années au creux de notre main.

Y a t’il une énergie qui passe entre nos corps ? Y a t’il un échange qui s’effectue, subtil, durant l’observation ? Se pourrait-il qu’une énergie s’active, de par cette relation ? Des questions inutiles, cette fois, pour le poème. Il y a connexion et fourmillement de joie. Cette joie d’être au monde dans le silence des pierres.

Note sur la poésie #80

Il y a quelque chose de simple, d’évident, dans l’exercice de la poésie. Il y a soi &. L’observation des choses, l’écoute de ce qui résonne. Une captation d’intime délicate, qui est matière brute, délicate et offerte, pour qu’émerge un poème. Un poème pour les autres, pour activer d’autres remontées. D’autres intimes. Une manière si simple et si fragile à la fois, d’exercer notre travail d’homme, notre puissance. Telle quelle.

Note sur la poésie #79 : De l’imagination

Laisser le poème agir. Laisser se déployer en nous ses images, ses mouvements, la relation de créateur à création que nous entretenons avec les mots, leurs agencements. Et ce, en gardant une certaine tension d’éveil, sans se laisser entraîner trop loin (délire, folie) qui rendrait, pratiquement, le poème illisible.

Se laisser transformer sans se faire submerger, pour saisir, d’une étincelle, ce qui unit, ce qui permet la résonance, cet instant de bonheur divin. Puis agir, au bon moment, pour faire sortir cette impression, la coucher, la fixer sur le papier. Révélateur de notre pellicule intime. En prenant soin des mots finalement choisis, de leur juste intensité pour que le développement ne soit ni sur, ni sous-exposé à la lumière.

Arriver à faire jouer en nous ce double mouvement, de tension lucide et d’ouverture à l’inconnu, voici peut-être ce que certains appellent “Vérité”. Une alchimie intérieure, au creuset de notre être, avec comme matière idées et éléments puisés au sein du monde. Des matériaux sûrs, éprouvés par les hommes : symboles, mythes, contes, vieilles paroles transmises jusqu’à nous. Un mouvement subtil, formulable, mais qui ne peut se comprendre sans cette épreuve intime. Épreuve de création, de lecture, de contemplation. D’imagination.

Note sur la poésie #78

Le poème est l’expression d’une idée sous forme concrète. Une matérialisation jouant de ses possibles. En convoquant des termes venus du cœur des langues, le poème crée une harmonie. Il reçoit et transmet, à la mesure de l’homme, dans un flux continu de sa récitation. Don hérité, activé et transmis, pour le bien de la communauté qui l’entendra et le lira, le poème est une petite merveille d’humanité pleine. Sa valeur, infinie, ne serait-ce que parce qu’elle préserve la parole d’un être dans sa singularité, dans un espace-temps donné, explique qu’elle ne puisse véritablement se vendre. C’est une joie, vivante, intarissable. De la pure énergie.

Note sur la poésie #77 : Mundus imaginalis

Peut-être qu’avec le conte de fée, la poésie est le plus bel écrin pour formuler l’imaginaire. Deux genres, contraints et codifiés en apparence, pour transmettre par les mots un peu de l’énergie qui permet à chacun de s’éveiller à soi, aux clairières alentours, sans autre frontière que les reflets dans le miroir. La puissance de l’imaginaire, sa reconnaissance, sa prise en compte à chaque instant : là est la source dont il faut s’abreuver.

« La fonction du mundus imaginalis et des Formes imaginales se définit par leur situation médiane et médiatrice entre le monde intelligible et le monde sensible. D’une part, elle immatérialise les Formes sensibles, d’autre part, elle « imaginalise » les formes intelligibles auxquelles elle donne figure et dimension. Le monde imaginal symbolise d’une part avec les Formes sensibles, d’autre part avec les Formes intelligibles. C’est cette situation médiane qui d’emblée impose à la puissance imaginative une discipline impensable là où elle s’est dégradée en « fantaisie », ne secrétant que de l’imaginaire, de l’irréel, et capable de tous les dévergondages. »
Henry Corbin, Corps spirituel et Terre céleste, Prélude à la deuxième édition (1978)

Note sur la poésie #76

C’est si dur, finalement, de vivre au quotidien. En prenant soin de regarder les détails de la vie. Feuille qui tombe, cliquetis de clavier, rayon de soleil furtif… De s’y arrêter. De les décrire, même d’un ou deux mots, pour se les attacher. C’est si dur finalement de se contenter de ça. De s’en contenter pleinement. D’y trouver assez pour se nourrir le jour. De trouver dans ce quotidien, dans ces mots du quotidien, cette richesse infinie qui tend vers l’absolu. Cet essentiel toujours à portée, mais invisible au cœur, trop pressés que nous sommes par les bruits et les heurts de la modernité. Alors, essayer de s’extraire, encore une fois, très temporairement peut être, des réseaux. Une sorte de jeûne numérique. Pour retrouver un temps non de silence, mais d’espace mémoire. Une libération avant tout autre projet. Pour s’offrir, comme un cadeau, l’horizon nécessaire à d’autres formulations. Pour diminuer la pollution visuelle. Discerner le chemin. S’aventurer.

Note sur la poésie #75

Que fait-on, lorsqu’on écrit un poème ? On ramasse des mots dans le champ. Ceux qui sont remontés à la faveur de l’évènement. Une parole, une émotion, une chose vue, un regard. On les prend, les soupèsent. Certains sont écartés.

On ne conserve que les plus singuliers dans un coin de la tête. En petite quantité. Seulement ceux qui, chargés, apporteront au poème ses reflets merveilleux. Qui saisiront l’instant, à nul autre pareil.

Puis on s’occupe du fil : les articles, les conjonctions, la ponctuation et le blanc sur la page. On harmonise le tout par la disposition. Jusqu’à ce que cela tienne, immobile d’apparence, d’une fureur intime.

Cathédrales de rosée dont l’édification, parfois, ne dure qu’une minute. Parfois plusieurs mois.

Et puis ça sort de l’atelier. Une parure de diamants pour éblouir le monde sans un éblouissement.

On fait un poème

On opère le miracle

c’est à notre portée

Joaillier de la parole.

Note sur la poésie #73 : Baskerville

C’est agréable d’écrire en Baskerville. Ça donne au poème quelque chose d’installé. De ce qu’il me faut d’assurance pour pouvoir être libre de jouer avec les mots. D’initier le vers, de lancer le rythme d’une concordance inhabituelle. C’est agréable d’écrire en Baskerville, ça fait penser à l’angleterre, à Sherlock Holmes, aux gentlemen’s clubs où le calme feutré n’est qu’un leurre pour mieux prendre le temps d’inventer sa vie malgré ses faiblesses. Ça fait penser à Blake et Mortimer. C’est agréable d’écrire en Baskerville. C’est libre. Baskerville.

 

Note : ce site utilise en 2019 une police de caractère open source, la Libre Baskerville, dérivée de la Baskerville, un caractère inventé par le graveur anglais autodidacte John Baskerville en 1757. Une police fluide et ronde, lisible et rassurante. L’idéal pour surprendre son monde. 

Note sur la poésie #72 : Lorand Gaspar

Je n’ai rien écrit sur la disparition de Lorand Gaspar. Faute d’un temps que je n’avais pas. Faute, aussi, de n’avoir pas suffisamment croisé son oeuvre, rapprochée pourtant de celles de ceux qui me font vibrer chaque jour : Guillevic, Perros, Jaccottet, Grosjean, Jabès.
Je vais réparer cela, j’oserai presque dire avec joie. Et j’y reviendrai, hors du temps convenu, mais nécessaire, des hommages. Pour partager ce que j’y aurai trouvé de lumière augmentée, d’énergie transférée, de puissance effective. Pour évaluer la force d’un poème sans le temps.

Note sur la poésie #71 : La forme affirmative

Sentir le manque du poème qui ce soir, faute à d’autres travaux, d’autres mots à écrire, n’a pas eu l’espace nécessaire pour sortir. Être tenté d’abandonner, et puis lire une lettre de Jean-Marie Barnaud sur ses hésitations*, sur les choix à faire au sein d’un poème, ces choix infimes et douloureux parfois nécessaire pour ne pas trahir. Sacrifice d’un mot, d’un rythme, qu’on avait reconnu. Une sorte de déchirement de soi. Un courage admirable et incompréhensible de l’extérieur. Avec, au bout, plus que de la satisfaction. Un des secrets de « cette confrérie-là ».

* Lettre à G.L in « Sous l’imperturbable clarté » Poésie/Gallimard, 2019

Note sur la poésie #70 : rentrée

Tout reprend. Avec ce rythme, cette pression, cette énergie aussi. Si différente des jours passés. Avec une volonté de tout donner aux mots. De les charger à juste titre. De passer encore plus de temps à travailler, heureux et concentré, à cet exercice. Jeu d’une vie. À gagner.

Notes sur la poésie #69

Comment résister aux ultraforces* qui nous divisent, à ces modèles d’existences cloitrées derrière des écrans, attendant ces micro-décharges d’adrénalines quotidiennes, nécessaires pour se sentir vivant, qui nous tuent à petit feu, nous éteignent, captent notre lumière ? Sortir dehors. Toucher les arbres, les plantes, les rochers. Parler face à face. Projeter la parole et désirer l’écho. Faire poème.

 

“Il n’est possible d’aimer et d’être juste que si l’on connaît l’empire de la force, et que l’on sait ne pas la respecter”

Simone Weil

* Pascal Chabot, Exister, résister, Puf, 2017.

Notes sur la poésie #68

Remarque, hier, d’une proche : “Mais ta poésie ne sert à rien, ne fait rien pour aider à résoudre les immenses difficultés du monde, ne s’engage pas, est, finalement, un peu égoïste.” Pause. Doute. Et si tout cela ne faisait qu’ajouter du bruit au bruit ? Une vanité de plus ?

J’espère que non. J’essaye de créer quelque chose, un objet-poème. Un ensemble de matière-mot que je taille et affine, précise, décharge, dans un double but : certes que l’ensemble chante pour moi. Qu’il me procure une très légère et fugace euphorie qui justifiera, quoi qu’il se passe, cette journée de plus. Mais c’est bien pour qu’il puisse, ensuite, et chargé de cette vibration transformatrice, résonner chez l’autre. Lui procurer aussi, par ces mots, quelque chose d’inutile et d’essentiel : une émotion inattendue.

Pour contribuer à intensifier l’énergie du vivant.

Un tweet, d’un ami inconnu, vient, comme toujours par hasard, me rassurer un peu : “Lorsqu’au bureau les heures se font oppressantes, je prends quelques minutes pour lire les derniers poèmes de @sbataillon. Au final, peu importe la tyrannie de l’urgence, puisque “Une rose s’est épanouie / dans la froidure des lunes”

Je ressaisis ma pointe
dès l’aube du jour qui vient

Sans cesse travailler
à la taille des menhirs.

Note sur la poésie #67

13 mai. Plein soleil au dehors après trois jours de pluie.
La poésie, c’est l’ambition folle de condenser les idées et les émotions qui nous parviennent en quelques mots choisis avec tendresse. Quitte à en forger de nouveaux si ceux à disposition ne sont plus suffisants. C’est la confiance en notre pouvoir infini d’imagination, de création d’un monde où nous serions tous concernés. Des silences qui le peuple.
La poésie, c’est la certitude de pouvoir relier d’un mot, d’un verbe, d’une parole. À l’inverse du mal. Contre nos divisions. Pour une forme de lumière comme celle de ce matin.

Note sur la poésie #66

Lire Elfquest, série de comics de fantasy américaine. Couleurs criardes, dessins grossiers et ambiance kitsch. Et pourtant. Être irrésistiblement séduit par cet univers d’elfes, de loups, de magiciens. Être séduit par ces relations, simples et fortes entre les personnages. Par ce destin de clan, par cette épopée, ce mono-mythe inspiré par Joseph Campbell. Être tout à la fois emporté et rassuré. Renoncer aux amarres et se laissez dériver. Se souvenir alors de la couverture orange d’une édition pour enfants de Robinson Crusoé qui était dans ma chambre. De cette énergie confiante en la regardant. Là existe surement un secret de création. L’usage d’une intuition.

Note sur la poésie #65

Tourner autour, tourner pour formuler sans fin ce qui est là. Peu importe le nom, mais cette puissance-là. Active, en mouvement. Lente et rapide à la fois, dans les infiniments. Peu importe l’incarnation, l’intelligence, la conscience éventuelle. Ce mouvement est. Palpable, invisible/visible à chaque seconde tout autour de nous. Et nous en sommes. Toujours dehors, toujours au centre. Dans un alignement parfaitement imprenable. Une droite parfaite qui s’ébrouerait. Entrons dans la danse, oublions l’angoisse. Dansons ensemble jusqu’au matin.

Quel est mon lieu ? la poésie Elle est ma maison, mon odorante maison Elle est la fleur de l’espace

Nicolas Dieterlé

Note sur la poésie #64

Certes, trouver la bonne estime pour inscrire le poème. Pour qu’il reste au niveau de la réalité dont il devient l’image. Mais trouver aussi le bon moment. Celui où l’écriture ne sera tentée ni par la nostalgie ni par les projections. Ce couple estime et moment juste est déjà un point d’équilibre, un état nécessaire pour faire du poème un précipité vivant. Vibrant.

Notes sur la poésie #63

Nuit agitée. Tri et limitation des passions pour se donner une perspective. Pour se construire un fil qui pourrait nous guider. Poésie et journalisme littéraire. Privacy et open source. Typographie, design et signes. Minimalisme et escargot. Les mots, la langue, en tous cas. Ses formes. Au réveil, je regarde une étiquette “Monoprix” d’une housse de couette achetée par S. Noire et blanche, niveaux de gris. L’essentiel dit. Style international. Plus que les mots, la qualité des silences. Mais comment sortir de la contemplation du blanc ? Que faisait Guillevic face aux vides des quanta ?