Discontinuité de Lehmann (conte chevaleresque)

Tu espères
tu espères quelque chose
tu espères l’aventure
un petit quelque chose
quelque chose d’unique
qui devrait t’arriver

et puis, à un moment
à force d’espérer
à force de rêver
de toute cette aventure
celle qui n’arrive pas
tu t’y mets

tu fais des choses
puis quelques choses
puis une chose
puis une seule chose

alors
tu creuses
tu creuses
tu creuses

tu creuses les ténèbres
tu creuses le feu
tu creuses jusqu’à atteindre
la graine de la Terre

c’est long
c’est très long
très long

l’espace d’une vie

et puis, à un moment
tu te retournes
tu te rends compte
(personne ne te l’a dit
pourquoi personne ne te l’a dit ?)
qu’il fallait ça
qu’il fallait tout ça
qu’il fallait tout ce nécessaire

pour forger
et ta lance, et ton âme
dans un métal pur
au sel de ta vie

aventure initiée
depuis ton premier cri.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *