Laissez-passer

Il ne s’agit jamais de ne rien faire. Mais d’apprendre à laisser faire. Non pour juste laisser filer nos angoisses, nos pensées obsédantes, nos stress post-traumatiques. Mais pour laisser passer ce qu’il y a derrière. Cette lumière derrière nos noirs. Cette lumière qui s’en sert par contraste, pour ne pas stagner et s’éteindre. Noirs consumés pour la laisser agir. Ne pas intervenir au risque de l’étouffer.
Qui sommes-nous, dans cette économie du feu ? Peut-être juste le souffle, peut-être l’âtre, peut-être le bois. Les savants savent ça.
Nous contenter de laisser. Passer. Ni gardiens, ni voleurs. Ni responsables ni irresponsables. Entre les possessions. Par la parole du poème entretenue. Ce n’est plus alors le soin de nous, mais la participation au monde qui se jouerait. Dans cette inaction, dans ce presque rien si difficile. Dans cet état d’être qui devrait nous suffire.