Sur le western #2

Chevalier à nu et sans armure, le héros de western trace sa liberté contre les normes. Contrairement à l’idéal de pureté motivant le héros classique, il doit souvent se défaire, sans s’absoudre, des crimes et des fautes provoqués ou subis qui ont provoqués chez lui le remord ou l’envie de vengeance. Il doit concilier, en territoire hostile où nature et religion sont comme sclérosées, figées par la chaleur étouffante d’un soleil de plomb, la quête de son désir à la contrainte morale ou naturelle. Par la réconciliation de son corps et de son âme singulière, en peu de mots, en peu de gestes, en peu de réactions face à l’autre, mais, toujours, par l’épiphanie d’une rencontre qui entraînera une profonde et brutale mutation. Film après film, histoire après histoire, mythe après mythe, avec des éléments vibrants toujours à basse intensité, inversement proportionnelle à la violence montrée à l’écran, le héros du western illustre la conversion de l’individu à sa propre liberté. En cela, le western est un genre éminemment spirituel, puisant ses sources dans un protestantisme dépouillé, figurant sans fin le cheminement initiatique de chaque être confronté à son désert véritable, incarné et grouillant, loin de toute idéalisation confortable de l’idée de nature (ou de Paradis). Malgré les apparences, le western est, pour cela, un genre intemporel.