Note sur la poésie #20

Le goût des mots dans la bouche, les retenir en soi. Les faire tourner comme une boule d’air. Le goût du sang, de la lumière, de la neige. De l’angoisse de ce manque qui obsède la vie. Qui n’est pas là. Qui sera. Peut-être. Mais peut-être pas, mais surement jamais. Cerner ce vide à transformer. Pas de monstres, pas de visage. Vu dans un rêve l’autre jour, masqué. Remplacer ce vide ? Accumuler encore ? Non, disparaître un peu, en retrait, pour trouver le mouvement de son monde, un balancement. S’assoir. Confus et heureux.

« Tous les dragons de notre vie ne sont peut-être que des princesses qui attendent de nous voir heureux ou courageux. » Rainer Maria Rilke

Enfantillage

Écrire un poème avec son enfant.

« Un hippopotame
qui mord les enfants

Une girafe
qui mord pas

parce que les girafes
ça ne mord pas
et surtout pas les enfants

Un crocodile
qui mange tous les doigts des enfants
et la tête
et le nez
et tous les adultes

Peut-être il va nous manger

Un flamand rose
tout rose
ça mord pas

Un oiseau rouge
mord papa, maman et moi

Ouille ouille ouille !  »

Des fois, les enfants, c’est violent.

Sous la coquille #7

Rentrer dans sa coquille
sans rêver d’horizon

et demeurer tranquille
pour la grande aventure

Périmètre infini.

Légende : Un soir, après qu’il se soit endormi, les dieux cachèrent la puissance du regard de l’homme. Ni en haut des montagnes, ni au fond des océans, ni au cœur de la terre. Mais dans le seul endroit où il n’irait jamais. Au plus profond de lui. D’un temps qu’il ne prendrait pas, obsédé par l’espace.

« Ce qui te manque, cherche le dans ce que tu as. » kōan zen