Notes sur la poésie #55

Quelle visée pour le poème ? Le cœur. Non pour l’impressionner, le clouer sur place, le toucher en plein – crise cardiaque. Mais pour le laisser entrer en résonance avec l’onde portée. Sans pudeur. Avec courages. Courage du dévoilement, courage de l’abandon. Qu’en un instant, deux voix venues d’ailleurs vibrent le même espace.

Abbaphonix #17

Apprendre
à continuer les choses

Trouver du réconfort
l’impulsion dépassée.

 

Un vieillard dit : « La raison pour laquelle nous ne progressons pas, c’est que nous ne connaissons pas notre propre mesure et que nous n’avons pas d’endurance dans l’œuvre entreprise, mais que nous voulons acquérir sans peine la vertu. »

Apophtegmes des Pères, coll. systématique, VII, 30.

Abbaphonix #16

Immobile

Attendre que se calme
la tempête alentour
et en-dedans de nous

Puis amorcer la marche
sur notre propre chemin

Demeurer.

 

Un vieillard dit : « De même qu’il est impossible que porte du fruit d’un arbre sans cesse transplanté, de même un moine qui passe d’un lieu à l’autre ne peut non plus porter du fruit. »

Apophtegmes des Pères, coll. systématique, VII, 43.

Abbaphonix #15

Régir par la douceur
ce qui nous fait violence

Sentir frémir
l’apaisement.

L’un des vieillard dit : « Nos Pères entrèrent dans la vie par l’austérité; nous, si nous le pouvons, entrons-y par la bonté. »
Les Apophtegmes des Pères, coll. systématique, X.182

Abbaphonix #14

Instaurer les limites
du lézard sur son mur

Se prélasser tendu.

 

Abba Pambo demenda à Abba Antoine : « Que faire ? » Le vieillard lui dit : « Ne mets pas ta confiance en ta propre justice, ne te soucie pas de ce qui est passé, et deviens maître de ta langue et de ton ventre. »

Collection systématique I,2

Abbaphonix, une lecture poétique des apophtegmes des Pères du désert