Avent #26 : Refuge

Plus temps
pour les histoires
et les messages codés

Plus rien
heureusement
ne peut nous rassurer

Tenir dans le silence
et la chaleur de cette nuitée.

Avent #25

Il y aurait quelque chose
au commencement du monde

Une parole pour vivre
une étincelle
une vibration

qui aurait perduré
au-delà des nuits sombres

Comment la retrouver ?
grâce à quelle parole ?
brûlant quelle étincelle ?
suivant quelle vibration ?

Certains ne peuvent répondre
et d’autres se retournent

Et nous, qui cheminons.

Avent #22 : YHWH

50 625 possibilités
de prononcer le tétragramme

Une parole infinie
pour y trouver le mot
qui te définira.

Conférence de David Racheline durant les dernières journées Évangile & liberté (voir cette question en 22:33)

Avent #20 : Pas l’acédie

On avance
sur le goudron
on écrase une tige
un escargot sans faire exprès
il se met à pleuvoir
le chantier d’à côté
la grue là depuis dix jours
la boue
les bouteilles de plastique
un sourire
une voiture qui klaxonne
un verset
un verre de vin
dans la maison ouverte
dans la paroisse
à faire la vaisselle
une odeur d’hier
de quand on était tous
vivants

Pas l’acédie
pas l’à quoi bon

Jamais plus.

Avent #19

S’avancer au désert
en recherche d’une parole

Entendre mon grand-père
redire le même conseil

Celui de cet effort
toujours à accomplir
pour que le sable puisse
enfin s’amalgamer.

Avent #16

Si étonnant que le « cinquième évangile » comme l’appelle de nombreux exégètes, le livre d’Ésaïe, ne se trouve pas après l’Évangile de Jean mais soit placé au cœur de l’Ancien Testament, juste après les psaumes, les sagesses et le Cantique des cantiques, poème des poèmes.

Si étonnant qu’il ait été rédigé plus de huit siècles avant l' »évangile spirituelle ».

Si étonnant que la tradition synagodale oblige à relire, après son dernier verset (66,24), dernière prophétie macabre, le verset précédent, condition d’une vie vivante, elle-même justifiée, au-delà de notre disparition, pour notre descendance et la survivance de notre nom, en remontant encore d’un cran, au verset (66,23). Comme un recommencement sans fin, jusqu’à ce que l’homme comprenne et choisisse. Revienne au début du livre. À la première parole. Secret des secrets chuchoté à l’oreille.

Quatre pas en arrière, quatre mouvements dans le sable, sans aucune lettre de plus, pour révéler peut-être, un chemin vers le cœur. Au plus profond, qui est aussi premier mot. Beréshît.

Avent #14

Il nous faut faire avec
ces noblesses suggérées
et ces ordres chimériques
qui ne naitront jamais

Il nous faut faire avec
continuer d’espérer
avec toutes nos violences
qui ne s’apaiseront pas

Il nous faut faire avec
et accepter la marche
au travers du désert
demeure des scorpions

Mais, peut-être
qu’une nuit
quelque être
apparaitra.

 

Avent #11

Après m’avoir demandé
le nombre de religions
présentes sur la planète

Et avoir comparé
courants et pourcentages
dans l’Universalis

Il me sacre
meilleur papa

Je me convertis
aussi sec.

« Car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être.
Ainsi l’ont également dit certains de vos poètes :
Nous sommes de sa lignée  »
Ac 17,28.

Avent #6 : Ecclesia imaginalis

Œuvrer tout mon chemin
de ces poèmes-galets

Traces d’incertitude
d’un plan sur l’horizon.

« Le déploiement de l’imaginaire suppose l’existence d’un espace visionnaire dont la spontanéité créatrice a déjà ceci de chevaleresque qu’elle sauve l’honneur humain par la personne des poètes. » Françoise Bonardel, conférence Gilbert Durand / Henry Corbin : un pacte chevaleresque face au nihilisme.

Avent #4

Toutes les nations de notre corps
convergent vers le château
pour entendre la fin
de la chanson de geste

L’esquisse d’une naissance
d’un peu d’argile et d’eau
qui feront réceptacle

Le bonheur, pour une fois
a débordé le temps.

Avent #2

Il y a un interstice
entre les dents des chiens fous

Un souffle qui parvient
sans haleine fétide

Une autorisation
à contempler sans bruits.