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Credo (27) : Shaddaï

Une tortue marine
engendre puis prend le large

Laisse libre, sans exigence
en s’étant assurée

Sans bien encore savoir
s’ils lui en voudront
de cette liberté.

 

EXPLICATION RÊVÉE : Shaddaï est l’une des nombreuses appellations de Dieu dans l’Ancien Testament. Ce nom apparaît sept fois dans la Genèse et une trentaine de fois dans le livre de Job (Gn 17,1 ; Jb 5,17 par ex.). Selon la Traduction œcuménique de la Bible (TOB 2010), la signification exacte de ce nom reste encore un mystère pour les chercheurs. Dans l’Orient ancien, il serait lié à la fécondité. Dans le Tao chinois, la « voie » est cet invisible inépuisable qui engendre. Un principe premier, agissant dans l’instant, au-delà des souvenirs. Mêlant les deux approches, et en rêvant un peu, Shaddaï pourrait signifier non pas Celui, mais « Ce qui engendre ». Qui s’effacerait ensuite pour mieux nous rendre libre. Non par amour, mais pour nous permettre d’engendrer à notre tour et sans cesse cette liaison d’harmonie. L’être et le non-être s’engendrent sans fin (…)  Celui qui connait le Tao crée sans s’approprier /et œuvre sans rien attendre. // Il ne s’attache pas à ses œuvres. / Et, par là, il les rend éternelles. (Tao-to-King, I,2). Et tout cela valant transposé à l’écriture.

Publié dans Credo Poèmes

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