L’arrosage

Arroser le jardin et sentir en retour, quelques minutes plus tard, le temps que l’eau traverse les terres, une fraîcheur restituée charriant d’autres parfums. Se dire qu’on est bien ici. Dans cette maison-monastère. Et remercier ces murs pour la première fois, usant de vieilles coutumes. Avec les moineaux, avec le merle qui vient désormais faire un saut plusieurs fois par jour, sans s’offusquer de notre présence. Voir les tomates pousser, le basilic, la ciboulette et la rhubarbe s’être entendue pour occuper le quart nord-ouest de la cour. Nettoyer les vitres, se délester toujours des objets et des pages amassées, ces livres et ses journaux qui contiennent les paroles d’un monde qui affleure. Accepter que cette circulation fasse partie du décor. De ma vie.

J’ai supprimé posts, likes et commentaires de mes réseaux sociaux avant de partir en vacances. L’envie profonde de faire le ménage, d’éliminer cette accumulation inutile de données, de retrouver de l’espace libre et du temps. L’assurance aussi, nouvelle, que rien ne se perdrait, ne faiblirait, sans cette lumière bleue. Et ce remettre juste à écrire, ici, dans cette clairière que j’ai aménagé pour moi, pour vous, de la poésie.

Bonnes vacances et bel été.