Note sur la poésie #93

Ce que je recherche avec ma poésie c’est, je crois, une manière dynamique de formuler ce qui est considéré comme l’informulable. C’est, pour en revenir à l’étymologie de Dieu, ce jeu créateur entre lumière et ténèbres qui, sur l’écran ou sur la page, se cristallise sous forme de lettres et de blancs, de mots et de silences, procédant d’un premier paradoxe fondamental : l’inscription au noir de la lettre qui permet l’expression de la lumière. Sans la lettre, le blanc reste vide, chaos… Ténèbres de solitude.
C’est par le souffle, l’inspiration, la respiration haletante certains matins, de ce monde et de ce qu’il nous indique, sur le moment, d’un mystère à formuler, d’une formulation théologique du monde, que le poème se rend nécessaire, possible, ouvert. Qu’il devient, lui-même et avec nous, « En lisant, en écrivant », cette part de la révélation infinie et emplie de joie que le christianisme nomme  » vie éternelle ».

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