UPPLR #309 : Le plus précieux, par Gérard Bocholier

Le plus précieux
Ne se découvre
Qu’à peine à l’aube

Il faut poursuivre
D’un seul élan
Le long chapitre

Jusqu’au passage
Où se traduit
L’enluminure

Gérard Bocholier
Semences de l’aube
Les cahiers d’Illador, 80 p., 16 €

Depuis plus de quarante ans, Gérard Bocholier, né en 1947 à Clermont-Ferrand, fait entendre sa voix poétique baignée de spiritualité chrétienne, d’où elle tire une partie de son mystère. « Le poème n’est pas une prière mais un exercice de langage qui puise dans la vie profonde, dans la vie secrète », expliquait-il à La Croix lors d’un entretien en 2017 (1). Avec Semences de l’aube, il continue de tracer son chemin pour dire ce que l’avancée dans l’âge peut permettre, avec une économie particulière de mots conservant l’espace et la chaleur pour atteindre au cœur. À condition de porter son regard vers l’avant, cette « heure ultime / où tout s’engrange » peut devenir le temps de la transmission. Sans en dire jamais trop, ne voulant écraser personne d’un héritage empêchant l’expérience, le poète donne juste les quelques indications nécessaires pour ne pas passer à côté des signes qui rendent la vie vivante. « Des pas de mésange sur la neige // Semis des grâces / À ne pas perdre. » Une poésie limpide, pour tous, et pour tous temps.

(1) Entretien du 2 mars 2017, à retrouver sur la-croix.com

Stéphane Bataillon

(Article initialement paru dans La Croix l’hebdo n°309 du 21 novembre 2025)

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