Terrier

Si d’aventure
Tu découvrais un passage,
Partagerais-tu ta trouvaille ?

Minuit

Nos yeux se ferment
Pour se tenir à l’écart
De cette brêche de monde.

Lisant Jabès

Mon grand-père m’a transmis
Un calme malicieux

Celui de ce pays
Qui fait partie de moi
Sans autre prétention

Celui que le vent mène
Bien au-delà du temps
De l’exil et de l’ombre

Celui que je retrouve
Dans ce profond regard.

Pour ceux qui restent

Tu aurais refusé

Que l’ombre s’abatte et nous foudroie
Alors j’écris
Pour ceux qui restent.

*

C’est l’histoire de ce Roi meurtri
Qui coupe la tête à qui mentionne son fils.
C’est l’histoire de cette souffrance
Que seuls les mots peuvent épuiser.

*

Bien sûr, l’asphixie
Bien sûr, le pourquoi
Hurlé sans voix au fond de l’ombre.
Mais quelque chose
Qui nous dit d’attendre.

*

« Nous vaincrons la mort. »
Des mots écrits pour conjurer,
Juste avant ton départ.
Une erreur ?

*

Que transmettre ?
Quel mystère révéler ?
L’apaisement possible.

*

Sentir que c’est ton signe
Pour nous enjoindre à refuser
Que déborde le temps.

*

S’approcher du vide
Pour mieux reprendre pied.

Pour comprendre.

*

La force du temps
La saveur de l’instant.
L’éprouver.

*

Ni tourner la page
Ni changer de route
Poursuivre.

*

Doucement
La peur de l’oubli s’estompe
Pour te faire une place.

*

Alors, nous sommes heureux
De porter ton héritage.
Sur notre joue, un rayon d’automne.

*

Sachant que tu veilles
Nous serons dignes de ton sourire.

Nous allons vivre.

En mémoire de Sarah

Permission

Il faudrait pouvoir
Continuer à creuser
Cette histoire d’au-delà
Mais sans rien renier
De ce qui fait la vie.

Spéciale dédicace

"Le jaguar s’empare
Du diamant noir
Entre ses dents de Starr."

Décidément, pour Vincent Stone,
La percée de son flow dans le show
Serait un fleuve long et tranquille.

Le pouvoir malgré tout

Depuis que sa maison avait été rasée,
Billyboy, le fantôme du Dakota, tentait d’hanter le mont Rushmore.
Un poil ambitieux pour lui,
qui n’avait jamais réussi à se faire élire, même comme délégué de classe.