QRPoem #3 : Au secret + découverte d’Antoine Moreau

Pour visionner ce troisième tag (ou QR Code) et découvrir le (dernier) poème caché avec votre smartphone, rien de plus simple > mode d’emploi ou traduction en clair pour ceux qui n’ont pas de smartphone

D’autre part, Antoine Moreau me signale amicalement ses propres textes publiés sous forme de QR Code. Cet artiste contemporain, initiateur de la Licence Art Libre, et de la Copyleft attitude mêle poésie, technologie et promeut un art passeur. Il réfléchit, par de multiples expériences, seul ou avec le public, aux manières de créer et de diffuser cette création dans cet âge de l’accès où l’économie du don pourrait représenter une utopie possible. Un artiste à découvrir et un site où se perdre…

Pour découvrir son travail :
Son site personnel : http://antoinemoreau.org/
Le site « art libre » : http://artlibre.org/

Et un de ses nombreux court métrage, « Tu veux savoir », filmé selon toute vraisemblance lors des journées d’inauguration de la Gaîté Lyrique :

tu veux savoir from antoine moreau on Vimeo.

Antoine Moreau, « tu veux savoir », mars 2011.
Musique : >|, « er S » in album « >| », 2007, copyleft Licence Art Libre.
Copyleft : this video is free, you can copy it, distribute it and modify it according to the terms of the Free Art License.

 

OpN#21 : QR Code NoTry

Ah non alors, ça ne va pas se passer comme ça ! Ce n’est pas la première innovation venue, fusse-t-elle interactive, fusse-t-elle enthousiasmante, qui peut détrôner aussi facilement la suprématie onirique de l’art NoTry. Ainsi, refusant de laisser la place aux poèmes cachés dans les QR Code, les désormais célèbres QRPoems, nous répliquons avec violence en vous proposant le premier QR Code NoTry. Parce que bon, si on nous cherche, dans le vide, c’est facile de nous trouver.

OpN#21 : QR Code NoTry

Pixels, 184 x 184, Black & White. 

Un poème caché dans un QR Code ? Le premier QRPoem

Vous connaissez les QR Codes ? Ces petits carrées de pixels pullulants depuis quelques mois sur toutes les publicités qui, une fois scannés par votre smartphone, vous entraînent vers un site marchand ou un bon de réduction ?

Et si nous les utilisions pour promouvoir autre chose ? Pour diffuser, librement, de la poésie. Une utopie concrète, un dynamitage en règle du système. Un retour en force des mots dans le monde des 0 et des 1. Un idéal possible auquel nous vous convions aujourd’hui grâce à ce tout premier « QRPoem » : un poème entièrement inédit (et engagé ;-)) caché derrière ce micromonde de pixels. Enjoy & share !

QRPoem#01

qrcode
Comment lire les QR Code ?

1. Pour lire les QR Code, vous avez besoin d’installer un petit lecteur (reader) sur votre téléphone mobile.

Pour iPhone, téléchargez gratuitement un QR reader comme « i-nigma 4 » dans l’AppStore

Pour les autres modèles de téléphones, allez depuis votre smartphone télécharger le « Kaywa reader » sur http://reader.kaywa.com/getit

2. Une fois le lecteur installé, ouvrez-le et placez votre mobile en face de l’écran, l’appareil photo scanne automatiquement le QRCode.

3. Zing ! Le poème apparait comme par magie. Merci, la technologie !

Mise à jour : @emmanuel_guez, entre autre animateur du très riche site writing machines nous signale que, dès 2008, l’artiste Olga Kisseleva a utilisé les QR Code dans un projet installé au centre d’art contemporain de l’Abbaye de Maubuisson : « Douce France ». Textes et poésie à découvrir créaient déjà une interaction avec les visiteurs. Plus d’informations sur le site de l’artiste et sur la page de l’exposition « Douce France » avec le téléchargement du catalogue de l’exposition (et de quelques-uns des QR Code proposés).

Principes du design #16 : l’effet Veblen

Te tenir dans mes bras
sans penser à rien d’autre

Accepter d’une pause
cette ambition discrète
qui ravage nos vies.

> L’effet Veblen, du nom de l’économiste Thorstein Veblen qui l’a énoncé en 1899, est la tendance à davantage convoiter les produits coûteux, comportement lié à la soif de statut social des êtres humains. Exception de la loi de la demande, il s’applique particulièrement pour les produits de luxe.

La série « Principes du design » explore en poésie les règles du design et de l’innovation, qui servent à estimer, à expliquer, mais aussi à imaginer le monde qui nous entoure. Elle se base sur certains des éléments développés dans « Principes universels du design » de William Lidwell, Kritina Holden et Jill Butler parus aux éditions Eyrolles (2011).

> Découvrez tous les épisodes de la série « Principes du design »
> Sur Twitter, une liste pour suivre l’actualité et l’impact du design et des processus d’innovation : @sbataillon/design-innovation.

Principes du design #15 : Mise en évidence

C’était si simple pourtant

Pourquoi personne
n’y a pensé ?

Peut-être
qu’il fallait du courage

Peut-être qu’il nous fallait tenir
quelques instants de plus

Pour que le chant advienne.

> La mise en évidence est l’utilisation de techniques qui permettent d’attirer l’attention sur une zone particulière d’un texte ou d’une image (caractères en gras, couleur, inversion…) Il est recommandé de ne pas mettre en évidence plus de 10% du design visible d’une entité pour ne pas diminuer l’effet.

La série « Principes du design » explore en poésie les règles du design et de l’innovation, qui servent à estimer, à expliquer, mais aussi à imaginer le monde qui nous entoure. Elle se base sur certains des éléments développés dans « Principes universels du design » de William Lidwell, Kritina Holden et Jill Butler parus aux éditions Eyrolles (2011).

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Résultats du premier concours international de Twittérature (#Citwi)

Bonjour à tous,

Voici enfin les résultats du premier concours international de Twittérature, le #Citwi, qui a eu lieu durant tout le mois de février 2011 sur Twitter. Des centaines de Twittextes nous sont parvenus. En voici une large sélection de 194 (et non de 200, personne n’est parfait et c’est très bien ainsi). Dès la semaine prochaine, les membres éminents du jury, issus de l’ITC (Institut de Twittérature Comparée) @pierrepaulpleau , @sbataillon et @Centquarante éliront les trois lauréats de cette première édition 2011. Merci à tous pour vos participations qui font rayonner la Twittérature au-delà des limites des 140 signes et à l’année prochaine pour remettre ça !

Les 200 twittextes sélectionnés :

@souffledame
– Devant le rideau, long rideau pourpre aux drapés récités, le voyage se pliera.
– Le nectar de la phrase est l’acteur primordial pour flotter avec le récit.
– Clandestine et subtile Ne se réserve-elle pas A la vertu pure C’est la penser Toute visible. – OMBRE-
– De toi à moi c’est le pari Obstinément sublime Qui ne cesse d’étreindre.

@Moijeu
– Écrire des mots d’oiseau juste à la lisière du lendemain. En un flash de caractère elle s’espérait héroïne, hélas sans en être fixée

@msieuryann
– Twitter : collection d’instants tanés.

@Knight_Mer
– La parole n’est qu’un silence qui oublie de respirer entre chaque virgule.
– Les buissons ardents le disent : « Ceci n’est pas une guerre. Non, ceci est une paix intérieure. Faut pas s’y fier » Alors, pacifions.
– Une eau rencontra un feu, qui lui dit : « On ne naît pas flamme, on le devient ».Puis il lui déclara sa flamme, et l’eau brûla de désir
– Plus rien n’était comme avant. Il faut dire qu’avant, plus rien ne fut comme après. Entre les deux, l’éternité. Une valse à un temps.
– J’incite et j’invite les ombres à venir se perdre sur ta lumière; j’encourage les mots à suivre ta plume. Ou le contraire, à nuancer.
– Si je dois suivre une piste parmi les étoiles d’un ciel sans avenir, ce sera celle de ton sourire, si dense sur la piste aux étoiles
– Il se savait suivi par la police, et s’en délectait : c’était une police de caractère. Et du caractère, il en avait à revendre : 140.
– L’anarchitectonique est la non-science qui dérègle la dérive des incontinents. A ne pas confondre avec l’anarchitexture de l’univers
– Le lascar de la meilleure révolution est attribué à la planète, pour son éternelle propension à tourner en rond.
– Si Twitter s’agite à chaque révolution, c’est que la liberté naîtra sous le signe du Sagitwitter.

@nathcouz
– Dans nos réels d’existence numérique, nos mots en 140 caractères, nos corps fichés en .jpg et nos voix podcastées.

@neigeatokyo
– C’était une mauvaise journée même le cramé n’avait pas fait 100 balles en plus de la musique les gens donnaient car ils avaient pitié.

@Ceinwynn
– Une épaisse ouate blanche recouvre tout. Les chimères de mon existence deviennent les spectres fantomatiques de celle des autres.

@Scriberi
– Je tremble et mon cœur s’affole au-dedans. Je suis faible et fragile, et n’ai jamais été aussi en vie pourtant, autant.
– La lumière et l’horizon sont en moi, je suis à la croisée de tous mes chemins. Le fil est ma ligne, la voie en laquelle je suis.
– Je veux revenir à l’enfant, maintenant que j’ai quitté l’école.
– Je veux sentir chacune des lettres se faire sous ma main, une écriture régulière.
– L’éternité n’existe pas, je veux y revenir.

@Atramenta
– Noir sur gris. Par endroit, le vélin devenait illisible tant l’encre s’était imprégnée. Volonté dans l’écriture, corrosion du temps ?
– Ses doigts allaient si vite, qu’elle en perdait des lettres. Cette histoire de tweet la prenait de court… Il fallait arriver à 140 !
-Mais pourquoi cette limite ? Se demanda-t-elle dans la demi-obscurité de son écran. Haussant les épaules elle poursuivit un brin. Arf.
– « Mets le S de ce premier essai à fasse et tu auras 140 » dit le troll d’une voix sépulcrale, la hache levée mortellement sur elle.
– Il sabra dans le vif en tranchant une espace, lui claqua deux tirets sur le coin du clavier et frappa sur Entrée dans un dernier élan
– Honteuse et confuse de ce S oublié, elle se retira de la course. Ce n’était que pour reprendre de l’élan et revenir en pleine forme !
– « C’est pas un peu fini ? » tança un vieux sorcier en déboulant dans ce couloir encombré. »Peut-on twitter un brin sans être dérangé ? »
– « Atramenta ! » rugit le vieux cerbère tout en levant sa main : « vous entrez en zone littéraire, veuillez lisser plumes et encriers. »
– D’un revers de main, elle chassa les ombres et entra dans le livre qui fermait le corridor. Au cœur, elle récupéra la précieuse encre.
– Elle sema sur ses pas des gouttes colorées, puis saisit une plume qui ornait ses cheveux : le livre commençait une nouvelle histoire.

@Elninodelacapea
– Sur une pancarte anarchiste, dans le fatras d’une brocante : « Salvador Puig Antich innocent ! »
Trente-sept ans qu’il a péri garrotté.
– Au marché, sur un t-shirt, imprimé : « Allah, Dieu ou Yahvé, s’il existait, faudrait s’en débarrasser. » Le commerçant, lapidé.
– Aux puces, un portable qui ne diffuse que des parasites. Pour éliminer ces derniers, remplacez les premières.
– Au marché aux puces, une tête réduite façon Jivaros. Un ami qui, depuis six mois, ne répondait plus à mes textos.
– Au marché aux puces, un album de Serge Gainsbourg à 2.500 €. « Antiquité humaine », me dit le marchand, du bout de son tentacule.
– Aux puces, un étrange miroir qui permet de voyager dans le temps quand on s’y regarde. Je l’ai acheté, je l’achèterai, je l’achète.
– Aux puces, un exemplaire unique d’un cigare entamé par Churchill à Yalta. Goût affreux, surtout vers la fin.
– Aux puces, une caisse de vieilles poupées. Des bras, des jambes, des têtes. Un enfant les veut ; l’institut médico-légal les prend.

@HugoLemay
– Twittérature: un autre syndrome du déficit d’intention.
– Bien qu’obèse et pas très rapide, il excellait. Bref, c’était un gros tas lent.
– Son frère jumeau avait été propulsé avant lui dans l’existence. Le nourrisson ne savait pas à quel sein se vouer.
– Twittérature: romans-rus en mots troubles.
– Elle exécrait les mots complexes et superfétatoires. Surtout ceux tombés en obsolescence.
– « ▒▒▒▒▒▒▒▒▒▒▒▒ », zozota-t-elle à mots couverts tandis qu’il s’épilait les ongles.
– Mes sentiments sont profonds Mais tu es incertaine Opaque Je ne sais que penser Source d’interrogations Doute.

@CelluleT
– Vos joues sont rouges comme des pamplemousses | Une syllabe embrase mille réverbères.
– Vos cheveux sont argiles | J’y ferais bien la sieste | Petite volupté | Rire immobile | Je défie la mort.
– Quand le soleil se dépose à vos joues, c’est tout un hémisphère à cueillir entre mes mains.
– Quand je pense à toi je rêve grand je me perds et je me crée.
– Mes nuits sont courtes sur le divan carrelé de l’intempérance.
– L’absolu est une gouttelette d’eau à mi-chemin de sa course.
– Pardonne-moi mes parenthèses, le temps est grave dans mon duvet qui fume.
– Je crois qu’il faut construire nos têtes avec beaucoup de fleurs et quelques chiffres. »

@AntoineMaine
– Aujourd’hui est un temps de souvenir. Ses cheveux en longues mèches brunes qui caressaient mon torse quand elle était mon ciel.
– Dans ce délit d’amour où les corps ne se perdent plus Il faudra cette nuit dénouer les liens Et se couvrir de froid et puis de sombre.
– Soudain la paix se saisit de nous, là où tout était tourment ne reste plus que le vent qui disperse les mots que nous ne dirons plus.
– Aujourd’hui est un temps de souvenir. Ses cheveux en longues mèches brunes qui caressaient mon torse quand elle était mon ciel.
– Comme le sable et les galets emportés par les eaux quand la mer au loin se retire Ainsi va notre amour Balayé par les flots Érodé.
– Le ciel se voile de nuit. Sur le mur, arrogant, le merle bien avant moi sait déjà que la roue a tourné et aux nues siffle sa ronde.
– Pour faire court, il éjacula précocement.

@machinaecrire
– Ne jetez pas vos restes! Publiez-les dans Twitter !
– Combattez l’obésité textuelle: Lisez petit !
– Hum. Bof. Ah? Oh! Ha! Ha! Ho! Ho! Hi! Hi! Hi! Ouf !
– La Twittérature est comme la pêche à la ligne, on ne sait jamais ce qui peut apparaître au bout du fil.
– Sus au gaspillage de mots: Écrivez court !
– Inutile de couper le fil, y en aura pour tout le monde !
– Twittérature – La littérature des paresseux qui s’assument.
– Vous souffrez de déficit d’attention? La twittérature est pour vous !
– La télé grossit? La twittérature amincit !
– Vous êtes homme de peu de mots? Devenez twittérateur !

@maximlon
– La routine est le rituel des abrutis.
– « Quand on est mort, est-ce que c’est pour toute la vie ? » (LFA, 4 ans et 3/4).
– Quiconque reprend conscience Pose le pied dans ses rêves.
– Un soupir concret. Dédié aux mots du monde.
– Ni le gazouillis, ni le jaspinage, ni même le pépiement ne tuent la twittérature. Mais bien plutôt le silence de ceux qui se taisent.
– Je t’avais juste demandé de me prêter ton chewing-gum. Alors pourquoi ce sacrifice suprême?
Pourquoi t’es-tu décrochée la langue?
– On cherche quoi là? Un repère pour nos gueules? Un abri pour nos ragots? Une planque pour nos langues ?
– Le poète qui se prend pour le Prince des nuées ne publie pas ici (#citwi) en temps réel, mais ailleurs dans 5 ans.
– Un parasol sous le parapluie d’un parachutiste, c’est presqu’aussi beau qu’une machine à coudre sur une table de dissection.
– Hier j’ai vu des enfants dont le regard m’a fait basculer dans l’avenir.

@nanopoesie
– Sauvez des pixels: choisissez la twittérature!
– Tendance mode: En février, la poésie se porte courte.
– Écrire dans l’urgence à 140 caractères à l’heure.
– Twittérature – Simplicité volontaire.
– Twittérature – Littérature impatiente pour gens pressés.
– Suivez nos fils électriques!
– Miniatures, texticules, clips, bribes, fragments, aphorismes, nanopoèmes: protéiforme twittérature.
– Faites prendre l’air à vos vers solitaires!
– Twittérature – Littérature de caractère. De peu de caractères.
– Twittérature – La littérature portative qui fait voyager.

@robeno59
– Ma peau avait besoin de ces doigts-là,mon esprit de toi. Ma peau est réchauffée. Un jour, je te trouverai et nous nous sublimerons.
– Recherche bergerie sans moutons ni dindes pour mes autres animaux et moi afin de changer mon regard sur le monde. Solitude sérieuse.
– Je suis trouble, le tueur à gage de mes propres émotions. J’extirpe les vôtres aussi et les donne en lecture sans aucune pudeur.
– Un soulagement dans le corps, le mental supporte mieux la solitude. Mais ce bonheur éphémère n’est qu’une lettre sans destinataire.
– J’ai touché son corps, nos langues se sont mêlées. Nous n’avons pas échangé nos prénoms dans la pénombre. Dimanche fut sexuel.
– Il me faut reconnaître l’autorité du silence se nourrissant de vos paroles pour accéder à la paix intérieure. Solitude méditée.
– Avec qui conjuguer ma solitude aujourd’hui? Devrais-je la mendier ou aller la chercher au plus profond de vous ?
– Comment deviner la détresse de chacun, ses ressources et ses faiblesses? Comment se faire présence et se tenir à l’écoute ?
– Se taire comporte des risques: le silence, la solitude…. Écrivez au #citwi (écrit non surtaxé).
– J’ai pour tweets quelques mots, pour retweets ceux des autres et pour abonnés des amis de l’âme.

@salopette_14
– Je Vis Ma Vie A Fond Car Un Jour Ce Ne Sera Plus PossiBle ;-).

@straberi
– À force de se faire manger l’haleine sur le dos, on finit par empester le champ d’ail.
– Je fornique frénétiquement avec le français. Fou de fabriquer fables et fourberies, je m’enferme et fuis pour fantasmer… J’écris.
– Un auteur sait ponctuer quand, dans son discours, même les faux amis sonnent vrais.

@Grainesdetoast
– Mon amour, ça fait 140 fois que je te le répète. Dommage que tu n’aies pas saisi. J’ai épuisé tous mes caractères, tous mes espaces.
– Comment te l’écrire autrement, quand tous les espaces sont compris ? Il n’y a pas 140 manières de dire je t’aime. On se rend au bout.
– Après 140 gentillesses, tu en as eu assez. Après 140 méchancetés, je devrais en avoir eu assez, mais 140, c’est bien peu de choses.
– C’est grand, l’amour. Tu pensais me perdre parmi tes brumes. Or, je suis une enfant qui n’a pas peur de la mort. Je ne te crois plus.
– C’est simple, l’amour. Tous les oiseaux savent le faire. Se croiser s’il fait bleu. Danser loin du sol. Fondre dans une goutte d’eau.
– Quelques chinoiseries. Un miroir magique, des feuilles de thé. Je ne m’attends ni à un luxe de jade, ni au juste retour des choses…
– Tu es là depuis une heure. Enlève ton manteau. Le hockey marque un but sur moi. À la fin du match, tu repars aussitôt. Dans la neige.
– Petit monstre de prières, écoute chanter ce credo que l’amour nous confie. Tes bras me sont presque doux. Toi, fou. Misère, je t’aime.
– Si tous les mois pouvaient ne compter que 28 jours, on souffrirait moins… Qui aura suffisamment de caractère pour changer tout ça ?
– La fin du mois le plus court a-t-elle une incidence sur l’amour ? Bien sûr que oui ! Elle nous ramène au cœur de nos petits espoirs.

@e_CLO
– Alunissage Alussinage Sillage Halluciné.
– Conteurs conteuses diseurs et raconteuses Le renouveau des troubadours Et des voyages au fil des mots.
– Aux deux points Avant la virgule Prête-moi ta plume.
– Les pieds joints Vers le point virgule À la pleine lune.
– Sur le point Après la virgule Au clair de lune.
– Au rond point Près de la virgule En demie lune.
– Petit a petit tas petit b béat ba.
– Conteurs conteuses diseurs et raconteuses Le renouveau des troubadours Et des voyages au fil des mots.

@3wjuan
– C’que je vous écris c’est à crédit. 140 signes qu’ils m’ont donnés. Ce n’est pas assez! Assez? Mais ils sont sans intérêts!
– À elle les silences, les pauses L’absence en toute chose Les regrets jetés au vent Les jours heureux À elle la grâce et l’instant.
– Je la connaissais si peu sûre d’elle. Ses gestes étaient fragiles, hésitants. À chacune de ses poses je voyais la beauté, un fragment.

@PsyckoBaton
– Je discute avec quelqu’un et j’apprends. À mon insu deux synapses qui ne se connaissaient pas se relient et échangent.
– J’ai épuisé mon été. L’hiver, froid comme la mort, persiste. Redouble d’ardeur. Le vent glacial m’étouffe. Quel bonheur, cette saison.
– Je donnerais ma vie pour que tu m’aimes une petite minute. Une minute me suffirait à condition que tu me laisses goûter tes lèvres.
– Nos corps et daigner se regarder dans les yeux. Nos mots et feindre un entretien. Faire volte-face, pour aller au bout de la chair.
– Chantent et dansent les couleurs en remontant ma gorge. Je veux être belle. Comme les mannequins de ces revues fragiles et déchirées.
– D’apparence précieuse et d’une valeur inestimable, la vie joue un jeu très sournois. La vie. La plus habile et avare des meurtrières.
– La trance est une sorte de danse. Sans méfiance, je m’élance, vers ton corps si dense, et à tes caresses je pense. Je suis en transe.

@JodieFausTaire
– Si j’ai du tempérament, je n’oublie pas que mon clavier a beaucoup de caractères => une femme azerty en vaut deux !
– Lorsque tu pars Si loin… Je caresse tes mots Déposés par hasard Même si le papier N’a pas le même grain…
-Les mésanges et les pinsons twittent à la fenêtre : je leur ouvre un compte.
– À picorer des gazouillis, nos yeux sont floutés d’encre rémanente. On pianote à tout va : clavier frappé, tweet aux abois…
– Philosopher à la folie, faire sécher les mots sur un fil, s’offrir un pot, filer au lit et phosphorer sur son profil.
– Le temps se fout de tout. La preuve : il ne fait que passer.
– À titre indicatif, le présent n’est jamais qu’un futur qui a bien voulu passer.
– De ces mots sous le vent, chuchotés peu à peu, il me reste un peu d’ombre et l’éclat scintillant d’un vol de libellule…
– Qui soulève des mots vire et vole avec eux et soupire à l’oreille de celui qui lira…
– Un tweet à l’endroit, un tweet à l’envers, Un fil en avant, un fil en arrière, La toile danse et je m’y perds…

@Mimiryudo
– 2 jours après les avoir mit sur la piste de « l’homme aux lunettes noires », le FBI ferma pour « meurtre collectif ».
– Il était sûr d’avoir oublié quelque chose chez lui. Il s’en souvint en n’arrivant pas au boulot : c’était lui-même.
– Suite aux révoltes voisines, il visait un reclassement. Las, il n’avait créé aucune passerelle dictateur―commerçant.
– L’ex a main mise sur le cap gris-nez où les BTS examinent le brevet de construction tandis que le con court.
– Ace avait démasqué le corbeau en analysant les empreintes de l’enveloppe. Bien qu’il nia, le facteur fut arrêté.

@Multimot
– On aura beau ricaner, il faudra toujours croquer dans les détritus acidulés de notre arbre généalogique.
– Ravalez vos intempéries mélancoliques. Je ne culbuterai pas sur le trépas du double o des iglous qui s’en sont dégreyés subtilement.
– Je me sauve-qui-peut des éraflures qui empourprent l’aplomb de la sédentarité.
– Ne me poussez pas dans les ecchymoses; j’ai mal au zeste de l’éponge !
– Le rhume se tortille lascivement sous le chapiteau de mes tempes.
– L’acouphène babille dans l’ourlet de l’oreille décousu avec les ciseaux de l’obsolescence.
– Enfant, j’aimais m’allonger dans les forts de neige pour m’engourdir de silence.
– La torpeur du verglas et la naïveté du sol s’abandonnent dans les fibres râpées des gants morts dans les sentiers boueux.
– Génies en herbe, veuillez répondre à cette question: combien de cheveux blancs vous faut-il épargner chaque mois pour la retraite?
– Je mendiais sous la houppe du sommeil des écheveaux de lassitude collés à l’imaginaire.Un gémissement mourut éparpillé dans le fracas.

@LaurenceFritsch
– Menthe > Nymphe figée gelée/Menthe/Amante véhémente/Mante abandonnée/Des dieux/Tu te lamentes…
– Malachite > Visage incarnat/Regard malachite/Larme purpura/Homme te quitte/Gravit l’Anapurna/Gît stalagmite.

@MicStD
– La main givrée de l’hiver rédige sur la fenêtre son message secret.
– La twittérature, c’est la brièveté jetée à l’éphémère.
– Sculpter l’éphémère, faire éclore les mondes enfouis dans les blocs d’hiver.
– Cas de dopage dans le monde du Scrabble. Avant les compétitions, certains joueurs s’empiffreraient illégalement d’Alpha-Bits.
– Regarder par la fenêtre. N’y voir que son fantôme.
– Toi, ma mie, tu fais toujours les choses à moitié.
– Pourquoi le hasard me pousse-t-il dans des coins si denses ?
– Conseil du soir : Dormir en cuillère peut éviter de se réveiller à couteaux tirés.
dranoéL ed icniV écrivait à l’envers.

@LirinaBloom
– En vérité, je vous le dis, je rêve du livre et non pas de ces lettres de lumières qui s’évanouiront à la première coupure de courant.
– Crime parfait. Tu anesthésies au chloroforme. Tu prends la plume, tu piques au coeur. C’est propre et net, sans bavure. Aucune trace.
– Nos fictions sont-elles dévorées par les évènements du siècle? Je vous entraîne dans un jeu et il nous mène au coeur des révolutions.

@ericdubois
– L’horizon découpé par le tronçon d’autoroute Le regard est fatigué d’espérer Attendre On passe sa vie à rester.
– Dans le trop Le sel des mots Lapsus Il y a ce vide Le complot du temps Et quelques heures sèches De nos erreurs.
– Hier déjà Un mot Un autre Chut! Nous passons La vie tout près Ce sera là-bas Un mot Un autre Qui rempliront l’espace.
– Nous sommes du souffle Perdus dans la nuit Entre les battements d’un cœur incertain Dans la profondeur du temps.

@D0lores
– Le net est triste hélas ! Et j’ai lu tous les tweets.
– Hector mit un premier réveil à 11h55, un deuxième à 11h58, pour rien au monde il ne voulait manquer d’être l’ultime #citwi.

Révolte du vampire

Écrire le minimum. Pour stopper l’asphyxie. Pour que les mots, juste rassasiés, restent tous à hauteur d’herbe. Qu’ils puissent se démarquer en laissant l’impression que nous pourrions survivre.

Écrire le minimum. Rester toujours au seuil d’une rencontre possible. Pour nous tirer de là. Que nous nous étonnions, d’un concentré d’enfance.

Écrire le minimum. Pour partager ce pain. Et équitablement.

 

Effacer tous les mots
gravés au creux des roches

Gagner un peu de vide

Pouvoir t’imaginer.

 

Ce texte a été originellement publié sur le blog de Samuel Dixneuf, Lignées, à l’occasion des vases communicants de mars (une passionnante idée d’échanges numériques entre écrivains de la toile). La semaine prochaine, pour ma seconde participation à cette aventure, l’échange se fera avec Michel Brosseau. À vendredi prochain !

 

Principes du design #14 : Modèle mental

Repenser nos espaces
en changeant de méthode

Qu’une cartographie
représente ces veines
qui canalisent le flux

Que je discerne enfin
l’accès de ton visage

S’imaginer mobile.

 

> Principe du modèle mental : Nous comprenons les systèmes et les environnements et interagissons avec eux en fonction des représentation mentales que nous avons développé avec l’expérience.

La série « Principes du design » explore en poésie les règles du design et de l’innovation, qui servent à estimer, à expliquer, mais aussi à imaginer le monde qui nous entoure. Elle se base sur certains des éléments développés dans « Principes universels du design » de William Lidwell, Kritina Holden et Jill Butler parus aux éditions Eyrolles (2011).

> Découvrez tous les épisodes de la série « Principes du design »
> Sur Twitter, une liste pour suivre l’actualité et l’impact du design et des processus d’innovation : @sbataillon/design-innovation.

Why silence should be white ?

Aujourd’hui est un grand jour pour l’art NoTry, cet art du vide qui finira bien par se remplir (voir ici même l’ensemble des pièces de notre collection). Nous vous présentons une première tentative d’art numérique authentique, un « numericart ». Cette pièce numérique et unique d’art contemporain tente de tirer le maximum des plus récentes possibilités offertes par la haute technologie. Soit, ici, un diaporama pour réfléchir sur la notion de représentation du silence en couleurs. Comment ça, ça a déjà été fait ? Vous n’y connaissez rien. Regardez plutôt…

OpN#20 : Why Silence should be white ?

Numericart, Slideshow, 7 frames, march 2011

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Design du poème (6)

J’écris. J’écris ce post depuis la salle de lecture de la Gaîté lyrique en attendant le début d’une conférence. Je reviens d’une promenade en forêt où j’ai été frôlé par un immense vautour. Je n’avais jamais vu de rapaces de ma vie. En vrai. Je replonge moi aussi. Sur une proie mode numérique. Vrai, aussi. Je me dis que décidément, j’aime les polices avec empattement. Que ça doit vouloir dire quelque chose. Que je suis à un tournant entre le retour vers la simplicité du mot, la tenue au plus proche de ce lien de confiance et l’exploration d’un art numérique foisonnant, qui m’attire, irrésistiblement. Qui peut aussi me dévorer. Charogne. Besoin de respirer en changeant de rythme. De plat de résistance. Comme un vampire rassasié qui voudrait voir le jour. C’est, peut-être, le but du travail de fusion que je mène en ce moment autour du design.  De son approche. Proie. Réfléchir les éléments qui pourrait me servir à continuer de tirer le fil et d’apporter ma contribution. Le risque d’une architecture modulaire, sans plan définitif mais que l’on peut, à chaque instant, englober. J’écris. Ce n’est pas un poème, mais l’élaboration patiente de son engrais.

Prendre de la hauteur
et estimer le temps
pour fondre sur sa proie

Ne pas laisser l’espace
apprivoiser non plus

Déjouer par une danse.

 

Poème complet /// LOG OUT.

OpN#19 : Manuel de conversation NoTry

METROPOLITAN MUSEUM OF NOTRY« Le Notry ? Un art qui ne sait pas parler » daubent les critiques jaloux et condescendants au sujet de cette révolution qui, qu’on le veuille ou non, est en train de submerger l’art contemporain aussi surement que les rebelles Monégasques déferlants sur la Baie des anges (un tour sur Twitter suffit à s’en convaincre). Pour autant, grâce aux recherches incessantes des experts du Metropolitan Museum of NoTry (Paris-Internet) nous sommes aujourd’hui en mesure d’apporter une réfutation imparable à cet argument fallacieux : la publication du seul et unique exemplaire du Manuel de conversation NoTry à l’usage des français. Un opuscule sublime présentant l’ensemble des items nécessaires pour reconstituer d’un seul tenant le vocabulaire fleuri et minimaliste de cette novlangue parachevant les efforts de l’humanité toute entière dans sa quête de la parole parfaite et intelligible. Nous en restons coi.

OpN#19 : « Manuel de conversation NoTry à l’usage des français »

Papier, 2 pages in-octavo, date de publication approximative (vers plus tôt), auteur peu connu.


P.S 1 : La « prononciation figurée » promise en couverture pour chaque terme (∞) s’est mystérieusement perdue dans le néant lors de la reproduction du document. Nous en sommes navrés.
P.S 2 : Un grand merci à Paul Martin, archéologue potable, pour ses précieuses données fournies lors du champ de fouilles.