Rétrospective 2019 / Une année en poésie #12 : décembre

Petit retour sur ces douze derniers mois de création poétique avec trois poèmes par jour tracés au fil des mois de 2019 et ce, jusqu’au 31 décembre.

 

Plein chant

Chant d’avant la terre
pour initier le vide
d’une lumière vibrante
qui saura nous surprendre.

 

Ryōan-ji

Créer un vaste temple
à l’intérieur de soi

Y laisser à la porte
les tumultes du monde

Pour que le chant des pierres
ne cessent d’y résonner.

 

Permettre la colère

Permettre la colère
la laisser s’échapper
de ton corps bouillonnant

Permettre la colère
pour qu’elle ne puisse brûler
tes ultimes silences

Permettre la colère
que le feu te laisse libre
derrière les grandes fumées

Du haut de ta colère.

 

La couverture de Gustave N°90 de décembre 2019 :

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Rétrospective 2019 / Une année en poésie #11 : novembre

Petit retour sur ces douze derniers mois de création poétique avec trois poèmes par jour tracés au fil des mois de 2019 et ce, jusqu’au 31 décembre.

Merels #1

Petits cailloux blancs
sur le bon chemin
entre terre et ciel

Pour tenter de sauver
quelques souvenirs de nous

À cloche-pied.

Les dragons

Au réveil
griffes, ailes et boules de feu

derrière tes paupières
devenues transparentes
tu rêves de dragons

Exposé merveilleux
d’une histoire sans fin.

 

“Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours qui attendent que nous les secourions.
Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète.

 

Note sur la poésie #75

Que fait-on, lorsqu’on écrit un poème ? On ramasse des mots dans le champ. Ceux qui sont remontés à la faveur de l’évènement. Une parole, une émotion, une chose vue, un regard. On les prend, les soupèsent. Certains sont écartés.

On ne conserve que les plus singuliers dans un coin de la tête. En petite quantité. Seulement ceux qui, chargés, apporteront au poème ses reflets merveilleux. Qui saisiront l’instant, à nul autre pareil.

Puis on s’occupe du fil : les articles, les conjonctions, la ponctuation et le blanc sur la page. On harmonise le tout par la disposition. Jusqu’à ce que cela tienne, immobile d’apparence, d’une fureur intime.

Cathédrales de rosée dont l’édification, parfois, ne dure qu’une minute. Parfois plusieurs mois.

Et puis ça sort de l’atelier. Une parure de diamants pour éblouir le monde sans un éblouissement.

On fait un poème

On opère le miracle

c’est à notre portée

Joaillier de la parole.

 

La couverture de Gustave N°89 de novembre 2019 :

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Rétrospective 2019 / Une année en poésie #10 : octobre

Petit retour sur ces douze derniers mois de création poétique avec trois poèmes par jour tracés au fil des mois de 2019 et ce, jusqu’au 31 décembre.

Sema

Pas besoin de délires
pour entraîner le monde
dans la danse des signes

Derviche tourneur
du minuscule.

 

Eucatastrophe

Retournement
d’une parole

L’homme a renoncé
à te poignarder
voyant le sourire de l’enfant

Il s’est souvenu
du bonheur perdu

T’as dit
de conserver quoi qu’il arrive
cet instant

Tu l’as remercié

Lui as répondu
— en y croyant
qu’il allait le retrouver

Il a souri de stupeur

Où étaient
les anges ?

 

799 Elo

Attendre que le combat
donne raison au fou

Et voir leurs sourires
gagner ce champ sans ruines

Premier tournoi.

 

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Rétrospective 2019 / Une année en poésie #9 : septembre

Petit retour sur ces douze derniers mois de création poétique avec trois poèmes par jour tracés au fil des mois de 2019 et ce, jusqu’au 31 décembre.

Exploration

Au bout du lac
je nage entre les nénuphars

M’étonne de la profondeur des tiges, sent leur viscosité légère sous mes doigts, caresse les pétales presque plastiques de leurs fleurs, plonge jusqu’au fond pour tenter de comprendre comment leurs racines tiennent

La libellule me surveille.

 

Poème du cristal sombre

Ne détourne pas ton œil
vers le ciel étoilé

ce qu’il faut contempler
se fendrait dans tes yeux.

Hommage à The Dark Crystal – Jim Henson.

 

Note sur la poésie #71 : La forme affirmative

Sentir le manque du poème qui ce soir, faute à d’autres travaux, d’autres mots à écrire, n’a pas eu l’espace nécessaire pour sortir. Être tenté d’abandonner, et puis lire une lettre de Jean-Marie Barnaud sur ses hésitations*, sur les choix à faire au sein d’un poème, ces choix infimes et douloureux parfois nécessaire pour ne pas trahir. Sacrifice d’un mot, d’un rythme, qu’on avait reconnu. Une sorte de déchirement de soi. Un courage admirable et incompréhensible de l’extérieur. Avec, au bout, plus que de la satisfaction. Un des secrets de « cette confrérie-là ».

* Lettre à G.L in « Sous l’imperturbable clarté » Poésie/Gallimard, 2019

 

La couverture de Gustave N°87 de septembre 2019 :

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Rétrospective 2019 / Une année en poésie #8 : août

Petit retour sur ces douze derniers mois de création poétique avec trois poèmes par jour tracés au fil des mois de 2019 et ce, jusqu’au 31 décembre.


Un été en Ré #9 : bombardier

Corps si massif
de la libellule

Toujours ce nom
en décalage.


À table

Mouche vert émeraude

Quel secret
contre ma confiture ?

 

Sous un arbre #7 : Supporter

Plusieurs générations de lierres
ont tenté sans succès l’ascension de ton tronc

Seras-tu plus clément
avec la dernière pousse ?

 

La couverture de Gustave N°86 d’août 2019

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Rétrospective 2019 / Une année en poésie #7 : juillet

Petit retour sur ces douze derniers mois de création poétique avec trois poèmes par jour tracés au fil des mois de 2019 et ce, jusqu’au 31 décembre.

 

Mission

Peut-être que, faiblement
nous sommes tous des héros
enjoints à refuser.

Bienheureux les poètes et faiseurs de légendes qui inventèrent dans leurs vers des choses dont il n’est pas fait mention dans l’histoire.

J.R.R Tolkien, Mythopoiea.

 

Un été en Ré #1 : la flaque océan

Pieds dans l’eau
un essaim de krill
chatouille mes peaux mortes

Recule
au premier mouvement

Au loin
le phare de la baleine.

 

Un été en Ré #2 : poivre des marais

Sur un vieux vélo Peugeot
je croque une graine de maceron

Parfum de vacances
d’outre-temps.

 

La couverture de Gustave N°85 de juillet 2019 :

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Rétrospective 2019 / Une année en poésie #6 : juin

Petit retour sur ces douze derniers mois de création poétique avec trois poèmes par jour tracés au fil des mois de 2019 et ce, jusqu’au 31 décembre.

 

Pèlerin intime

Partir vers l’intérieur

À une goutte de rosée
de notre dernier rêve.

 

Oscillation

Lorsqu’on s’enlace
ça tangue

un peu

comme les branches.

 

Jardinier céleste

Je trace des sillons
pour permettre aux étoiles
de respirer un peu.

 

La couverture de Gustave N°84 de juin 2019

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Rétrospective 2019 / Une année en poésie #5 : mai

Petit retour sur ces douze derniers mois de création poétique avec trois poèmes par jour tracés au fil des mois de 2019 et ce, jusqu’au 31 décembre. Joyeux Noël !

Axes

Une rose s’est épanouie
dans la froidure des lunes

Ce matin, au réveil
j’étais plus concentré.

 

D’un fils

À Yvon Le Men

J’ai bien cru voir un homme

et son bleu de travail
déposé sur la chaise

une tasse de café froid

il versait une larme
qui inondait sa vie

il pleuvait ce jour-là

quelques gouttes
de joie.

 

Nuit de soie

Pour S.

Discuter jusqu’au jour
du fil de nos vies

Tisser d’une joie douce
une étoffe solide

S’en couvrir de confiance
pour sortir ce matin.

 

Notes sur la poésie #68 (19/05/2019)

Remarque, hier, d’une proche : “Mais ta poésie ne sert à rien, ne fait rien pour aider à résoudre les immenses difficultés du monde, ne s’engage pas, est, finalement, un peu égoïste.” Pause. Doute. Et si tout cela ne faisait qu’ajouter du bruit au bruit ? Une vanité de plus ?

J’espère que non. J’essaye de créer quelque chose, un objet-poème. Un ensemble de matière-mot que je taille et affine, précise, décharge, dans un double but : certes que l’ensemble chante pour moi. Qu’il me procure une très légère et fugace euphorie qui justifiera, quoi qu’il se passe, cette journée de plus. Mais c’est bien pour qu’il puisse, ensuite, et chargé de cette vibration transformatrice, résonner chez l’autre. Lui procurer aussi, par ces mots, quelque chose d’inutile et d’essentiel : une émotion inattendue.

Pour contribuer à intensifier l’énergie du vivant.

Un tweet, d’un ami inconnu, vient, comme toujours par hasard, me rassurer un peu : “Lorsqu’au bureau les heures se font oppressantes, je prends quelques minutes pour lire les derniers poèmes de @sbataillon. Au final, peu importe la tyrannie de l’urgence, puisque “Une rose s’est épanouie / dans la froidure des lunes”

Je ressaisis ma pointe
dès l’aube du jour qui vient

Sans cesse travailler
à la taille des menhirs.

Rétrospective 2019/ Une année en poésie #4 : avril

Petit retour sur ces douze derniers mois de création poétique avec trois poèmes par jour tracés au fil des mois de 2019 et ce, jusqu’au 31 décembre. Bon réveillon de Noël à tous et à demain !


Dude

Devoir se concentrer

Supprimer de sa vie
ces moments inutiles

Ces instants d’attention
arrachés à notre temps

Et concentrer ses traces
pour marquer un chemin

Qu’on aimera parcourir
avec tous nos amis.

 

Pierres vivantes

À Notre-Dame

Cent mille mains de pierre
cent mille mains de bois
à soulever la terre
pour y poser le ciel

Cent mille mains pour puiser
cent mille mains pour forger
et bâtir en ce lieu
une suspension de temps

Cent mille mains qui caressent
cent mille mains qui transmettent
cette lumière infime
jusqu’au cœur des cendres.

 

Yaegoromo

Un songe
dénoue ton ventre

l’assurance chuchotée
que tu deviendras

Notes aiguisées
d’un koto.

B.o.p (Bande originale du poème) : Yaegoromo (Ensemble Yonin no Kaï, CD Ocora – Radio France)

 

La couverture de Gustave N°83 d’avril 2019 (date de sortie du recueil “Contre la nuit“)

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Rétrospective 2019 / Une année en poésie #3 : mars

Petit retour sur ces douze derniers mois de création poétique avec trois poèmes par jour tracés au fil des mois de 2019 et ce, jusqu’au 31 décembre.

Credo #47 : Noli me tangere

Noli me tangere

Permets-toi sans délais
de vivre cette vie

Noli me tangere

Ne crains pas d’oublier
la douceur de ma peau

Noli me tangere

Amplifie ma chaleur
dans d’autres corps à cœur.

 

Soif

À Nicolas Dieterlé

Il n’y a qu’à se baisser
pour prendre un peu d’eau vive

Il n’y a qu’à la porter
d’une paume de chaleur
au bord de ses lèvres

Attentif à son goût
au passage sur sa langue

À son sel contenu
à ses quanta de roche

Puis en dire quelques mots
afin de partager
cette joie inextinguible.

 
Par étapes

Céder et se soumettre
à son désir profond

Poursuivre ces étoiles
qui éclairent le chemin
que seul vos sourires.

 

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Rétrospective 2019 / Une année en poésie #2 : février

Petit retour sur ces douze derniers mois de création poétique avec trois poèmes par jour tracés au fil des mois de 2019 et ce, jusqu’au 31 décembre.

 

Déclaration-poche (à conserver au creux)

Rassembler quelques mots
qui pèseraient à peine

Pour inscrire ma joie
de partager ta vie.

 

Cette chaleur

Cette chaleur qui t’intime

de suspendre la course
pour entrer en partage

Cette chaleur qui t’assure
qu’un bonheur est possible
sans t’en demander plus

Cette chaleur qui t’effleure
au clair de la lune
pour que tu puisses enfin.

 

Courant

Se laisser envahir
par ces picotements
qu’on pourrait balayer
d’un revers de main

Même pas à hauteur
même pas assez présents
pour influer le cours

Mais cette certitude
qu’il faut les reconnaître
pour avancer confiant.

 

La couverture de Gustave N°82 de février 2019

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Rétrospective 2019 / Une année en poésie #1 : Janvier

Bonjour à toutes et tous,

Comme chaque année depuis 2010, petit retour sur douze mois de création poétique avec trois poèmes par jour tracés au fil des mois de 2019 et ce, jusqu’au 31 décembre.

Une dernière année de la décennie très riche, marquée pour moi par la publication d’un troisième recueil, Contre la nuit, aux éditions Bruno Doucey, par les débuts d’une activité de critique et de médiation intense dans La Croix et La Croix l’Hebdo, le lancement du blog “Un poème pour la route” et la tenue de plusieurs expositions.

Un grand merci à vous de faire circuler ces mots, dans ce silence fulgurant qu’est la lecture d’un poème.

Préparation

Débarrasser l’espace

Détacher l’émotion
de la matière morte

Faire en sorte
que le calme demeure.

 

Notes sur la poésie #63

Nuit agitée. Tri et limitation des passions pour se donner une perspective. Pour se construire un fil qui pourrait nous guider. Poésie et journalisme littéraire. Privacy et open source. Typographie, design et signes. Minimalisme et escargot. Les mots, la langue, en tous cas. Ses formes. Au réveil, je regarde une étiquette “Monoprix” d’une housse de couette achetée par S. Noire et blanche, niveaux de gris. L’essentiel dit. Style international. Plus que les mots, la qualité des silences. Mais comment sortir de la contemplation du blanc ? Que faisait Guillevic face aux vides des quanta ?

 

Afrobeats

S’entraîner sur la piste
pour twister nos désirs
de quelques pulsations.

 

La couverture de Gustave N°81 de janvier 2019

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