Minimal stadium #11 : Arinuska

Poser le pied à terre

En avoir tant rêvé
que la crainte submerge

Si la glace refusait
la chaleur du corps ?

Si l’énergie fuitait
dès le premier mouvement ?

Si elle ne venait pas
à la rencontre promise ?

Alors,
surprendre la glace.

Arvo Pärt – Variations for the Healing of Arinuska

Minimal Stadium #10 : Come out – Steve Reich (1966)

Prendre la voix. La répéter. Pour rassurer l’enfant qui ne désire qu’apprendre. Découverte dévoilée, syllabe après syllabe, mais en se déplaçant. D’un pas. Pour créer la surprise, forcer l’adaptation, porter en direction d’un continent de sens. Et puis, et puis la répétition se couche, se multiplie, brouille les pistes. L’oreille s’est accrochée à la bande magnétique. Ligne d’hameçon. Come out to show them. Viens leur montrer qui en sortira vivant.

Minimal Stadium #9 : Doux

Entendre le bruit du vent
qui appelle le regard
vers cet arbre si haut
dont le soleil réchauffe
les bourgeons qui attendent

Vers ce germe deviné
enfanté de nos ombres
et de notre lumière
qui attend lui aussi

Un souffle.

B.o.p (Bande originale du poème) : Organic, Philip Glass, Koyaanisqatsi.

Minimal Stadium #8 : Premier quatrain (explications)

Ceci est mon premier poème sous une forme fixe classique rimée. Le quatrain, forme de base de la poésie française, ne m’est pas familier. Dans les formes brèves, je lui préfère le haïku, quitte à la tordre un peu, à la manière de Guillevic et de ses fragments, les quanta (qui sont peut-être, à la réflexion, bien plus une réappropriation du quatrain). Ce poème est donc, littéralement, mon premier quatrain. Un quatrain contemporain, où l’on se sentirait bien.

Pour moi, il n’y a pas de poésie sans silence. La poésie, c’est la sculpture du silence. Encenser le silence, pour moi, voilà le rôle de la poésie. Guillevic.

Un espace vide ou un temps vide n’existent pas. Il y a toujours quelque chose à voir, quelque chose à entendre. En fait, on a beau essayer d’obtenir le silence, impossible d’y arriver. John Cage.

Chose intéressante, impossible, ici, dans le format du blog, de créer du « vide » sans écrire du code informatique. Traduction de ce silence proposé :
 
 
 
 

Minimal Stadium #7 : Max Richter / Memoryhouse

Minimal Stadium / La musique minimaliste en poésie

La musique minimale. Une musique qui découche, qui repose, qui écarquille les sons pour mieux qu’ils nous résonnent. Qui fait vibrer le monde et laisse leur place aux mots surgis pendant l’écoute. Principe du Stadium : parcourir en poèmes les titres d’un album phare issu de ce courant. Une invitation lente aux univers de Philip Glass et d’Arvo Pärt, de Steve Reich, de Brian Eno. Pour vous donner envie d’y aller entendre. Inauguration du récital autour du premier album solo de Max Richter, Memoryhouse. Sorti en 2002, ce disque à la fois doux et inquiétant, parcouru de l’écho de conflits encore vifs sur le Vieux Continent fût enregistré avec l’Orchestre philharmonique de la BBC. Il lança la carrière du compositeur de la bande originale du film «Valse avec Bachir».

 

Illustration : Thomas Durcudoy

Europe after the rain (Piste 01)
L’enfant n’a pas besoin
de formuler l’instant
qui motive son rêve

Plus tard, il oubliera
dans le fracas du monde
avant de retrouver
au détour d’un chemin

D’une branche,
d’une rivière
d’un chant de rossignol

Terrassé de bonheur.

 

Sarajevo (Piste 05)
C’est ce chant inlassable
qui confondait les heures

Les obscurités chaudes
de nos premières racines

Une forme de confiance.

 

November (Piste 9)
La pluie frappe le temple
résonne contre le bois

On pourrait y rester
encore de longues heures

Mais il faut s’élancer
pour déceler le gris
et le contraindre au bleu

Pour s’unir au reflet
qui se trouve peut-être
au cœur de l’averse.

 

Last days (Piste 17)
Un jour je transmettrai
le secret d’une patience
que tu me délivras

Les yeux jaunes du dragon
éclaireront le reste.

Illustration : Thomas Durcudoy, www.saintoma.com

Minimal Stadium #6 : Brumes

Un jour je transmettrai
le secret d’une patience
que tu me délivras

Les yeux jaunes du dragon
éclaireront le reste.

B.o.p (bande originale du poème) :
Max Richter – Last days – from Memoryhouse.

Minimal Stadium #4 : Minimalism (a wikipedia journey)

MINIMALISME >> théorie > Donald Judd, Lucy Lippard, Richard Wollheim > art> Ad Reinhardt , Frank Stella, Donald Judd, Dan Flavin, Carl André, Robert Morris, Sol LeWitt, Bruce Nauman, Richard Serra > musique > Steve Reich, Michael Nyman, John Adams, Philip Glass, Terry Riley, La Monte Young, Arvo Pärt, Max Richter, Sylvain Chauveau, Francesco Tristano> danse > Merce Cunningham,  Meredith Monk,  Mats Ek,  > design > Jasper Morrison, Jean-Marie Massaud, Ronan & Erwan Bouroullec, Shiro Kuramata > poésie > Anne-Marie Albiach, Jean Daive, Edmond Jabès.

Minimal Stadium #2 : November

La pluie frappe le temple
résonne contre le bois

On pourrait y rester
encore de longues heures

Mais il faut s’élancer
pour déceler le gris

Pour le contraindre au bleu
au prisme de notre lame

Pour s’unir au reflet
qui se trouve peut-être
au cœur de l’averse.

B.o.p (bande originale du poème) : Max Richter – November (Memoryhouse LP)

Ultima nota

L’orage promis n’est pas venu

L’envolée des notes
soudaine

tonne

comme le drap qui se déchire

comme le dernier passage possible

Un seul accord
face au clocher

Tierce

De quel côté se cache-t-on ?

Arvo Pärt – Cantus in memory of Benjamin Britten