Un poème pour la route #39 : Tête d’homme, par Paul Guillon

La citerne de cuivre est pleine :

les ciels d’été
les nuages muants
le martèlement des gouttes des averses
y sont enclos.

Il y a un petit trou en bas, dans le cuivre,
par lequel l’eau se répand.
Elle coule comme un léger chant de deuil
que siffloterait un enfant dans la campagne ;

elle trace une ombre sur la terre, qui s’agrandit.

Paul Guillon

Sous une meule de pierre, éditions Unicité, 86 p., 13 €.

Écoutez ce poème (lecture Stéphane Bataillon) :

 

Paul Guillon est l’auteur de trois recueils aux éditions Ad Solem, dont le très beau La Vie cachée (2007). Sa poésie, nourrie d’une spiritualité essentielle et douce, se place dans le sillage d’un poète comme Jean-Pierre Lemaire. Cette réédition de son premier recueil, aux textes légèrement amendés, permet de revenir à la source de sa voix. Des poèmes à fleur d’éléments, mêlant choses vues dans la nature et émotions ressenties, tissent des lignes de vies parcourues de ces légères vibrations, telle cette « barque échouée sur la grève / une barque de sable bleue et blanche / brisée comme l’écume :// là se perd et scintille / tout le dicible de l’humain. » Souvent, il suffit de peu pour se sentir vivant.

Stéphane Bataillon (@sbataillon)

Retrouvez ce poème dans La Croix l’Hebdo n°39, en kiosques et en numérique, et sur le blog : https://poesie.blogs.la-croix.com/

 

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